Qui représentera la Russie au 70ème Festival de Cannes?

Cette année, le programme russe sera plus riche que jamais.

Cette année, le programme russe sera plus riche que jamais.

ZUMA Press / Global Look Press
À l'occasion de la 70ème édition du Festival de Cannes, qui se tiendra cette année du 17 au 28 mai, la Russie présentera un programme plus riche que jamais : plusieurs films en sélection officielle, un autre dans la section Un certain regard, des courts métrages ainsi qu'un pavillon russe au Marché du film.

« Sélection officielle »

Le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev, lauréat des Festivals de Cannes et de Venise, prépare pour l'édition de cette année un nouveau drame intitulé Loveless. Le film est on ne peut plus frais puisque l'équipe termine à peine de travailler dessus et le jury lui-même n'en a eu qu'un bref aperçu.

À la différence du film Léviathan, qui avait remporté le prix du meilleur scénario au Festival de Cannes 2014, mais qui ne faisait pas l'unanimité en Russie, Loveless est un film réalisé sans financement gouvernemental.

Il s'agit d'une coproduction développée par les russes Non-Stop Production et FetisOFF IllusiON, le français Why Not Productions, le belge Les Films du Fleuve des frères Dardenne, l'allemand Senator Film et Arte France Cinéma.

Le Fonds de Soutien au Cinéma Européen Eurimages, les chaînes de télévision européennes ARTE et Canal+, le télédiffuseur allemand WDR et la compagnie Ciné+ ont également apporté leur contribution pour le tournage.

Nous savons d'ores et déjà à propos de Loveless que l'intrigue s'articulera autour d'un divorce douloureux, mais, contrairement aux autres films de Zviaguintsev, cette histoire personnelle forcera le spectateur à réfléchir à l'état de la société dans son ensemble. Selon les bilans du Marché du film européen EFM, les droits de projection du film ont été vendus sur tout le territoire européen.

Scène du film Loveless d’Andreï Zviaguintsev. Crédit : kinopoisk.ruScène du film Loveless d’Andreï Zviaguintsev. Crédit : kinopoisk.ru

Sera également présentée une autre production, réalisée conjointement par des compagnies russes, françaises, allemandes, lettonnes, lituaniennes et hollandaises. Il s'agit du film A gentle creature de l'Ukrainien Sergei Loznitsa, inspiré de la nouvelle fantastique de Fiodor Dostoïevski La Douce. L'action, tournée en russe dans la ville lettonne de Daugavpils avec la participation d'acteurs et de réalisateurs russes, se déroule dans une prison et ses environs.

« Un certain regard »

L'année dernière, c'est Kirill Serebrennikov, avec son film Le Disciple, qui avait été l'ambassadeur de la Russie dans la section Un certain regard. Il avait alors reçu le Prix François Chalais.

Cette année, la Russie sera représentée par l'élève d'Alexandre Sokourov, Kantemir Balagov, et son film Étroitesse relatant la vie d'une famille juive à Naltchik, une ville du Caucase russe.

« Nous avons vu beaucoup de films russes, avons discuté de la Roumanie, de la Bulgarie, et d'autres pays d'Europe de l'Est qui concourraient autrefois régulièrement dans la Sélection officielle, tandis que la Russie était, à de rares et agréables exceptions près, à la traîne. Nous sentons néanmoins que dans ce magnifique pays a lieu un renouveau de l'industrie cinématographique », a affirmé Thierry Frémaux, directeur du Festival de Cannes, lors de la présentation du programme.

Le pavillon russe

Au Festival de Cannes, la Russie dispose traditionnellement de son propre pavillon. Il accueillera notamment une présentation de la commission cinématographique de Moscou, « dont le but est la promotion de Moscou en tant que lieu de tournage pour les compagnies russes et étrangères »,informe l'agence de presse TASS.

Sera également mise en avant la nouvelle ressource d'informations du Fonds du cinéma. D'après Anton Malychev, son directeur exécutif, ce fonds est à l'initiative du Russian Cinema Fans Analytics, grâce auquel « le plus large cercle de cinématographes étrangers pourront recevoir des informations efficaces et fiables quant aux résultats de la distribution de leurs films sur le marché russe ». Cette ressource sera accessible en russe et en anglais.

Le pavillon russe organisera par ailleurs des présentations de style show-cases des plus importants producteurs du pays. Il a par exemple été annoncé que le film Furious et le projet T-34 y seraient mis en valeur. Ce sont ainsi plus de 45 compagnies qui seront présentes pour vanter les mérites de leur production au stand Russie.

Sc&egrave;ne du film Furious.nCr&eacute;dit : kinopoisk.ru<p>Sc&egrave;ne du film <em>Furious.</em></p>n
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En outre, on présentera une sélection de courts métrages de jeunes réalisateurs russes. Sur 175 candidatures, cinq ont été retenues : Lait, Bonjour, Premier, Rompre avec Jenna et Sclérose. Le livre Les chroniques de Cannes. 2006–2016, paru aux éditions Nouvel aperçu littéraire et dont les auteurs sont Daniil Dondoureï, Lev Karakhan et Andrei Plakhov, sera dévoilé au public.

Il s'agit d'un recueil de discussions que d'éminents critiques de cinéma menèrent à chaud à la rédaction du magazine L'art du cinéma, tant à propos des films qui avaient fait sensation lors du Festival de Cannes que des tendances de la production cinématographique mondiale.

Ekaterina Mtsitouridze, directrice générale de Roskino, agence fédérale de la production cinématographique en Russie, a par ailleurs déclaré lors d'une conférence de presse dans les locaux de TASS qu'un « film-surprise » russe pourrait être projeté hors concours lors du festival.

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