La nature russe transfigurée: quinze toiles d'Isaac Lévitan  

Isaac Lévitan s'est essayé à différents genres, mais son talent s'est pleinement révélé dans la représentation de la nature. Comme aucun autre, il a véhiculé la célèbre mélancolie russe.

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Automne doré, 1895

Isaac Lévitan est né dans une famille juive pauvre à Kybartai dans l'ouest de l'Empire russe – une ville désormais située en Lituanie. Bien que la famille Lévitan fusse pauvre, les parents se sont efforcés de donner à leurs enfants la meilleure éducation possible et ont déménagé à Moscou pour qu'Isaac et son frère puissent étudier à l'école de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou. Isaac a dévoilé son talent, obtenant d’excellents résultats scolaires, et a même été exempté de frais de scolarité. Les parents sont rapidement morts et le garçon a vécu dans la pauvreté – souffrant de la faim, il passait souvent la nuit à l’intérieur de son école.

Au-dessus de la paix éternelle, 1894

Parmi les professeurs de Lévitan figuraient des peintres très célèbres, et dans l'une des classes, il fut remarqué par Alexeï Savrassov, connu pour ses paysages lyriques, en particulier la toile Les Freux sont arrivés. Savrassov a invité le garçon à étudier dans sa classe de paysage, et sa toute première exposition a été un grand succès, ce qui à la fin du XIXe siècle était presque impossible pour un juif (après une tentative d'assassinat du tsar Alexandre II, beaucoup de juifs ont même été expulsés des capitales). Cependant, Lévitan a réussi à obtenir son diplôme universitaire et à partir de 18 ans, il a commencé à gagner de l'argent avec ses peintures.

La Boulaie, 1885-89

L'écrivain Konstantin Paoustovski a écrit dans sa nouvelle Isaac Lévitan que les professeurs étaient irrités par le talent manifesté par ce garçon juif dans la représentation de la nature russe. « Un juif, à leur avis, n'aurait pas dû toucher le paysage russe. C'était l’affaire des artistes russes ». Cependant, le paysage russe lui-même n'était pas très en vogue à l’époque  - paysages urbains, palais, décors historiques et bibliques – voici ce qui intéressait la plupart des artistes.

Vladimirka, 1892

Lévitan aimait les champs austères et les routes boueuses, les ponts branlants et les petites églises de province – des sujets jugés indignes des grandes toiles. Son « lieu de force » était la Volga : il a peint de nombreux paysages inoubliables aux abords de ce fleuve, notamment dans la ville de Plios avec ses nombreuses églises.

Le Soir. Plios doré, 1889

Il n’a acquis une réelle reconnaissance qu'à la fin de sa courte vie - à 37 ans, il est devenu académicien de la peinture de paysage et à 39 ans, il est mort à Moscou d'un anévrisme cardiaque. À cette époque, une exposition de ses œuvres a eu lieu dans le pavillon russe de l'Exposition universelle à Paris.

Jour d'automne. Sokolniki, 1879
Étang envahi par la végétation, 1887
Monastère silencieux. 1890
Pont. Savvinskaïa Sloboda, 1884

Printemps. Grandes eaux, 1897
La Rus’, 1899
L'automne. La route du village, 1877
Le soir après la pluie, 1879

Eaux profondes, 1892
Mars, 1895

Découvrez par ici dix peintres qui incarnent l'art russe.

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