50 jours d’été à Saint-Pétersbourg : amour, ponts et nuits blanches

Le court été est le temps des aventures, des marathons, des promenades de jour comme de nuit, des grandes soirées, de l’escalade sur les toits, du cyclisme, de la course tête baissée dans les rues et ruelles, de la nage dans les eaux froides du golfe de Finlande et de la douche pluviale quotidienne. Nous vous présentons de magnifiques photos accompagnées de citations d’habitants, célèbres comme inconnus, qui décrivent Saint-Pétersbourg et son ambiance estivale. / Marathon de Saint-Pétersbourg.

Le court été est le temps des aventures, des marathons, des promenades de jour comme de nuit, des grandes soirées, de l’escalade sur les toits, du cyclisme, de la course tête baissée dans les rues et ruelles, de la nage dans les eaux froides du golfe de Finlande et de la douche pluviale quotidienne. Nous vous présentons de magnifiques photos accompagnées de citations d’habitants, célèbres comme inconnus, qui décrivent Saint-Pétersbourg et son ambiance estivale. / Marathon de Saint-Pétersbourg.

Sergey Goorin
L’été à Saint-Pétersbourg est court et pluvieux, mais il est merveilleux. Nous vous présentons des images noir et blanc qui capturent l’été à Saint-Pétersbourg, accompagnées de citations qui prouvent que le court été nordique est un moment d’incessante variété pour ses cinq millions d’habitants.
« Quand je suis arrivé à Moscou pour mes études, la première chose que je voulais faire était de voir le fleuve. Mais la Moskova est petite, rien à voir avec la Neva, qui est immense et sillonnée par les navires », dit Stas, designer de Saint-Pétersbourg. / Juillet 2016.
« En ce mois de juillet, Saint-Pétersbourg ressemble à Sotchi. Des foules d’apathiques déambulent sur la perspective Nevski. Le côté ensoleillé de la rue semble sorti tout droit d’un film au ralenti. L’air est imprégné d’extase balnéaire. Nulle part aucune médisance, uniquement une hospitalité atypique pour les visiteurs et les touristes », l’historien Lev Lourie. / Fête d’été dans un garage, 2016.
Une blague populaire sur la météo de Saint-Pétersbourg dit : « Cette année, l’été était doux et ensoleillé, mais j’étais au travail ce jour-là ». / Des frères, juillet 2016.
« Regarder les ponts s’ouvrir la nuit est l’une de mes balades estivales préférées. C’est drôle que pour tant de touristes, ce ne soit qu’une attraction touristique – ce n’est pas le cas. Saint-Pétersbourg est l’un des plus grands ports russes, donc les ponts s’ouvrent pour laisser passer les bateaux sur la Neva », Lena, fan de Saint-Pétersbourg et guide. / Pont Anitchkov, 25 juin, 2016.
« L’idylle estivale de Piter se manifeste dans l’affection mutuelle chez ses habitants, un paysage architectural phénoménal et, peut-être même, dans l’application de la substitution des importations », l’historien Lev Lourie.
« L’eau et la pierre définissent son style pompeux horizontal. La bienveillance est aussi normale que le teint malsain, les dettes et l’éternelle autodérision », Sergueï Dovlatov, Artisanat : une histoire en deux parties. / 5h00, place Saint-Isaac, août 2016.
« On me dit que le climat de Pétersbourg me fait du mal et qu'il est très coûteux de vivre à Pétersbourg avec des moyens aussi misérables que les miens. Je sais cela mieux que ces conseillers si sages, si doués d'expérience, mieux que les béni-oui-oui. Eh bien, je reste à Pétersbourg; je ne sortirai pas de Pétersbourg! Si je ne sors pas, c'est que… Ah, mais ça n'a rigoureusement aucune importance, que je sorte ou que je ne sorte pas ». Fiodor Dostoïevski, Les Carnets du sous-sol. / Juillet 2016.
« … Saint-Pétersbourg, la ville la plus abstraite et intentionnelle de la Terre entière », Fiodor Dostoïevski, Les Carnets du sous-sol.
« Saint-Pétersbourg est bien plus qu’une ville dynamique : c’est une fête sans fin. De ses larges avenues aux vestiges ornés de son passé impérial, la Venise du Nord russe ne cesse jamais de surprendre », pense Lena.
« On vient ici pour voir les nuits blanches et mourir prématurément. Les autres capitales ne vous prédisposent pas à une mort prématurée. New York, Paris et Moscou sont des lieux où les gens vivent longtemps et travaillent dur », Ilya Stogof, poète et écrivain russe. / Canal Griboïedov, juillet 2016.
« Je suis né et j’ai grandi à Saint-Pétersbourg, sur l’île Vassilievski. C’est un super endroit, mais je ne peux pas rentrer chez moi quand les ponts sont levés. Le métro est fermé et il n’y a aucun moyen de rentrer à la maison. Une histoire des plus étranges m’est arrivée sur un pont qui était sur le point de s’ouvrir. Je déboulais sur une mobylette et le surveillant courait sur le pont et me hurlait dessus. Je l’ai ignoré et j’ai presque sauté d’une partie du pont sur l’autre, car il était déjà en train de se lever. J’ai failli tomber dans l’eau », Stas, designer. / Juin 2016.​
« Saint-Pétersbourg est un lieu de fêtes et d’endroits semi-secrets. Comme en Europe, les maisons vides deviennent rapidement des cafés et des bars quirestent ouverts jusqu’à ce que les voisins commencent à se plaindre. Puis, la police arrive et la fête prend fin », dit Stas. / Mai 2016.
« Piter (surnom donné à Saint-Pétersbourg) et Moscou sont des parents divorcés – le père et la mère respectivement. On vit avec sa mère, bien sûr, une femme autoritaire, gueularde, musclée, la quarantaine, carriériste et médisante ; entretemps, une fois par an, pour un week-end, on rend visite à son père et il vous nourrit au thé et aux crêpes et vous étonne avec la +poésie d’autoroute+ comme +Le passage le long du quai du canal Obvodni sous le pont américain est fermé+, et c’est généralement un gars modeste, sans prétention. De retour à Moscou, on culpabilise de lui rendre visite si rarement », la poétesse Vera Polozkova. / 9 juillet, 2016.
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