Sur fond de crise, localiser en Russie devient une tendance prometteuse

dmg mori ulyanovsk

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La crise économique et les sanctions n'ont pas facilité la vie des entreprises internationales travaillant en Russie. Mais il existe un moyen d’engranger des bénéfices malgré l'évolution des conditions économiques. Une stratégie potentielle est de localiser en Russie.

Crédit : DMG MORICrédit : DMG MORI

La semaine dernière, la société allemande de vêtements de sport Adidas a dévoilé ses plans visant à fermer 160 magasins à travers la Russie d'ici la fin de 2017. Selon des sources proches de l'entreprise, Adidas a repensé sa stratégie commerciale et les fermetures représentent l'un des moyens d'optimiser les ventes en réduisant les pertes.

D'autres entreprises internationales ont également été obligées de repenser leur stratégie en Russie. « Malmenées par les sanctions et la crise, la majorité des entreprises n’ont pas osé miser sur la localisation, mais l'adaptation graduelle de l'économie russe aux sanctions finira par les conduire à le faire », a déclaré RBTH Pavel Sigal, vice-président d'Opora Rossii – une association russe de petites et moyennes entreprises.

 

DMG MORI

Le fabricant allemand-japonais de machines-outils DMG MORI est officiellement devenu un producteur russe en septembre 2016, suite à la signature d'un contrat spécial d'investissement avec le ministère russe de l'Industrie et du Commerce. De tels contrats ont été introduits en 2015 et fournissent une gamme d'avantages et le soutien du gouvernement russe aux investisseurs potentiels.

DMG MORI a désormais sa propre usine dans la ville d'Oulianovsk (703 km de Moscou) et compte augmenter sa localisation jusqu'à 70%. Principalement axée sur les clients russes, la société prévoit également d'exporter jusqu'à 5% de ses produits Made In Russia.

Mercedes-Benz (Daimler)

Crédit : Sergueï Bobylev / TASSCrédit : Sergueï Bobylev / TASS

En février, la société automobile allemande Daimler a également décidé de localiser la production d'une de ses marques en Russie. Mercedez-Benz possèdera une usine flambant neuve près de Moscou après la signature d'un accord d'investissement spécial entre Daimler et le gouvernement russe. L'investisseur allemand injectera plus de 279 millions de dollars dans la construction d'une nouvelle usine Mercedes, qui produira plus de 20 000 véhicules par an et emploiera environ 1 000 personnes. L'investissement signifie que le constructeur automobile sera officiellement un producteur russe, ce qui ouvrira à la société l'accès aux commandes de l'État.

Haval (Great Wall Motors)

Un autre constructeur automobile – le chinois Haval, filiale de Great Wall Motors – a également construit une usine à cycle complet dans la région russe de Toula (sud de Moscou). L'usine devrait ouvrir en 2018, créant 2 500 emplois et produisant jusqu'à 150 000 voitures par an.

L'investissement total dans le projet est de 500 millions de dollars (426 millions d'euros), ce sera la première usine de véhicules chinois avec quatre lignes de production en Russie. Le projet pourrait également bénéficier à l'industrie chimique de Toula et les entreprises de métallurgie de la région deviendront probablement des fournisseurs de Great Wall.

Sun Pharma

Le géant pharmaceutique indien Sun Pharma est entré sur le marché russe en 2016 en achetant Biosintez, une société russe, pour 60 millions de dollars. L'accord a donné à l'entreprise indienne l'accès à la production locale, y compris de produits pharmaceutiques pour les injections, de substituts sanguins, de conservateurs sanguins, d’ampoules, de comprimés, de pommades, de crèmes, de gels, de suppositoires et de principes actifs pharmaceutiques. L'acquisition s’inscrit dans un plan obligatoire de localisation en Russie, qui oblige toutes les entreprises pharmaceutiques à avoir une base locale dans le pays d'ici à 2020.

Crédit : Sun PharmaCrédit : Sun Pharma

McDonald's

En 2016, le géant américain de la restauration rapide McDonald's a annoncé son intention de produire tous les ingrédients localement en Russie. Depuis lors, la société a progressivement remplacé ses importations par des produits artisanaux afin d'atténuer l'impact des fluctuations de devises et des sanctions alimentaires. Aujourd'hui, le niveau de localisation atteint 88% et il est prévu qu'il atteigne 90% à la fin de l’année 2017 avec le lancement de la production de pommes de terre en Russie.

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