Trois biens que la Russie importe contre toute attente

Valeriy Melnikov/RIA Novosti
Nous sommes prêts à parier que vous savez ce que la Russie exporte (un indice : du pétrole et du gaz). Mais avez-vous une idée de ce qu’elle importe? Russia Beyond a mené l’enquête.

Le 1er novembre, la Russie a levé ses sanctions concernant l’importation de tomates en provenance de Turquie, mises en place après qu’un avion de chasse russe a été abattu par les forces armées turques en 2015.

Selon les autorités du pays, 50 000 tonnes de tomates seront autorisées à entrer sur le territoire national, et lorsque ce quota sera atteint, les deux parties négocieront d’éventuelles importations supplémentaires. En retour, Moscou attend d’Ankara qu’elle assouplisse ses restrictions à l’égard des exportations russes de produits agricoles et de viande.

Mais n’allez pas penser que la Russie ne produit pas elle-même de tomates : en octobre 2017, près de 190 000 tonnes y ont été cultivées. Alors que le gouvernement ambitionne d’accroître encore ce nombre, le retour des tomates turques ne devrait pas impacter les producteurs russes.

Les importations et les exportations sont une question épineuse. En effet, un déficit peut par exemple entraîner des importations inattendues de biens pourtant aussi produits dans le pays.

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Blé et autres céréales

Au cours de ces dernières années, la production agricole russe a battu tous les records. Comme nous l’avons évoqué dans différentes publications, le pays est aujourd’hui le plus gros exportateur de blé et de seigle et l’un des plus importants pour l’orge, l’avoine et d’autres céréales. Malgré cela, les données du Service fédéral des douanes de Russie indiquent que le pays continue d’en importer ! En 2016, la Russie a ainsi dépensé 296,7 millions d’euros pour ce type de marchandise.

« Nous achetons du blé de haute qualité pour l’industrie meunière et pour la production de marques onéreuses de pâtes. En raison du climat ça ne pousse pas en Russie, a affirmé à Russia Beyond Ivan Roubanov, directeur du groupe d’analyse du Comité gouvernemental agricole de Russie. De plus, nous importons du blé depuis le Nord du Kazakhstan, qui produit en grandes quantités mais rencontre des problèmes de logistique pour l’exportation, la production part alors dans la Sibérie occidentale voisine, avant d’être distribuée aux autres régions de Russie et à l’étranger ».

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Pétrole non raffiné et gaz

L’énergie et les produits apparentés sont un autre point improbable de la liste des importations. L’année dernière la Russie a par exemple importé pour plus de 647,1 millions d’euros de produits pétroliers et pour 105,6 millions de gaz naturel. Pourquoi l’un des plus gros exportateurs d’énergie importe-t-il donc du pétrole non raffiné, des produits pétroliers, du pétrole, du gaz naturel et d’autres produits énergétiques ?

« Dans leur grande majorité, en 2016 les produits pétroliers et le pétrole provenaient de pays de la CEI (Communauté des États Indépendants) tels que le Kazakhstan et la Biélorussie. Ils ont été en outre rejoints par des importations venant de Finlande, qui est également un partenaire de longue date de la Russie », précise Ivan Kapitonov, directeur adjoint de la Faculté des régulations gouvernementales de l’économie à l’Académie des Sciences de Russie.

Comme il l’explique, les raisons de tels accords sont essentiellement le prix et les avantages logistiques. « S’il est moins cher d’importer du pétrole de Biélorussie, il est alors plus profitable de l’y acheter. Ce genre d’importations aide non seulement à renforcer les relations avec nos voisins, mais c’est également rationnel au point de vue économique », avance-t-il.

Machines

Voitures, équipements et machines forment un autre groupe de biens dont la Russie est plus réputée pour être un important exportateur qu’un importateur. Mais l’année dernière, il s’est avéré que ce groupe de biens était le plus conséquent au sein des importations du pays. Cela a d’ailleurs représenté près de la moitié des marchandises importées.

Selon les experts, la majorité des machines sont fournies par des fabricants européens. Et cela ne concerne pas uniquement les nouveautés des marques automobiles, les yachts et l’électroménager, mais également les importations d’investissements. En effet, de nombreuses compagnies internationales faisant le choix de délocaliser leurs usines en Russie, elles y acheminent leurs propres machines.

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