La Russie réalise son premier lancement depuis le cosmodrome Vostotchny

La fusée russe Soyouz- 2.1 portabt les satellites Lomonossov, Aist-2D et SamSat-218, décolle du cosmodrome Vostotchny dans l’oblast d’Amour, dans l’Extrême-Orient russe, le 28 avril 2016.

La fusée russe Soyouz- 2.1 portabt les satellites Lomonossov, Aist-2D et SamSat-218, décolle du cosmodrome Vostotchny dans l’oblast d’Amour, dans l’Extrême-Orient russe, le 28 avril 2016.

AP
RBTH explique l’importance du premier lancement spatial depuis le cosmodrome Vostotchny, nouveau site de lancements spatiaux, qui doit à terme remplacer celui de Baïkonour (Kazakhstan) pour la Russie.

Que s’est-il passé ? 

Le 28 avril à 5h01 (heure de Moscou), le premier lancement spatial a été effectué depuis le cosmodrome Vostotchny, situé dans l’oblast d’Amour, dans l’Extrême-Orient russe. Le lanceur Soyouz-2.1a a quitté Vostotchny avec, à son bord, trois satellites qui ont été placés avec succès sur orbite. Le président russe Vladimir Poutine et les responsables de l’industrie spatiale ont assisté au lancement.

Pourquoi le premier tir a-t-il été reporté ? 

Initialement, le lancement devait avoir lieu la veille, le matin du 27 avril. Cependant, il a été annulé 1,5 minute avant le départ pour des raisons techniques.

Le patron de l’Agence spatiale russe (Roskosmos) a ensuite déclaré que le lancement avait été reporté en raison de la défaillance d’un câble du système de contrôle. Le problème a été résolu en une journée, les câbles ont été remplacés, mais la commission nationale dirigée par Vladimir Poutine, qui est resté au cosmodrome après l’annulation du lancement, n’a pris sa décision concernant le deuxième lancement qu’à 1 heure du matin le 28 avril.

Qui répondra pour le report du lancement ?

Le périodique russe Kommersant informe que l’échec du premier lancement a valu un blâme au vice-premier ministre Dmitri Rogozine, qui supervise l’industrie spatiale au sein du gouvernement, par Vladimir Poutine. Un blâme sévère a également été adressé au patron de Roskosmos. Leonid Chalimov, directeur général de la Scientific and Production Association of automatics, basée à Ekaterinbourg, s’est vu notifier un avertissement. Sa compagnie a été jugée responsable d’avoir fourni un câble défaillant.

Quelle importance ce lancement revêt-il pour l’industrie spatiale russe ?

Vostotchny n’est pas le seul cosmodrome russe. Les lancements spatiaux sont également effectués depuis le cosmodrome militaire de Plessetsk, dans la région d’Arkhangelsk (Nord). Cependant, comme Vostotchny est situé plus au Sud et plus près de l’équateur que Plessetsk, les fusées partant de ce cosmodrome peuvent transporter des charges plus lourdes.

Le lancement de Soyouz ne signe pas la fin de la construction de Vostotchny, dont la création a été décidée en 2007. Seul le premier tronçon du cosmodrome, consacré aux lancements des Soyouz, sera achevé avant la fin de l’année. Les travaux du deuxième tronçon, qui abritera les sites destinés aux lancements de la nouvelle fusée russe Angara, pourront alors débuter.

Le prochain lancement depuis Vostotchny devrait avoir lieu en 2017. À partir de 2018, le cosmodrome devrait effectuer cinq, puis, à terme, huit lancements par an. Le premier lancement habité depuis Vostotchny est prévu en 2023. 

Cependant, jusqu’en 2020, Baïkonour restera le principal cosmodrome pour la Russie. Moscou continuera à louer le cosmodrome kazakh jusqu’en 2050 au moins, pour plus de 100 millions de dollars par an.

Pourquoi la Russie construit-elle un nouveau cosmodrome ?

La construction de Vostotchny s’explique en partie par les difficultés liées à Baïkonour. Kazakhstan a commencé à réduire le nombre de lancements depuis son cosmodrome et a menacé de passer Baïkonour, qui était sous la juridiction russe pendant la durée de la location, sous sa propre juridiction. Ainsi, selon les données de Roskosmos, la Russie comptait effectuer 17 lancements en 2013, mais 12 seulement ont été approuvés par les autorités du Kazakhstan qui prétextait des conséquences pour l’environnement. Par ailleurs, la Russie ne pouvait compenser les lancements manquants en utilisant le cosmodrome de Plessetsk, car il ne convient pas aux lanceurs lourds Proton. Ainsi, Roskosmos explique la construction de Vostotchny par la nécessité de « garantir une activité spatiale indépendante et par les missions prioritaires de sécurité nationale sur le sol russe ».

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