Le Musée Pouchkine présente l’art des deux côtés du rideau de fer

10 mars 2017 Oleg Krasnov
À l’issue d’une «tournée» à succès en Belgique et en Allemagne, l’exposition qui retrace les efforts des artistes d’Europe occidentale et orientale pour surmonter l’état de stress post-traumatique après la Seconde Guerre mondiale s’est ouverte au Musée Pouchkine de Moscou.
Exhibition in Pushkinsky museum
Constructeurs par Fernand Léger (1951). Crédit : Musée Pouchkine

Facing the Future: Art in Europe 1945–1968 présente des œuvres de plus de cinquante collections de particuliers et de musées. L’exposition a une longue histoire : il y a plus de quatre ans, le peintre et écrivain russe Maxime Kantor a décidé de prouver que l’art d’après-guerre derrière le rideau de fer, en URSS et dans les pays socialistes, ne différait en rien de ce que faisaient les artistes ouest-européens.

L’idée a été soutenue par les directrices du Musée Pouchkine, Marina Lochak, et de la Galerie Tretiakov, Zélfira Tregoulova. La recherche de partenaires pour ce projet grandiose a été confiée à Eckhart Gillen, historien de l’art et commissaire d’exposition berlinois.

Paisibles chantiers par Alexandre Deïneka, 1959–1960. Crédit : Galerie TretiakovPaisibles chantiers par Alexandre Deïneka, 1959–1960. Crédit : Galerie Tretiakov

« À qui ai-je pensé avant tout ? À Peter Weibel évidemment, qui dirige le ZKM Center for Art and Media (Centre d'art et de technologie des médias de Karlsruhe) », a confié Eckhart Gillen. C’est ainsi qu’ils sont devenus tous les deux commissaires de cette exposition qui s’est tenue l’année dernière au BOZAR (Palais des Beaux-Arts de Bruxelles) puis au ZKM.

« Dans cette exposition, nous unissons l’Europe, nous montrons que les pensées et les vecteurs d’activités des artistes de l’Europe occidentale et orientale allaient dans le même sens durant la période difficile de l’après-guerre, a indiqué Peter Weibel dans une interview à RBTH. On peut dire que nous réécrivons l’histoire de l’art européen sans compromis, sans aucune propagande ».

Illustration de la revue Zéro par Heinz Mack, 1961. Crédit : Musée Pouchkine

Illustration de la revue Zéro par Heinz Mack, 1961.

Prise électrique sur un mur par Mikhail Roginsky, 1965. Crédit : Galerie Tretiakov

Prise électrique sur un mur par Mikhail Roginsky, 1965.

Globe terrestre bleu (RP 7) par Yves Klein, 1988. Crédit : Yves Klein, ADAGP, Paris

Globe terrestre bleu (RP 7) par Yves Klein, 1988.

Violon brûlé par Fernand Armand, 1966. Crédit : Musée Pouchkine

Violon brûlé par Fernand Armand, 1966.

Mât par Viacheslav Koleichouk, 1966. Crédit : Galerie Tretiakov

Mât par Viacheslav Koleichouk, 1966.

 
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En effet, il sera difficile pour un visiteur non professionnel de différencier entre les sculptures d’Henry Moore et de Vadim Sidur, les œuvres abstraites – qui sont vraisemblablement le moyen le plus fin d’exprimer implicitement l’état de stress post-traumatique – de Vladimir Tatline et de Georg Baselitz, le réalisme de Lucian Freud et de Vladimir Yakovlev, le minimalisme de Piero Manzoni et de Youri Zlotnikov.

L’exposition rassemble plus de 200 œuvres d’artistes de 18 pays, dont des maîtres du XXe siècle comme Pablo Picasso et Henri Matisse, Fernand Léger et Alexandre Deïneka, Lucio Fontana et Otto Muehl.

Néon 0°-90° par François Morellet, 2016. Crédit : Collection de François MorelletNéon 0°-90° par François Morellet, 2016. Crédit : Collection de François Morellet

Les œuvres ont été aimablement mises à la disposition de l’exposition par le musée Tate Modern, le Centre Georges Pompidou, le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid et des dizaines de collections.

Bien que l’intérêt pour cette exposition soit très grand en Europe, elle n’ira pas plus loin que Moscou, car les musées et les collectionneurs n’aiment pas accorder leurs œuvres pour plus de trois expositions, a fait remarquer Eckhart Gillen.

L’exposition au Musée Pouchkine restera ouverte jusqu’au 21 mai.

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