Comment le soldat russe était-il perçu sur le champ de bataille?

Nikolaï Samokich / Wikipedia
De l’invasion napoléonienne à la Seconde Guerre mondiale, nous avons collecté les récits des soldats étrangers qui ont combattu les Russes. Et ils sont plutôt élogieux.

La Guerre patriotique de 1812

Bien avant que n’éclate la Seconde Guerre mondiale, la victoire contre Napoléon a été le plus grand triomphe militaire de l’histoire de la Russie. Malgré la prise de Moscou, les Russes ont contraint l’armée française à battre en retraite, ce qui a mis fin à la campagne de Napoléon.

Dans Guerre et Paix, Léon Tolstoï décrit avec précision la vie d’un soldat russe, mais aussi l’admiration qu’il suscite dans les rangs de l’ennemi.

Napoléon Bonaparte : « L'armée la plus formidable ne peut jamais soutenir avec avantage contre un peuple entier décidé à vaincre ou à mourir. […] Partout sur notre passage nous ne trouvions que des villages abandonnés ou brûlés : la population, refoulée au loin, se formait en bandes qui guerroyaient avec nos fourrageurs ; nulle part elle ne se montra inquiétante, mais partout elle s’attroupait contre les maraudeurs qu’elle enlevait ou massacrait ».

La Guerre de Crimée

De 1853 et 1856, la Russie a été opposée à une coalition formée par la France, le Royaume-Uni et l’Empire ottoman, pour finalement être défaite. Néanmoins, les ennemis n’ont pas tari d’éloges sur la bravoure des soldats russes.

Roger Fenton, un des premiers photographes de guerre : « On pouvait voir les officiers russes debout sur le parapet pointer du doigt les cibles tout en bravant le feu ennemi. […] La première offensive des Français a échoué, leur feu a réduit, puis est reparti de plus belle, et à travers la fumée nous avons aperçu un pavillon qui venait d’être hissé en haut de Malakoff, et avons tous crié : "Ils sont presque faits !". Joie de courte durée : nous avons rapidement compris que les Russes avaient hissé le pavillon pour nous défier ou bien pour signaler à leurs batteries qu’ils étaient toujours en possession de la place et ainsi éviter d’être pris pour cibles ».

La Guerre russo-japonaise

La Guerre russo-japonaise (1904-1905) est le seul conflit de l’histoire moderne qui a vu un pays non-européen l’emporter face à une nation européenne. Pour la Russie, cette défaite marque le début du déclin qui conduira à la chute de l’Empire. Mais cette guerre a aussi donné naissance à l’incroyable légende du soldat russe Vassili Ryabov.

Ryabov faisait partie d’un régiment stationné en Mandchourie. Il est fait prisonnier lors d’une mission spéciale. Après un interrogatoire, il est finalement exécuté par les Japonais.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais le capitaine de l’armée japonaise qui a interrogé Ryabov a été si impressionné par le qi du soldat qu’il a envoyé une missive au commandement russe : « Notre armée ne peut qu’espérer avoir affaire à des soldats aussi dignes de respect que celui-ci. Nous tenons en très haute estime ce brave et exemplaire soldat, épris d’un immense sens du devoir ».

Première Guerre mondiale

La Russie a combattu pendant la Grande Guerre contre l’alliance des puissances centrales qu’étaient l’Empire allemand et l’Empire d’Autriche-Hongrie aux côtés de la France et du Royaume-Uni.

Cette guerre a été une véritable épreuve pour les soldats russes qui, en plus des durs combats, ont été confrontés à la Révolution de 1917. En dépit du moral de l’armée russe et des nombreuses désertions, la bravoure de certains soldats a profondément marqué l’ennemi.

Le général allemand Maximilian von Poseck : « Les Russes attaquaient régulièrement nos mitrailleuses et nos batteries, bien que leurs assauts soient voués à l’échec. Ils n’avaient que faire de notre puissance de feu et de leurs pertes. […] Mais le commandement russe n’a pas toujours su tirer profit de cet avantage considérable ».

Seconde Guerre mondiale

L’Union soviétique a accusé des pertes colossales durant la Seconde Guerre mondiale. Les Russes se souviennent encore aujourd’hui de la victoire comme d’un exploit réalisé par tout un peuple qui a résisté puis repoussé les armées nazies. Le courage des soldats soviétiques, qui frôlait souvent la folie, a parfois suscité l’admiration de l’envahisseur.

Paul Ludwig Ewald von Kleist, feld-maréchal de l’armée allemande : « Les Russes se sont dès le début révélés de très bons guerriers. Nos victoires au cours des premiers mois de la guerre peuvent s’expliquer par un meilleur entraînement. Ayant gagné en expérience, les Russes sont devenus d’excellents soldats. Ils se battaient avec une incroyable persévérance et une endurance hors-norme ».

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