Quand les États-Unis bombardaient le sol soviétique

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Le 8 octobre 1950, en pleine guerre de Corée, deux chasseurs américains F-80C Shooting Star pénétrèrent dans l’espace aérien soviétique puis attaquèrent l’aérodrome militaire de Soukhaïa Retchka, dans l’Extrême-Orient.

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Si le raid de deux F-80C américains sur l’aérodrome militaire soviétique de Soukhaïa Retchka ne fit aucune victime, six avions furent endommagés et un autre complètement détruit. Ironie du sort : tous ces appareils étaient de fabrication américaine. Il s’agissait en effet de P-63 Kingcobra, livrés par les États-Unis à l’URSS au cours de la Seconde Guerre mondiale dans le cadre du programme Lend-Lease (« Prêt-Bail »).

Immédiatement informée de l’incident, Moscou envoya sans délai à Soukhaïa Retchka une division de chasseurs à réaction MiG-15. Les P-63 Kingcobra qui n’avaient pas été touchés dans le raid n’auraient pu rivaliser avec les avions de chasse américains plus modernes. Ce fut d’ailleurs pourquoi les deux F-80C avaient pu rejoindre leur base sans encombre.

Moscou adressa ensuite une note de protestation à l’Onu. La réponse du président Harry Truman ne tarda pas à venir. Il reconnut la responsabilité des pilotes de l’US Air Force  et proposa d’indemniser l’URSS pour les dégâts que ce raid avait causés. Selon Washington, les chasseurs américains avaient pour mission d’attaquer l’aérodrome nord-coréen de Ch’ŏngjin, mais s’étaient égarés.  

« C’était purement et simplement de la provocation. Ils savaient parfaitement où ils se rendaient. Ils étaient dans notre espace aérien à 100 kilomètres de notre frontière avec la Corée. Ils s’en sont parfaitement rendu compte. L’histoire de jeunes pilotes désorientés a été inventée a posteriori », estime Nikolaï Zabeline, un pilote du 821e Régiment d’aviation de chasse.

Pour des raisons qui restent floues, Moscou ne réclama jamais l’indemnisation proposée par Washington.

Dans cet autre article, découvrez comment l’URSS et les États-Unis échangeaient leurs espions démasqués.

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