Les secrets du S-400 que Moscou a cachés à Ankara

Mihail Mokrouchine/RIA Novosti
Fin septembre, la Turquie a réalisé le premier paiement pour le complexe S-400, le contrat ad hoc ayant été signé auparavant. Comme l’ont appris les médias, l'armée turque ne pourra pas savoir comment fonctionne le légendaire système de missiles.

La Russie a refusé d'ouvrir à la Turquie l'accès à l'électronique du complexe de défense aérienne S-400 Triumph, au sujet duquel le contrat entre Moscou et Ankara a été signé le 12 septembre.

« Nous ne leur remettons pas tous les codes électroniques et nous ne nous leur transférons pas les composants. Selon l'accord, seule la Russie effectuera la maintenance et elle n'+ouvrira+ pas ces systèmes », a déclaré une source de Gazeta.Ru au sein du complexe militaro-industriel.

Selon la publication, cela comprend, entre autres, l'un des principaux systèmes de l'arme antimissiles - le système de détection « ami/ennemi » dans les airs.

« Nous n’avons pas satisfait leurs demandes d’accéder aux composants des S-400, c’est pourquoi on y installera un système ami/ennemi de production russe. Ils insistaient pour recevoir les mots de passe et le contrôle, mais nous avons refusé », a-t-il dit.

À la fin du mois de septembre, la Turquie a déjà transféré le premier versement pour le complexe S-400. Selon le rédacteur en chef du journal russe Arsenal de la patrie, Viktor Mourakhovski, les premières unités ne seront reçues par Ankara qu'en 2020.

« Actuellement, la Russie termine le rééquipement de l'armée en S-400, après quoi elle devra s'acquitter de ses obligations envers la Chine et l'Inde concernant ces armements. En conséquence, ce n’est qu’après cela qu’Almaz-Antey va assembler les systèmes pour la Turquie », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Russia Beyond.

Le S-400: qu’est-ce que c’est et quelles armées veulent s’en équiper?

Le S-400 Triumph, ou selon la nomenclature des pays de l'Otan « Growler », a été présenté au monde au début du XXIe siècle.

C'est un système créé pour protéger les cieux contre les missiles, les chasseurs, les bombardiers, et les hélicoptères de l’ennemi c’est à dire contre toutes les cibles aériennes modernes et futures, y compris les avions de cinquième génération, les missiles de croisière et balistiques et d'autres systèmes d'armes de haute technologie.

Chaque complexe S-400 comprend un certain nombre de véhicules de soutien - un radar qui détecte toutes les cibles aériennes en les détruisant par type, classe et facteur « ami/ennemi », un système de guidage suivant la cible et un système de lancement qui tire des missiles antiaériens sur des distances allant jusqu'à 400 km.

L'un des principaux facteurs de ce système S-400 est qu’il n'est pas « unidirectionnel », mais montre chaque appareil qui entre ou sort d'un cercle de 600 km de diamètre. Une capacité similaire a été fournie au pas de tir - il élimine les cibles provenant de toutes les directions dans un rayon de 400 km.

Comme l’estime M. Mourakhovski, c'est l'un des facteurs clés qui ont fait que la Turquie, un pays membre de l'Otan, a choisi un système de défense aérienne fabriqué par les Russes, provoquant la rage des fabricants d'armes américains et européens en boudant leurs systèmes.

Par exemple, le concurrent le plus proche du S-400, le système américain MIM-104 Patriot, qui couvre une distance de 180 km seulement dans une seule direction.

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