La Russie réduit ses dépenses militaires: quelles conséquences?

Le ministre de la Défense Sergueï Choïgou et le chef d'état-major des forces armées de la Fédération de Russie Valeri Guerassimov

Le ministre de la Défense Sergueï Choïgou et le chef d'état-major des forces armées de la Fédération de Russie Valeri Guerassimov

Sputnik
En mai 2018, la Russie est sortie du Top-3 de la liste des pays ayant les plus importantes dépenses militaires.

Pour la première fois depuis 20 ans, le pays réduit ses dépenses militaires de 20%, sans toutefois affecter la création d’un système de dissuasion de nouvelle génération qui empêchera les conflits de déboucher sur une troisième guerre mondiale.

« La modernisation militaire reste une priorité en Russie, mais le budget militaire a été limité par les problèmes économiques que connaît le pays depuis 2014 », a déclaré Siemon Wezeman de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

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Selon les recherches de la fondation, les dépenses militaires de Moscou ont atteint 66,3 milliards de dollars (55,4 milliards d’euros environ). C'est le résultat de la crise économique, des sanctions et de la chute du rouble.

Pendant ce temps, le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a confirmé que la Russie avait commencé à réduire ses dépenses militaires, mais indiqué que les chiffres fournis par le SIPRI étaient inexacts. Pourtant, il n'a pas révélé les données précises, renvoyant cette question au ministère de la Défense qui détient les réponses.

Où ont lieu les coupes?

Les réductions de budget de la Russie concernent l'acquisition de nouvel équipement de combat. Dans un contexte de nouvelle guerre froide, la Russie ne prévoit pas de lancer une nouvelle course aux armements. Telle est la conclusion des experts militaires du pays.

« La planification militaire repose aujourd'hui sur le principe +nécessaire et suffisant+. Nous nous abstenons d'augmenter le nombre d'ogives nucléaires dans nos arsenaux et nous suivons les accords internationaux signés au cours des 30 dernières années », a déclaré à Russia Beyond Viktor Litovkine, analyste militaire du TASS.

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Récemment, la Russie a décidé de diviser par près de trois le montant destiné à l'acquisition et au développement de nouveaux engins de combat. Ainsi, le ministère de la Défense recevra désormais près de 370 milliards de dollars (309 milliards d’euros envitron) pour les achats et recherches militaires jusqu'en 2027.

« Il a été décidé de ne pas construire un porte-avions de nouvelle génération, de ne pas acheter 52 avions de combat de cinquième génération Su-52, de reporter la création de la nouvelle génération de bombardiers stratégiques PAK DA et d'autres programmes coûteux », a ajouté l'expert.

Selon lui, le pays s'abstiendra également de placer des missiles balistiques intercontinentaux sur des rails (le projet ICBM Bargouzine) et ne dépensera pas de sommes supplémentaires pour acheter des véhicules blindés légers et lourds comme prévu au cours de l'âge d'or des prix élevés du pétrole.

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Quels sont les principaux projets des prochaines années

« L'argent sera dépensé pour [...] le programme de réarmement des armes nucléaires ainsi que pour la création de missiles hypersoniques et d'autres technologies de la nouvelle ère », a déclaré à Russia Beyond Viktor Mourakhovski, rédacteur en chef du magazine Arsenal de la Patrie.

Comme il l'a souligné, il s’agit des systèmes qui ont étonné le monde lors du discours prononcé par Vladimir Poutine le 1er mars devant le Parlement.

Ce sont les missiles hypersoniques Kindjal (Poignard) qui pourraient être installés sur les avions MiG-31 et sont capables d’atteindre des ennemis à plus de 2000 kilomètres de distance, en évitant d’envoyer des avions dans les zones de contrôle des systèmes antiaériens ennemis.

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Ce sont également les missiles RS-26 Avant-garde. Comme le président l'a souligné, la principale différence entre cette arme et les autres missiles est qu'elle est capable de s'élever à des dizaines de kilomètres au-dessus de la Terre et de voler vers sa cible à travers les couches denses de l'atmosphère et de l'espace.

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