«Les origines de la beauté»: une photographe russe s'expose sur une façade à Saint-Denis

Les origines de la beauté
La beauté n’appartient pas à une ethnie précise, elle est universelle. Dans l’objectif de véhiculer ce message et de refléter la beauté de chacun des innombrables peuples du monde, la photographe russe Natalia Ivanova a créé une véritable galerie de portraits de femmes de différents pays et continents. Intitulé Les Origines de la beauté, le projet sera projeté mercredi sur l’écran du bâtiment de Vente-privée à Saint-Denis.

Crédit : Les origines de la beauté
Crédit : Natalia Ivanova
 
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Le 8 mars, Journée internationale des femmes, l’écran géant du Vérone projettera pendant une journée entière des portraits photo de 50 représentantes de différentes ethnies. Arménienne, Bretonne, Rifaine, Kalmouke, Kabyle, Tcherkesse, Occitane… Plus ravissantes les unes que les autres, ces beautés issues des quatre coins de la planète illustreront la diversité humaine et véhiculeront l’idée de la nécessité de renforcer la tolérance et de sortir du piège des stéréotypes.  

Intitulé Les origines de la beauté, le projet artistique a été réalisé par la photographe et journaliste indépendante russe Natalia Ivanova. Son objectif est de présenter d'une manière systématique, exhaustive et à la fois créative la dimension réelle de la diversité ethnoculturelle, de développer une attitude respectueuse envers les particularités et de promouvoir le dialogue. L’auteur va au-delà de la division politique du monde en États-nations et cherche à présenter chaque ethnie, quel que soit son statut officiel ou son nombre de représentants. 

Natalia confie que ce sont l’injustice et l’ignorance qui l’ont inspirée à monter ce projet artistique et documentaire. « La plupart d’entre nous ne reconnaît que les cultures et les peuples, dont le territoire est délimité par les frontières étatiques », indique l’artiste à RBTH. 

Consciente de cette lacune, l’artiste a voulu familiariser les gens avec « la dimension réelle de la diversité ethnoculturelle de l’humanité et ce à travers la beauté féminine. Si on limite notre attention à la question de la citoyenneté, près de 90% des peuples resteront à l’écart, n’étant pas représentés par des États indépendants », considère-t-elle. 

Travail de longue halène 

La réalisation du projet a commencé en 2012. Depuis, l’équipe a réussi à réaliser près de 90 clichés et portraits vidéo des représentantes de 50 peuples de 15 pays de 18 à 30 ans et appartenant à un seul et même groupe ethnique depuis au moins trois générations. Mais on n’est qu’au début du chemin : la réalisation du projet se poursuit et, comme le précise Natalia, sa mise en œuvre exhaustive demande encore au moins dix ans de travail et, d’ailleurs, de découvertes. « Ce projet me fait découvrir au quotidien une multitude de nouveautés. Je veux +contaminer+ tous les spectateurs de notre projet par cette soif de connaître l’humanité dans toute sa diversité », relate l’artiste. 

Crédit : Les origines de la beauté
Crédit : Les origines de la beauté
 
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Parmi les objectifs immédiats, réaliser un casting de plus de 100 représentantes des groupes ethniques de Russie et de la Communauté des États indépendants et trouver des partenaires pour mener à bien la réalisation du projet en Russie. 

Compte tenu de l’objectif humaniste et éducatif du projet, les Origines de la beauté a été reconnu par l’Unesco. D’ailleurs, c’est au siège parisien de cette organisation des Nations unies que s’est tenue en 2014 sa première présentation officielle à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Et voilà que trois ans plus tard, le magnifique projet débarque sur l’écran géant du Vérone, bâtiment de Vente-privée en Seine-Saint-Denis, utilisé pour  soutenir les auteurs dont les œuvres propagent les valeurs humanistes. 

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