Ivan Bilibine, l’artiste qui donna vie aux contes de fées russes

Marchands, 1905.

Marchands, 1905.

Domaine public
Sans connaître nécessairement son nom, chaque enfant né Russie a déjà vu les œuvres d'Ivan Bilibine. Mais si vous avez grandi en Russie et que vos parents vous ont lu des contes de fées, il est probable que les illustrations légendaires de Bilibine soient imprimées dans votre regard pour toujours. Cependant, peu connaissent les autres talents de ce grand artiste qui a vécu au début du XXe siècle…

Ivan Bilibin. Portrait par Boris Koustodiev.

Ce virtuose du pinceau rêvait de devenir avocat et a même obtenu un diplôme de droit à l'Université de Saint-Pétersbourg en 1900. Son aspiration à la science n'a toutefois pas paralysé ses tendances artistiques : il a étudié l'art de la peinture de auprès de divers artistes de renom, y compris le célèbre Ilya Repine.

Ici, l'esquisse de Bilibine d’un personnage de conte de fées slave pour le ballet l’Oiseau de feu de Stravinsky.

Le talent du maestro était très demandé même au-delà du monde de l'édition. Bilibine, un connaisseur très apprécié des costumes traditionnels et historiques, a pris une part active à la conception d'opéras et de ballets dans le monde entier, y compris à Prague, à Paris et à Buenos Aires.

Ivan Bilibin, L'Oiseau de paradis, Sirin. 1895.

L'imagination vivante de Bilibine et son talent pour dessiner toutes sortes d'oiseaux mystiques lui ont obtenu une faveur peu probable : son croquis d’un aigle à deux têtes a été adopté comme symbole officiel de l'Empire russe en 1917. Il a été abandonné en 1918, mais un siècle plus tard, en 1992, l'aigle de Bilibine a inspiré nos contemporains qui l'ont utilisé comme emblème officiel de la Banque centrale russe. Prenez une pièce émise avant 2016 : elle comporte forcément l'un des nombreux chefs-d'œuvre de Bilibine.

L'esquisse par Bilibine de Pierre le Grand pour le roman éponyme d’Alexeï Tolstoï.

Aujourd'hui, on se rappelle surtout de Bilibine comme d’un illustrateur qui a travaillé sur les contes de fées, mais il a également créé des croquis pour des romans. 

Les décorations de Bilibine pour le ballet de Tcherepnine Roman de la momie.

En fuyant la Russie révolutionnaire, Bilibine s’est retrouvé dans un camp au Caire, où les autorités anglaises parquaient les réfugiés russes arrivant par navires. L'artiste a passé cinq ans en Egypte, vivant au Caire puis à Alexandrie avant de se diriger vers Paris.

Une caricature politique du tsar russe par Bilibine.

Bien que Bilibine ait fui la Russie soviétique, il ne soutenait pas pour autant l'autocratie tsariste. Bilibine a été arrêté en 1906 pour sa contribution au développement du magazine anti-autocratique satirique Joupel

Une peinture de Bilibine dans la cour intérieure de la mosquée Al-Azar et l'Université du Caire.

En Egypte, Bilibine gagnait sa vie en faisant des fresques avec lesquelles les riches décoraient leurs maisons, et a parallèlement étudié l'art de l’Egypte antique.

L'opéra Coq d'Or (1909).

Bilibine a trouvé son style lors d’un séjour dans le village russe de Yogna (400 km de Moscou). Dans le village, l'artiste a créé une série d'illustrations pour les contes de fées folkloriques russes Ivan Tsarevitch, l’Oiseau de feu et le Loup gris, qui deviendront plus tard emblématiques et définiront son style artistique pour toujours.

Les Jardins de Tchernomor créés par Bilibine pour l'opéra Rouslan et Lioudmila.

Outre les célèbres personnages de contes de fées, Bilibine a également créé des décors remarquables.

Presque toutes les peintures de Bilibine émanent de la culture folklorique russe. Par exemple, ce paysage rural peint en 1911 semblera certainement familier à tous ceux qui ont déjà été dans la campagne russe.

Note: Une collection d'œuvres d'Ivan Bilibine est actuellement exposée au Grand Palais du Musée-Réserve de Tsaritsyno à Moscou. L'exposition se termine le 29 octobre.

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