Bienvenue en République de Mari El, terre de paganisme et de résilience

Valeri Melnikov/Sputnik
Le peuple des Maris est l'un des plus anciens groupes ethniques vivant dans la Fédération de Russie. Malgré les siècles et les répressions, ils ont réussi à conserver tant bien que mal leurs traditions païennes et linguistiques jusqu’à ce jour.

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La République de Mari El (ou République des Maris) est un sujet de la Fédération russe situé dans l’est de la plaine d’Europe orientale, dans la partie centrale du débit de la Volga. La distance entre Moscou et sa capitale, Iochkar-Ola, est d'environ 745 kilomètres.

Le peuple mari est l'un des plus anciens groupes ethniques vivant dans la Fédération de Russie, comptant lors du recensement de 2010 quelque 550 000 représentants. Les peuples finno-ougriens ont colonisé le territoire de l'actuelle Russie européenne dès la préhistoire. Des sources archéologiques du premier millénaire avant J.-C. ont d’ailleurs été conservées dans la république.

À partir du XIe siècle environ, le peuple mari est tombé dans la sphère d'influence de l'ancien État russe. Beaucoup ont embrassé le christianisme, tandis que ceux qui ont refusé se sont enfuis à l'est. Aujourd'hui encore, les Maris continuent de combiner traditions chrétiennes et croyances païennes au quotidien.

En été, des prières païennes sont organisées dans les villages maris. Voici ce que les Maris eux-mêmes disent à ce sujet : « Ils amenaient un grand taureau à sacrifier. Chaque dieu possédait son propre arbre sacré : l'un avait un grand bouleau, un autre – un tilleul. Ces arbres sacrés, ou "onapou", sont liés par une ceinture faite de tilleul qui est d'abord trempée dans le sang de l'animal sacrifié. Après la prière, la ceinture est brûlée sur le feu ».

« Avant, il y avait des prières familiales et chaque famille avait ses propres arbres sacrés. Aujourd'hui, les prières familiales sont faites à la maison. Les Maris sont même parfois appelés "les derniers païens d'Europe" ».

Bien sûr, tous les Maris parlent russe, mais la langue marie a subsisté jusqu’à nos jours. Dans les années 1920, deux normes linguistiques littéraires ont été établies : la langue marie des prairies (365 316 locuteurs en 2010) et celle des montagnes (23 062 locuteurs en 2010). Comme dans les autres républiques ethniques, ces années ont été marquées par un développement actif de l'identité ethnique et culturelle.

Néanmoins, dans la décennie suivante, ce processus a été interrompu par le début des répressions staliniennes. Pratiquement toute l'intelligentsia ethnique, inquiète de l'identité de son peuple, a été anéantie.

Les Maris ont une deuxième dénomination : Tchérémisses. Ce mot signifie « homme blanc » dans leur langue, la couleur blanche étant sacrée pour les Maris. Autrefois, ils ne s'habillaient qu'avec des vêtements blancs et immaculés.

Traduit, le nom de la République de Mari El veut quant à lui dire quelque chose comme « Terre du peuple Mari ». Les Maris sont étroitement liés à la terre et à la nature depuis des temps immémoriaux, en particulier à l'agriculture.

Malheureusement, la quantité de terres non cultivées augmente en raison de multiples facteurs dans la république. Ce fait se reflète dans la vie et le bien-être des Maris.

De plus en plus de personnes quittent les petits villages pour les grandes villes, en particulier pour la capitale de la république, Iochkar-Ola.

L'un des problèmes universels les plus urgents dans le développement de la société russe moderne est la préservation du patrimoine physique et culturel des petits peuples indigènes.

Cet article est la propriété de Rossiyskaya Gazeta.

Dans cet autre article, faites la connaissance des Samis, peuple de la Laponie russe luttant pour ne pas disparaître.

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