Les neuf temps forts de la vie politique russe en 2016

The crew of a Russian Su-30 fighter prepare to take off at Hmeimim aerodrome in Syria.

The crew of a Russian Su-30 fighter prepare to take off at Hmeimim aerodrome in Syria.

Dmitriy Vinogradov/RIA Novosti
De la guerre en Syrie aux scandales de corruption et de dopage, RBTH présente la liste des grands événements politiques de l’année 2016 qui ont touché la Russie.

1.  Opération en Syrie

Crédit : Dmitriy Vinogradov / RIA NovostiCrédit : Dmitriy Vinogradov / RIA Novosti

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé en mars 2016 que les principaux objectifs de l’opération en Syrie, lancée en septembre 2015, étaient atteints et a ordonné le retrait du gros des troupes. Mais en réalité, la Russie est restée présente dans le conflit syrien. Le soutien des troupes russes a permis au président syrien en exercice Bachar el-Assad de restaurer le contrôle du gouvernement sur une partie du territoire.

En commun avec les États-Unis et les autres pays occidentaux, la Russie a essayé à plusieurs reprises d’établir la paix entre Bachar el-Assad et l’opposition. La médiation de Moscou et de Washington a permis d’annoncer le 27 février une trêve qui a duré plusieurs mois avant d’échouer au mois de juillet avec la recrudescence des combats autour d’Alep.

La Russie et les États-Unis ont tenté conjointement de ranimer le processus de paix, mais les négociations n’ont pas abouti et la guerre a repris de plus belle. À la fin de l’année 2016, les troupes gouvernementales contrôlent la majeure partie d’Alep, la deuxième ville de Syrie. Au mois de mars, les forces aériennes russes ont aidé l’armée syrienne à libérer la cité antique de Palmyre, mais en décembre, les extrémistes de Daech ont rétabli leur contrôle sur la ville quand la Syrie et la Russie se sont entièrement concentrées sur Alep.

2. Nadejda Savtchenko échangée contre deux militaires russes

Nadejda Savtchenko. Crédit : Artyom Geodakyan / TASSNadejda Savtchenko. Crédit : Artyom Geodakyan / TASS

La pilote des forces aériennes ukrainiennes Nadejda Savtchenko a été arrêtée en territoire russe durant l’été 2014 et est restée pendant presque deux ans dans un centre de détention. Selon la Russie, la jeune femme est un criminel de guerre, car elle a fourni à l'armée ukrainienne la position de deux journalistes de la télévision russe tués par un tir de mortier dans le Donbass. Nadejda Savtchenko plaidait non coupable.

Sa détention lui a valu une auréole de héros national en Ukraine et un mandat de députée. Le 26 mai 2016, elle a été échangée contre deux militaires russes (ex-militaires, précise le ministère russe de la Défense), Evgueni Ierofeïev et Alexandre Alexandrov, interpellés en Ukraine et condamnés « pour pratique de guerre agressive ». Cet échange a permis de prouver que malgré la dégradation des relations bilatérales, la Russie et l’Ukraine pouvaient encore trouver des terrains d’entente.

3. Réconciliation avec la Turquie

Les présidents russe et turc, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. Crédit : ReutersLes présidents russe et turc, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. Crédit : Reuters

Après que le président turc Recep Tayyip Erdogan eut présenté, le 28 juin, ses excuses à Vladimir Poutine pour l’avion russe abattu en novembre 2015, les relations entre Moscou et Ankara, qui étaient sur le point de toucher le fond, ont opéré un virage à 180 degrés : la Russie a de nouveau autorisé les vols charters à destination de la Turquie et a levé en partie les sanctions économiques décrétées dans le contexte de la crise. Les touristes russes ont regagné avec plaisir la Turquie et en octobre dernier, les deux pays ont signé un accord sur la construction du gazoduc Turkish Stream.

4. Durcissement de la législation antiterroriste

Irina Iarovaïa. Crédit : Anna Isakova / TASSIrina Iarovaïa. Crédit : Anna Isakova / TASS

Le parlement russe a adopté fin juin plusieurs lois élaborées par la députée Irina Iarovaïa et le sénateur Viktor Ozerov visant à combattre l’extrémisme (dit « paquet Iarovaïa »). Ces lois prévoient des poursuites pénales pour non dénonciation d’informations faisant état de préparatifs en vue de perpétrer un crime, abaissent l’âge de la responsabilité pénale jusqu’à 14 ans et obligent les opérateurs de téléphonie mobile à stocker les appels et les textos des clients pour les mettre à la disposition des services secrets en cas de demande. Ces mesures ont été loin de faire l’unanimité au sein de la société : le Conseil des droits de l’homme les a critiquées, plusieurs personnalités publiques se sont élevées contre ces lois, et les opérateurs mobiles ont affirmé que l’application de cette loi ferait monter les prix en flèche.

5. Scandale de dopage

Crédit : ReutersCrédit : Reuters

Moins d’un mois avant le début des Jeux olympiques de Rio, le 18 juillet, la commission de l’Agence mondiale antidopage (AMA) a publié un rapport sur le dopage dans le sport russe, fondé notamment sur les témoignages d’un ancien fonctionnaire sportif, Grigori Rodtchenkov.

Selon le document, l’Agence antidopage russe (Rusada) coopérait avec le ministère des Sports et le Service de sécurité pour truquer des échantillons. L’AMA affirme que les sportifs russes prenaient des produits dopants aux JO de Londres en 2012 et de Sotchi en 2014.

Et bien que les autorités russes aient démenti toute implication dans ce scandale, le Comité international olympique (CIO) a accordé une grande importance à ce rapport : la sélection au complet a frôlé l’interdiction de participation aux JO, mais au final, de nombreux sportifs russes ont pu se rendre à Rio.

Au mois de décembre, le chef de la commission indépendante de l’AMA, Richard McLaren, a présenté la seconde partie du rapport en affirmant que le scandale de dopage en Russie impliquait plus d’un millier de sportifs. La balle est désormais dans le camp du CIO ou des fédérations sportives internationales qui auront à prendre leur décision sur d’éventuelles sanctions contre la Russie ou contre certains sportifs.

6. Triomphe de Russie unie aux élections législatives

Le premier ministre Dmitri Medvedev et le président russe Vladimir Poutine. Crédit : TASSLe premier ministre Dmitri Medvedev et le président russe Vladimir Poutine. Crédit : TASS

La victoire du parti Russie unie (au pouvoir) aux élections législatives n’est probablement pas une surprise. Mais le 18 septembre, le parti a enregistré un record en obtenant 343 sièges sur les 450 que compte le parlement, soit la majorité qualifiée, ce qui lui permet d’adopter des lois sans chercher à faire alliance.

À la différence de la législative précédente (en 2011), la victoire de Russie unie n’a provoqué aucune protestation de masse, notamment parce que le pouvoir avait tout fait pour rendre les élections transparentes et éviter les fraudes et les violations. Il est vrai que des cas de fraude ont été décelés, mais ils étaient beaucoup moins nombreux qu’en 2011.

Toutefois, c’est la première fois que la Douma (chambre basse du parlement russe) a été élue par moins de la moitié de la population, le taux de participation ayant été de 47,88%. La présidente de la commission électorale centrale affirme qu’il a été possible de garantir l’ouverture des élections, mais pas de restituer la confiance des Russes envers celles-ci.

7. Vent du changement dans les relations avec les États-Unis

Crédit : Getty ImagesCrédit : Getty Images

Les relations entre Moscou et Washington ont connu une année des plus instables, les périodes de calme relatif alternant avec une rhétorique sévère. Le conflit a atteint son paroxysme au mois de septembre, après l’échec des tentatives de règlement en Syrie.

La Russie accusait les États-Unis de soutenir les terroristes, tandis que la Maison Blanche et le département d’État affirmaient que Moscou tuait des Syriens pour défendre « le dictateur Assad ». Vladimir Poutine a décidé de suspendre un accord avec les États-Unis sur le recyclage de plutonium, en gelant ainsi la coopération bilatérale dans le domaine du désarmement nucléaire.

Les critiques se sont quelque peu apaisées après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle du 8 novembre aux États-Unis. Le candidat républicain a déclaré à plusieurs reprises au cours de sa campagne qu’il était indispensable de coopérer avec la Russie et qu’il respectait Vladimir Poutine en tant que leader fort.

La presse américaine a accusé la Russie d’ingérence dans les élections américaines via le piratage des serveurs du Parti démocrate et un soutien direct à Donald Trump. De leur côté, les responsables russes nient toute implication.

8. Arrestation d’un ministre

Alexeï Oulioukaïev. Crédit : Maksim Blinov / RIA NovostiAlexeï Oulioukaïev. Crédit : Maksim Blinov / RIA Novosti

L’année 2016 a été marquée par l’arrestation, le première de l’histoire de la Russie, d’un ministre dans l’exercice de ses fonctions. Le ministre du Développement économique, Alexeï Oulioukaïev, a été inculpé d’extorsion d’un pot-de-vin de 2 millions de dollars au géant pétrolier Rosneft. Selon l’enquête, le ministre avait menacé d’empêcher Rosneft d’acheter le bloc de contrôle d’une autre société pétrolière russe, Bachneft.

Les avocats d’Alexeï Oulioukaïev affirment que son arrestation a été orchestreée dans le cadre d’une lutte sournoise pour le pouvoir, et que leur client est tombé dans un piège tendu par des clans en concurrence. Ceux qui approuvent l’arrestation se félicitent que le pouvoir ait enfin entamé une croisade contre la corruption.

9. Assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie

Andreï Karlov et son agresseur. Crédit : APAndreï Karlov et son agresseur. Crédit : AP

En 2016, la Russie a de nouveau été frappée par les terroristes : cette fois, un diplomate russe de plus haut niveau a été visé. L’ancien policier Mevlut Mert Aydintas a tiré sur l’ambassadeur russe en Turquie Andreï Karlov pendant son discours à l’inauguration d’une exposition à Ankara le 19 décembre. Le meurtrier a crié que c’était une vengeance pour Alep, où, d’après lui, la Russie massacrait la population civile. La communauté internationale a condamné l’assassinat brutal du diplomate.

Pour les experts, les terroristes et ses éventuels complices cherchaient à saper de nouveau les relations entre la Russie et la Turquie qui se rétablissent progressivement depuis l’été 2016. Le secrétaire de presse du président Poutine Dmitri Peskov a qualifié les événements de provocation et a souligné que Moscou et Ankara poursuivraient leur coopération, notamment en matière de lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, les responsables russes reconnaissent que l’incapacité de la Turquie à assurer la sécurité du diplomate a terni sa réputation.

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