Cinq nouveaux visages du ballet russe à ne pas rater

Iliya Pitalev / RIA Novosti
Elles remplaceront Lopatkina, Vichneva et Zakharova à l’Olympe du ballet

Aliona Kovaleva

Crédit : Iliya Pitalev / RIA NovostiCrédit : Iliya Pitalev / RIA Novosti

Diplômée de l'Académie Vaganova l'année dernière, peu de gens la connaissaient au Théâtre du Bolchoï, mais cet été, elle est devenue une sensation durant la tournée à New York lors d'un festival consacré au 50e anniversaire du ballet les Joyaux de Balanchine. Le chorégraphe l'a créé à la gloire de trois écoles de ballet : française, américaine et russe. Et pour danser les spectacles d'anniversaire avec les artistes du New York City Ballet, on a invité les danseurs de l'Opéra National de Paris et du Théâtre Bolchoï.

Le rôle principal des Joyaux « russes » est revenu à Kovaleva. « Pourtant, tout dans cette performance pâlit en comparaison avec la fraîche splendeur d’Aliona Kovaleva dans le rôle principal. […] Elle est grande, sombre, belle. Et elle est techniquement impressionnante, mais c’est à peine perceptible parce qu'elle est si conquérante, si doucement sûre d’elle, si évidemment heureuse de danser », a écrit à propos de ses débuts Robert Gottlieb, l'un des plus grands chercheurs spécialisés dans la créativité de Balanchine.

Olessia Novikova

Giselle. Crédit : Valentin Baranovskiy / RIA NovostiGiselle. Crédit : Valentin Baranovskiy / RIA Novosti

Elle est arrivée au théâtre Mariinsky au moment où Ouliana Lopatkina, Diana Vichneva et Svetlana Zakharova se trouvaient à l’apogée de leur carrière, alors que derrière ces dernières se pressaient une douzaine d’étoiles potentielles.

Novikova, qui ne frappe pas au premier coup d’œil par sa virtuosité et sa maîtrise artistique, ne figurait pas aux premiers rangs. Elle était une abonnée de ces variations classiques sans nombre dont sont remplis les ballets de Marius Petipa.

Elle a travaillé dur pendant des années afin de faire ressentir le trop-plein d’humeur des chorégraphes et la diversité des personnages féminins. Parmi ses premières victoires figure un solo complexe dans le ballet The Vertiginous Thrillof Exactitude de William Forsythe, le ballet néo-classique du jeune chorégraphe d’Alexeï Mirochnitchenko Dans la direction du Cygne, et Juliette dans Roméo et Juliette de Lavrovski – un analogue de l’Empire stalinien en matière de ballet.

Son application et son caractère posé la distinguent sur la scène, où elle est devenue un leader, et dans la vie, où elle joue un rôle majeur pour ses trois jeunes enfants. Sans artifices extérieurs et expressions du visage marquées, elle sait transmettre les mouvements subtils de l'âme.

Aujourd'hui, à 33 ans, elle ressemble à une jeune héroïne Botticelli, et représente l'ancienne génération du Théâtre Mariinsky.

Oksana Kardach

Don Quixote. Crédit : Stanislav Krasilnikov / TASSDon Quixote. Crédit : Stanislav Krasilnikov / TASS

Dans son destin, tout est hors-norme. Oksana a reçu une formation de ballet non pas dans les établissements académiques, mais dans une jeune école auprès de l'Université de Natalia Nesterova. En débarquant dans le théâtre musical Stanislavsky et Nemirovich-Danchenko, elle s'est rapidement retrouvée en vue : elle est entrée dans la troupe à un tournant, lorsque la direction et les lignes directrices professionnelles changeaient.

Dans le répertoire apparaissent les ballets de Neumeier, Duato et Kylian Kardach, qui ne se distingue pas par la rigueur classique de sa formation, s’est distinguée par sa coordination, sa précision, sa liberté et son énergie. La plupart des nouvelles productions étaient des ensembles, mais à chaque fois elle s’imposait comme un leader menant toute l'équipe.

Mais dans le répertoire classique, qui constitue la base de tout théâtre, Kardach a été longtemps limitée aux seconds rôles – il lui manquait cet éclat plein de confiance par lequel le style classique est parfois compris.

L'apparition dans le théâtre de l'équipe de metteurs en scène de ballet comprenant Kenneth Macmillan et Natalia Makarova a permis de redécouvrir Kardach. Ses solos dans Mayerling, Manon, et La Bayadère ont donné à voir une actrice confiante. Ces rôles lui ont ouvert la voie d’Odette/Odile et Giselle et ont permis d’apprécier la ballerine comme l'une des principales découvertes du ballet russe actuel.

Polina Bouldakova

Crédit : Alexei Danichev / RIA NovostiCrédit : Alexei Danichev / RIA Novosti

Elle a obtenu le titre de danseuse étoile du Théâtre d’opéra et de ballet de Perm il y a deux mois, mais elle a lutté pour l’obtenir pendant 6 ans. Elle est arrivée dans la célèbre troupe après avoir terminé le Collège chorégraphique de Perm, où elle figurait parmi les élèves les plus doués. Des lignes allongées, des jambes douces avec des pieds galbés, des mains « parlantes » laissaient augurer la lente ascension d'une étoile brillante – la danseuse a besoin de temps pour apprendre à maîtriser parfaitement ces « outils ».

Elle a eu la chance car à ses débuts, le directeur artistique de la troupe Alexeï Mirochnitchenko a transformé Perm en centre de la chorégraphie européenne. Polina, bien sûr, était incroyablement adaptée aux plumes du Lac des Cygnes et à la majesté de La Belle au bois dormant, mais ce sont Calliope dans l’Apollo de Balanchine, Juliette mis en scène par MacMillan et les solos dans le Patineur d’Ashton qui lui ont permis de passer du statut de danseuse à celui de véritable actrice.

Ekaterina Sapogova

Roméo et Juliette. Crédit : Elena Lehova / Tatyana AndreevaRoméo et Juliette. Crédit : Elena Lehova / Tatyana Andreeva

Pour le rôle de Juliette dans Roméo et Juliette, qui a été mis en scène durant la dernière saison du théâtre d’Ekaterinbourg par Viatcheslav Samodourov, Ekaterina ne figurait que dans les remplaçants. Elle avait 20 ans, n’avait jamais dansé de rôle important, ne faisait que partie du corps de ballet dans la troupe, et en général ne semblait pas vouée à devenir une étoile potentielle – les filles de petite taille, dont le regard ne brille pas du désir du cygne, n’ont pas la cote actuellement dans le ballet.

Mais c’est précisément le naturel, l’absence d’étiquettes, et le désir de se dépasser qui ont été appréciés par Samodourov. Il a vu en elle sa Juliette – une femme moderne et audacieuse. Et cette jeune fille à peine diplômée du Collège chorégraphique de Novossibirsk a suivi le chorégraphe, contaminée par son désir de transmettre des émotions.

Pour sa performance dans le rôle de Juliette, Sapogova était parmi les prétendantes au Prix national de théâtre Masque d'or dans la nomination « meilleure danseuse », dans la même liste que les étoiles exceptionnelles Ekaterina Kryssanova et Ekaterina Chipoulina.

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