«Non, je ne joue pas au basket!»: qu'est-ce qu'être une fille de grande taille en Russie?

Maksim Blinov/Sputnik
Si vous êtes une femme dont la taille dépasse les 180 cm, vous avez alors probablement au moins une fois dans votre vie fait l’objet de moqueries ou de questions stupides. Les confessions d’une mannequin russe sur Instagram ont conduit à l’organisation d’un flashmob (rassemblement spontané de citoyens relayé par les médias sociaux), au cours duquel des femmes de grande taille ont fait la lumière sur d’autres problèmes.

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Mannequin russe de 185 cm et gagnante de la version locale de l’émission américaine Next Top Model, Maria Minogarova a fait la publication sur Instagram de « très profondes confessions ». Accompagnée du hashtag« Je ne suis pas une joueuse de basketball », cette publication a recueilli plus de 50 000 j’aime en trois jours et des milliers de commentaires, à travers lesquels des femmes de grande taille ont été heureuses de pouvoir échanger avec celles partageant la même caractéristique.

Alors que ses années scolaires, époque où elle était une géante au milieu des garçons, sont loin derrière elle, Maria Minogarova révèle qu’elle continue pourtant à rencontrer des difficultés. Et ce, en dépit du fait que son succès soit lié à sa taille et qu’elle n’ait plus aucun complexe à ce sujet.

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Sa taille lui permet en effet d’être remarquée plus facilement lors d’événement mondains, dont le nombre peut s’élever jusqu’à cinq par semaine, où elle est susceptible de porter une splendide robe. Néanmoins, même en ayant accès à tous les showrooms et créateurs, il lui est toujours compliqué de trouver une robe adaptée à sa taille. « Buste coupé, manches trop courtes, une taille qui commence juste en dessous de la poitrine… et concernant les chaussures, ici encore ma pointure semble géante, alors que je ne fais que du 40, pas du 55 comme Shaquille O'Neal ».

Les femmes, qui ont commenté ses publications, se sont cependant dites réjouies de la mode actuelle qui rend tendance les pantalons courts. Aujourd’hui, il est ainsi plus facile pour elles de paraitre normales dans leurs habits conçus pour les plus petites.

Un manque de tact

« Pourquoi les gens ne réagissent plus aux chauves, aux sans-enfants, aux femmes d’affaires, aux lesbiennes, aux filles qui ont réalisé des modifications corporelles (je n’ai rien contre ces personnes), mais par contre quand ils voient une GRANDE, leur réaction est immédiate : +Eh bien ! Vous dormez bien vous dites donc+ ou alors +Ma pauvre !+ » a de son côté témoigné Galina, une autre utilisatrice d’Instagram.

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Une des questions les plus fréquemment posées par ce genre de personnes est de savoir si c’est compliqué de trouver un copain quand on est si grande. Aussi, les gens ne se gênent pas pour faire des blagues du genre « Tu prends quoi comme hormones ? » ou encore « As-tu été suspendue à une barre pendant plusieurs années ? » et, bien évidemment, la classique « Tu joues au basketball, non ? ».

Les complexes de l’enfance

Au vu du nombre de commentaires et de publications s’étant ensuivies, beaucoup de filles se sentent réellement « différentes des autres », et ceci depuis l’enfance. Pendant les cours d’EPS, il était en effet souvent demandé aux enfants de se mettre en rangs selon leur taille. Or, les filles plus grandes que la moyenne se retrouvaient alors en tête de file, avec les garçons, tandis que toutes les autres étaient à l’arrière.

Ainsi, selon Victoria, les filles grandes sont influencées dès leur enfance. « Ma mère m’a toujours répété que porter des talons n’était pas fait pour moi », confie-t-elle.

« Les garçons ne voulaient pas sortir avec moi parce qu’ils se sentaient petits à mes côtés. Lors d’une boum, seul le plus courageux se risquait à m’inviter à danser », écrit Anna.

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À vous d’attraper tout ce qui est en hauteur

Fréquemment sollicitées pour prendre un objet de l'étagère du haut, les filles de grande taille rigolent du fait de se voir souvent attribuer le poste de « fille-échelle ». Même leur propre mère les « utilise » quand elle а besoin d’un truc rangé en hauteur dans la cuisine.

« Récemment, dans un magasin de jouet, on m’a demandé +Jeune fille, vous pouvez attraper cette poupée s’il vous plait ?+ », écrit Polina de Krasnodar.

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5. Le défi de la photo

Sveta se rappelle avoir souvent entendu dans différentes situations « Tu es très grande, mets-toi derrière s’il te plait ».

Même pour faire une publication sur Instagram au sujet du flashmob, il était difficile de trouver une photo montrant sa taille réelle, puisqu’elle a pris l’habitude de s’assoir quand elle prend des photos avec ses amies « minuscules ».

La lutte contre les inégalités est un combat mené notamment par les féministes. Découvrez deux points de vue à ce propos en Russie : pourquoi le féminisme est-il nécessaire au pays et pourquoi il ne l’est pas ?

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