Artisans du Daghestan: comment fabriquer un tapis de ses propres mains?

Russia Beyond vous emmène pour une immersion dans le Tabassaran, une région authentique du Sud de la Russie. Vous y découvrirez la tradition ancestrale du tissage de tapis, un art qui se transmet de génération en génération.

Les meilleurs tapis de laine de Russie sont tissés dans le Tabassaran, une région du Sud de la République du Daghestan (1600 kilomètres au sud de Moscou). On y confectionne des tapis tuftés artisanaux au design pluriséculaire.

La population du Tabassaran est la seule de Russie à perpétuer cette tradition du tissage de tapis.

Autrefois, les tapis n’étaient pas aussi ornés qu’aujourd’hui et ne servaient pas de décoration d’intérieur. Les peuples nomades qui habitaient dans les pays orientaux les utilisaient comme des objets du quotidien, pour préserver la chaleur dans leurs tentes. Ce sont des objets qui étaient simples à transporter et qui restaient en parfait état durant des années.

Avec le temps, les tapis ont commencé à se voir ornés de motifs de plus en plus complexes et élégants. Leur niveau d’entretien était le signe du statut de leurs propriétaires.

De nos jours, les tapis sont un incontournable de tout foyer daghestanais. Dans les familles les plus pauvres, des sumacs non pelucheux couvraient les sols, tandis que les plus fortunées ornaient les leurs avec de lourds et épais tapis.

Ici, on fabrique des tapis dans presque chaque maison. S’ils ne sont pas mis en vente, on les garde pour chez soi.

Dans cette maison, cinq maîtres finissent de tisser un large tapis. Ils ont travaillé dessus durant plus de 6 mois !

Afin de confectionner un tapis, vous devez d’abord créer une base. De denses fils de cotons sont enroulés de manière très serrée autour de cadres parallèles. Plusieurs femmes s’assoient ensuite à la machine et commence le travail de tissage.

En utilisant un crochet spécial, elles font un nœud avec du fil coloré autour de chaque fil de coton. Ces artisans travaillent à une vitesse véritablement incroyable.

Lorsqu’une rangée est achevée, ils la serrent en utilisant un lourd peigne. Les bouts inégaux sont ensuite coupés à l’aide de larges ciseaux. C’est ainsi qu’ils parviennent à réaliser des tapis de différentes profondeurs.

Pour être sûres de ne pas faire d’erreur dans le motif, les femmes contrôlent le dessin sur une feuille. Néanmoins, les plus expérimentées connaissent ces motifs par cœur.

Les tapis en laine colorée à base d’agents naturels sont considérés comme ceux ayant le plus de valeur. Les compétences et le savoir nécessaires pour obtenir ces teintes ont été transmis de génération en génération. De nombreuses et différentes couleurs peuvent être obtenues en utilisant des plantes, des minéraux ou des insectes.

Les femmes ont terminé leur travail. Après que l’une d’elle a coupé les fils principaux, elles emmènent cérémonieusement leur tapis dans la cour.

L’œuvre doit à présent être envoyée à son futur propriétaire. Celui-ci aura le loisir d’en profiter pendant au moins 300 ans.

L’art du tissage de tapis s’est perpétué au fil des époques. Les petites filles commencent à observer leur mère au travail dès leur plus jeune âge. Dans le Tabassaran, ce sont d’ailleurs les femmes qui subvenaient aux besoins de la famille, puisque grâce à ce savoir-faire, elles gagnaient plus d’argent que les hommes.

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