Télémédecine: Servier lorgne les startups russes

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RBTH présente comment l'industrie pharmaceutique française collabore avec des startups russes.

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Mardi dernier, au parc technologique de Skolkovo, situé en banlieue de Moscou, le géant pharmaceutique français Servier s'est entretenu avec les représentants de six startups russes, afin de déterminer d’éventuelles perspectives de partenariat dans le domaine de la e-santé.

L'événement, baptisé French Tech Connect, était organisé pour la troisième fois à l'initiative de la French Tech, de Business France et de Skolkovo, afin de rapprocher les compagnies françaises et les projets russes dans le domaine de l'innovation. Pour rappel, lors des premières rencontres, ce sont les compagnies Auchan et Michelin qui avaient été conviées à rencontrer les jeunes pousses russes.

« C'était plus ou moins une startup, avec seulement quelques personnes dans le personnel »,  sourit David Guez, directeur de WeHealth by Servier, la division e-santé du groupe, racontant aux invités les débuts de la compagnie.

Servier, entreprise française à la pointe de la pharmaceutique, écoule sa production dans 148 pays et travaille en Russie depuis les années 1980. Aujourd'hui, il s'agit de son deuxième plus important partenaire (8%), juste derrière la Chine (12%).

David Guez. Crédit : Service de presseDavid Guez. Crédit : Service de presse

Quels horizons ?

Le marché pharmaceutique subit des bouleversements considérables : les compagnies de ce secteur se focalisent à présent non seulement sur l'élaboration de préparations, mais également de dispositifs susceptibles d’apporter une aide au patient et à sa relation avec les professionnels de santé tout au long de sa prise en charge ainsi que de manière préventive, avant que la prise de médicaments ne soit nécessaire.

Surfant sur cette tendance, Servier travaille au développement de la e-santé, incluant la télémédecine, et cherche notamment des startups russes dans ce domaine, pour les aider à pénétrer le marché russe et international.

« Traditionnellement, nous faisions des médicaments, mais depuis à peu près deux ans nous nous sommes lancés dans la e-santé. Nous travaillons donc avec des startups et depuis huit mois avec des startups russes », a précisé David Guez à RBTH.

Conjointement avec la French Tech, la compagnie a sélectionné six projets sur les 40 initialement présentés. « L’idée est de former de nouvelles équipes mixtes et de travailler de manière très étroite à la fabrication du meilleur produit, ce qui permettra d'accélérer le développement de nos entreprises respectives », s'est enthousiasmé Monsieur Guez.

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Une aubaine pour les startups

La collaboration de ces entreprises russes avec Servier est indubitablement une bonne chose et pourrait aboutir à un partenariat étroit. Le groupe pourrait ainsi apporter son soutien aux startups pour l'obtention de licences concernant leurs travaux, voire même procéder à un rachat d'entreprise, considère Rouslan Aliev, directeur du programme d'accélération Technologies Biomédicales du cluster de Skolkovo.

« Ce n'est pas un secret que dans le secteur de la médecine biologique, il est rare qu'une startup atteigne des succès commerciaux de manière autonome. Dans 98% des cas, leur développement se fait par le biais d'une collaboration avec des acteurs importants et d'un partenariat dans l'élaboration et la commercialisation », assure-t-il.

De leur côté, les entrepreneurs russes fondent de grands espoirs sur leur travail avec Servier.

« L'idée pourrait être réalisable en 5 ans, mais si on accélère, ce sera évidemment mieux. Nous avons des objectifs et des souhaits, nous aimerions établir un partenariat de manière à accélérer notre développement », a déclaré à RBTH Sergueï Sadovski, adjoint du directeur général de la compagnie moscovite Cardiao Qvarx, une startup ayant mis au point un dispositif pour le monitoring des principaux risques cardiovasculaires qui peut être transporté dans la poche.

Venue de Saint-Pétersbourg, la compagnie DroiceLabs, qui élabore une plateforme d'intelligence artificielle pour les médecins, voit également la collaboration avec les Français d'un très bon œil. « Avec l'expérience considérable de Servier dans ce domaine et avec la masse importante de données à sa disposition, nous pourrions trouver le point d'application de nos connaissances sur les marchés russe et français, et plus largement sur le marché mondial », affirme Alexandre Makarov.

Hautes exigences

Au final, entre une et trois startups seulement sur les sociétés actuellement sélectionnées auront la chance de travailler avec ce géant pharmaceutique de renommée internationale.

« Faire un choix est pour Servier plus difficile que pour Auchan ou Michelin, puisque la télémédecine est un domaine plus étroit », commente Stéphanie Morley, chef du pôle Tech et Services au sein de Business France.

Stéphanie Morley (première à gauche). Crédit : Service de presseStéphanie Morley (première à gauche). Crédit : Service de presse

Néanmoins, selon Madame Morley, le groupe travaillera avec les entreprises retenues de manière optimale et efficace et lancera des projets pilotes. « Il y a trois jours, j'ai croisé des représentants de Auchan et Michelin et ils m'ont raconté qu'ils se penchaient déjà sur des projets avec les startups russes qu'ils avaient sélectionnées lors de nos précédents événements », a-t-elle précisé.

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