La Suisse n’enquêtera pas sur le fils du procureur général russe

Installation d'un drapeau suisse sur l'Assemblée fédérale (parlement) suisse à Berne le 24 novembre 2015.

Installation d'un drapeau suisse sur l'Assemblée fédérale (parlement) suisse à Berne le 24 novembre 2015.

Reuters
Le parquet suisse a refusé d’ouvrir une procédure judiciaire contre le fils du procureur général de Russie, Artiom Chaïka. L’opposant Alexeï Navalny et son Fonds de lutte contre la corruption avaient demandé des vérifications en décembre dernier.

Les médias ont appris que le Parquet suisse avait achevé ses vérifications au sujet du fils (Artiom) de Youri Tchaïka, procureur général de Russie, et n’avait rien trouvé de criminel dans ses actions.

La vérification avait été menée à la demande du Fonds de lutte contre la corruption de l’opposant Alexeï Navalny : le 1er décembre dernier, le Fonds avait publié une enquête accusant les fils du procureur général d’avoir constitué un empire commercial, de s’être accaparé d’entreprises d’Etat, d’entretenir des liens étroits avec le milieu criminel, et même d’avoir commis des assassinats. En particulier, le Fonds affirmait dans son enquête qu’Artiom Tchaïka avait blanchi de l’argent en Suisse, détenait un permis de séjour illégal, une compagnie et de l’immobilier de luxe. Le 8 décembre, le fonds de Navalny avait envoyé au parquet une demande appelant à vérifier ces dires.

Finalement, le parquet suisse n’a fait que confirmer la légalité de son acquisition de citoyenneté, et a fait remarquer qu’Artiom Tchaïka possédait effectivement des entreprises et biens immobiliers dans le pays : sa firme juridique est inactive, et la maison est inachevée. « Cependant, aucun fait concret qui confirmerait un blanchiment d’argent n’a été relevé », affirme le rapport du parquet.

Le Fonds de lutte contre la corruption n’a pas encore réagi au refus d’ouvrir une procédure judiciaire. Le 8 décembre 2015, Alexeï Navalny avait écrit sur son blog que « cette situation était pour la Suisse une honte et le signe que son système financier et ses institutions sont manipulés par des escrocs étrangers ». « Nous plaçons nos espoirs dans les procureurs locaux, qui devraient donner une leçon à leur collègue russe », avait ajouté l’opposant.

Le Fonds a déposé en Russie six plaintes contre le procureur général, mais elles n’ont pas été reçues en raison de son immunité judiciaire.

Youri Tchaïka a qualifié l’enquête de Navalny de « sciemment mensongère » et a suggéré qu’elle avait été commanditée

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