Une beauté hivernale au pays du record glacial

Le costume traditionnel yakoute des hommes et des femmes : cette jeune fille porte un élégant manteau brodé, bordé de fourrure de renard. Sous le manteau, un tablier brodé de motifs sacrés yakoutes et complété par une frange.

Le costume traditionnel yakoute des hommes et des femmes : cette jeune fille porte un élégant manteau brodé, bordé de fourrure de renard. Sous le manteau, un tablier brodé de motifs sacrés yakoutes et complété par une frange.

Alexandr Tcheban
Dans les contes de fée russes, l’hiver prend traditionnellement les traits d’une belle jeune fille. Sa quête peut vous conduire jusqu’aux confins de la planète, par exemple dans la contrée la plus froide au monde: la Yakoutie!

Le costume traditionnel yakoute des hommes et des femmes : cette jeune fille porte un élégant manteau brodé, bordé de fourrure de renard. Sous le manteau, un tablier brodé de motifs sacrés yakoutes et complété par une frange.

Augustina Filippova est la plus grande et la plus demandée des créatrices de mode de la République de Sakha (Yakoutie).

Avec son équipe, elle crée la tenue de la jeune fille qui sera choisie pour incarner la beauté de l’hiver.

Augustina tire son inspiration de la nature, de la communion des humains avec les esprits et de la sensation qui fait de cette nature un être vivant.

L’atelier de l’artiste réside dans un petit village du district de Gorny. Il est de surcroît situé à la périphérie du village, entouré par une forêt hivernale magique.

Les costumes d’Augustina sont une interprétation moderne des cultures nationales. Ils sont pratiquement tous conçus sur mesure par une équipe d’experts y travaillant toute l’année.

Tous les motifs des vêtements yakoutes sont absolument symétriques, comme pour imiter la symétrie du corps humain. Le côté gauche, où se trouve le cœur, est considéré comme; féminin ; le côté droit, celui du bras, est masculin. Les accessoires sont sélectionnés sur la base de ces considérations.

Le motif yakoute est toujours constitué d’une ligne continue et de ses ramifications. C’est ainsi que les ancêtres voulaient rappeler à leurs descendants que leur lignée ne devait pas être interrompue. Plus il y a de branches, plus la personne portant le motif a d’enfants.

Les anciens Yakoutes sont venus de pays lointains pour s’installer là où ils vivent actuellement. Toute l’histoire de leur longue errance est évoquée par les motifs en forme de longues boucles en serpentin de leurs costumes traditionnels.

La créatrice utilise des tissus de luxe, les décore avec du cuir, de la fourrure, des perles, un os miniature en ivoire de mammouth, de l’écorce et du crin de cheval. Bien que son art s’inspire de personnages de folklore, la créatrice ne se contente pas « d’illustrer » des mythes et des contes de fées. Tous ses costumes sont des vêtements, faits pour être portés.

Ce grand chapeau en forme de cône bordé de fourrure de renard blanc est orné, à la base, de cornes dont le dessin imite le « kegyor oyuu », un ornement en forme de lyre très prisé des Yakoutes.

Les oreillettes du chapeau représentent le lien entre l’homme et le cosmos. C’est une sorte d’antenne sans pareille que les gens ont récemment commencé à orner de perles. Le côté insolite de cet élément a une explication : quand les ancêtres des Yakoutes se sont installés dans le nord, ils portaient des fourrures à tête de renard.

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