La course de chameaux: une tradition arabe ayant conquis les steppes de Russie

Vous pensiez que les courses en Russie se limitaient à celles de troïkas tirées par des chevaux? Que nenni!

Les éleveurs de bétail connaissaient déjà les courses de chameaux dans l'Antiquité. La région d'Astrakhan est la plus importante de Russie dans ce domaine ; elle compte le plus grand cheptel de chameaux de Bactriane élevés en Kalmoukie. On y dénombre actuellement 4600 têtes pour cette race de chameaux.

La ville de Tri Potoka (Trois canaux), située en Astrakhan à 1400 km de Moscou, accueille des courses de chameaux sur sa piste - un événement peu commun en Russie. Cette manifestation spectaculaire existe depuis 2006. Cette année, les jockeys et leur fidèles chameaux se sont rassemblés sur le camélodrome, ainsi que des amateurs de spectacles fascinants et uniques en leur genre.

Les compétitions comportent trois courses. Le chameau le plus rapide lors de la finale est une femelle appelée Mashka, du district de Karabalinski. Rufat Koskarov, son jockey, s'est vu remettre le premier prix, 2500 $.

Les courses de chameaux sont également très prisées des cheiks aux Emirats Arabes Unis ou en Arabie Saoudite, mais les camélidés en lice là-bas (des dromadaires, ndltr.) n'ont qu'une seule bosse. L'Astrakhan est le seul endroit en Russie - et dans le monde - où les courses se déroulent sur des chameaux à deux bosses, appelés chameaux de Bactriane.

Il faut savoir que cette race de chameaux est la plus grande du monde, et elle est connue pour donner une laine unique en son genre, utilisée pour soigner les maux de tête, les douleurs cardiaques, et pour diminuer la fatigue. Les ceintures et genouillères en laine de chameau aident quant à elles, à soulager les douleurs articulaires.

Le lait de chamelle sert à préparer le shubat, un produit à base de lait caillé, qui est la boisson favorite des habitants de la région et un aliment très nourrissant, ainsi qu'un remède.

Contrairement aux vaches qui vêlent tous les ans, les chamelles ne mettent bas qu'une fois tous les deux ans. Il faut au moins trois ans pour qu'un chamelon devienne une belle monture à deux bosses.

Les chameaux sont des animaux têtus en sport ; seul un cavalier chevronné peut les faire courir. Un chameau pèse en moyenne une tonne, mais il peut courir aussi vite qu'un cheval lors des compétitions.

La rapidité des chameaux de Bactriane élevés en Kalmoukie s'explique de par des conditions climatiques favorables dans leur habitat, et par un bon élevage. Lorsqu'ils sont sellés ou harnachés, les chameaux de Kalmoukie peuvent atteindre 40km/h à l'amble. Ils se caractérisent par un comportement doux : ils peuvent être dressés rapidement, et sont faciles à guider lors de la monte.

L'élevage de chameaux de Bactriane nécessite des efforts et un investissement considérables, ce qui n'empêcha pas beaucoup d'habitants d'Astrakhan de s'atteler à cette tâche difficile pour perpétuer les traditions de leurs ancêtres.

Les chameaux s'habituent à l'homme par la douleur. Un bâton placé en travers du nez du chameau permet au cavalier de contrôler l'animal. Plutôt que de leur mettre un mors dans la bouche, comme c'est souvent le cas pour les chavaux, une rêne est enfilée à travers leur nez. Elle est faite d'une plante spéciale, le dyuzgyun, qui pousse dans les steppes d'Astrakhan.

Les cavaliers disent néanmoins que les chameaux restent fidèles à leur propriétaire toute leur vie, et qu'ils peuvent traverser de vastes étendues sans jamais abandonner leur cavalier dans la steppe.

Les origines du chameau sont entourées de belles légendes. L'une d'elles raconte qu'Allah, après avoir créé l'homme à partir d'argile, divisa le matériau restant en deux parties : avec la première, il créa le dattier, soeur de l'Homme, et créa le chameau, frère de l'Homme, avec la seconde. L'homme pourrait difficilement survrivre dans le désert sans dattier ni chameau.

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