Selon les experts, la fin du conflit est encore loin. Sur la photo : L’armée syrienne à Alep libérée.
ReutersLe gouvernement syrien a rétabli son contrôle sur les quartiers d’Alep-Est qui restaient encore aux mains des terroristes, a déclaré Vitaly Tchourkine, l’ambassadeur de Russie aux Nations unies. Les restes des bandes extrémistes quittent les quartiers libérés par les couloirs humanitaires, a-t-il indiqué, en soulignant qu’il était trop tôt pour parler de l’achèvement de la confrontation dans le pays.
« Il serait pour le moins exagéré de dire que le conflit en Syrie touche à sa fin. Il reste encore un long chemin à parcourir et il serait souhaitable que ce chemin revienne sur l’itinéraire tracé par la résolution adoptée en décembre 2015 qui prévoit la nécessité de travailler à la rédaction d’une nouvelle Constitution de Syrie et l’organisation d’élections sous contrôle international », a-t-il fait remarquer. Par la suite, il faudra s’atteler à la reconstruction du pays ruiné par six ans de guerre civile, a-t-il ajouté.
« L’armée syrienne s’est emparée de la ville considérée comme la capitale de l’opposition armée. Nous voyons aujourd’hui réunies toutes les conditions pour un nouveau round de règlement de paix avec les forces capables de dialoguer et de prendre des décisions », a dit à RBTH le colonel à la retraite Mikhaïl Khodorenok, observateur militaire du journal en ligne Gazeta.ru. Toutefois, la Russie se concentrera avant tout sur la sécurité des civils d’Alep, a-t-il noté.
Le déminage de la ville est d’ores et déjà entamé par plus d’une centaine de spécialistes russes, a indiqué à RBTH l’expert militaire du journal Izvestia, Alexeï Ramm. Selon lui, les représentants du ministère russe de la Défense accorderont une aide humanitaire aux victimes et remettront aux habitants de la ville des objets de première nécessité, comme des denrées alimentaires, des vêtements ou des médicaments.
« Il est indispensable aujourd’hui de garder le contrôle de la ville et d’établir un strict régime d’entrées et de sorties afin d’empêcher les extrémistes d’y pénétrer à nouveau », a-t-il fait observer. Il estime possible un renforcement des positions de l’armée syrienne autour de la ville. Mikhaïl Khodorenok affirme pour sa part que les meilleurs effectifs de l’armée syrienne seront transférés à Palmyre.
Après Alep, le commandement des troupes aérospatiales de Russie avait l’intention d’entamer la libération d’une autre grande ville syrienne, Deir ez-Zor. Toutefois, les 4 000 terroristes de Daech qui, en l’espace de trois jours ont délogé les forces de l’armée nationale syrienne de Palmyre, ont brouillé les cartes du ministère russe de la Défense.
« Tous les plans tactiques sont révisés et le commandement prendra une décision sur l’opération de libération de la région. Il est impossible de marcher sur Deir ez-Zor en contournant Palmyre, car on se retrouvera avec 4 000 terroristes de Daech à l’arrière », a expliqué Alexeï Ramm.
Selon lui, avec la prise de Palmyre, les terroristes ont également à leur disposition la base aérienne de Tiyas, à l’est de la ville. « Pour assurer le succès de l’opération de Deir ez-Zor, il est vital pour les troupes de préserver le contrôle d’Alep et de Palmyre afin d’encercler les hommes de Daech, sécuriser leurs arrières et déloger les terroristes de la ville », a-t-il ajouté.
Les experts soulignent qu’en élaborant les projets, il est crucial de comprendre comment se formeront les relations politiques et militaires avec la coalition occidentale autour de la Syrie.Le général de bridage à la retraite Pavel Zolotariov, directeur adjoint de l’Institut des États-Unis et du Canada, rappelle que le poste de secrétaire américain à la Défense reviendra probablement à James Mattis qui a commandé l’opération américaine Liberté immuable en Afghanistan. C’est avec lui que devra coopérer la direction du ministère russe en élaborant les plans de l’opération en Syrie.
« C’est un homme doté d’un solide sens pratique et d’une riche expérience militaire qui doit réorganiser la coopération de la coalition occidentale avec nous en Syrie. Je m’attends à l’élargissement de la coopération militaire et par uniquement à des courbettes politiques du genre ami-ennemi », a fait remarquer Pavel Zolotariov.
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