Photographies de Cosaques libres du XIXe siècle

Dans ces photographies, transparaissent la vision originale de l’artiste, sa compréhension de la situation ainsi que sa capacité à donner une expression précise à une forme graphique concise. Boldyrev peut, à juste titre, être considéré comme un artiste important et particulier qui contribua grandement au développement de la photographie russe.

Ivan Vasilievich Boldyrev est né en 1850 dans le village Ternovskaya sur le Don, un lieu où les cosaques habitent depuis la nuit des temps. Son père servit dans l’armée du tsar pendant plusieurs années. Pourtant, jusqu’à l’âge de 15, le futur photographe était presqu’un orphelin, contraint de garder des troupeaux avec son grand-père à cause de l’absence de son père. / Ivan Vasilievich Boldyrev
A son retour, le père de Boldyrev l’envoya servir en tant que domestique chez un officier, dans l’espoir de le voir devenir plus tard un employé compétent. Toutefois, depuis son plus jeune âge, Ivan Boldyrev était singulièrement attiré par la technologie. Fasciné, il essayait de comprendre le fonctionnement de toute sorte de mécanismes. / Une famille cosaque
A l’âge de 19 ans, le jeune Boldyrev quitta son village natal pour Novotcherkassk. Là, il trouva sa voie et devint photographe. Après avoir maitrisé les bases d’une profession rare à cette époque, il ne tarda pas à travailler sur les principaux types de photographie./ Jeunes filles en kublyaki. Une tenue traditionnelle du Don
Son intérêt pour photographie le conduisit à Saint-Pétersbourg où il intégra le service du laboratoire photographique de Lorentz. Plus tard, il assista aux cours de l’Académie des beaux-arts en candidat libre, mais ne put obtenir un diplôme car il manquait de moyens. / Une rue du village Kumchatskaya
Embauché en tant que retoucheur et assistant de photographe, Ivan Boldyrev consacrait l’essentiel de son salaire aux matériaux et expérimentations couteux dans le but d’améliorer le processus de prise de vue et l’équipement photographique. / Un cosaque du Don, âgé de 30 ans
Pendant des jours, il travailla avec une persévérance enviable afin de créer un objectif universel connu sous le nom de grand-angle. Grâce à l’étude des lois de l’optique et l’expérimentation avec différentes combinaisons de lentilles, Boldyrev parvint finalement à son célèbre succès.
En plaçant plusieurs lentilles dans un cadre en carton, il parvint à créer un objectif simple mais très efficace qui lui permit de réaliser une photographie. / Tonte de moutons
A l’aide de son grand-angle et d’un obturateur instantané, Boldyrev connut la gloire photographiant des paysages, à l’arrêt et depuis un train en mouvement. / Un vendeur de vin cosaque de Tsymlyanskaya
La plupart des photographies de Boldyrev sont des scènes de la vie quotidienne que l’artiste reproduit avec précision. La collection de photographies réalisées dans sa contrée natale est, sans doute, la plus intéressante. /  Cosaques arrosant le jardin
“L’Album du Don” est une collection de photographies que Boldyrev intitula “Vues et typologies de la seconde région du Don (1875-76)”. Elle est composée d’une douzaine d’images fascinantes réalisées par le photographe dans les villages cosaques où il séjourna régulièrement en été. / Cosaque âgé de 75 ans
Ces photographies ne sont pas un compte-rendu, mais des arrangements fins, non-intrusifs, créés par un réalisateur magistral. Ce sont des images comme “L’ataman inspecte des unités cosaques”, “Les adieux d’un cosaque qui part en service”, “Famille cosaque en vacances” et autres scènes de la vie quotidienne de ses compatriotes cosaques. / Cosaques de retour du marché à Tsymlyanskaya
Nous sommes face à une galerie représentative de cosaques du Don: serviteurs loyaux, souvent obtus, fidèles à leurs coutumes et traditions, farouchement attachés à la liberté. Ce n’est pas un hasard s’ils sont souvent appelés “cosaques libres”. / Une famille cosaque en vacances.
Les cosaques du Don composaient la plus grande armée de l’Empire russe. Leur nom est historiquement lié au fleuve Don (un fleuve de la partie européenne de la Russie), car les cosaques s’installèrent sur ses rives. /  Le Don face au village Tsymlyanskaya
L’histoire des cosaques du Don remonte au 15e siècle. Selon le recensement de 2002, plus de 140 000 personnes se considèrent comme cosaques en Russie uniquement. / Rassemblement pour service
A travers l’histoire de l’Empire russe, les cosaques étaient “libres” et servaient l’empire sous conditions spéciales, moins strictes. Ils étaient, par exemple, exemptés du paiement d’impôts et taxes, et leur commerce n’était pas soumis aux taxes. /  Bergers. Tsymlyanskaya, 1875-1876
Cette image représente des cosaques du 19e siècle. A l’époque, les cosaques quittaient la maison à l’âge de 17 ans pour servir 3 ans dans un régiment, revenir à la maison pour 2 ans, repartir au service, et ainsi de suite quatre ou cinq fois. / Tsymlyanskaya
Les cosaques apprenaient à monter à cheval à l’âge de 5 ans à peine. A 7 ans, ils apprenaient à tirer, à 10 ans, à manier l’épée. L’entraînement était permanent et physiquement éprouvant. Parallèlement, dès 6 ans les cosaques aidaient leurs ainés fans les champs et avec le bétail. / Rassemblement de cosaques à la ferme Gunotov au village Esaulovskaya
Les cosaques du Don ont également laissé une trace dans la culture. Le roman Le Don paisible, acquit une renommée internationale au 20e siècle. En 1934, le roman fut publié en anglais, en 1965, son auteur Mikhaïl Cholokhov, reçut le Prix Nobel de littérature avec la mention “Pour la force et l’intégrité artistique de ce récit sur les cosaques du Don, à une époque cruciale pour la Russie.” / Vue sur une fête dans un vignoble. Territoire du 2erégiment du Don dans le village Tsymlyanskaya
Dans ces photographies, transparaissent la vision originale de l’artiste, sa compréhension de la situation ainsi que sa capacité à donner une expression précise à une forme graphique concise. Boldyrev peut, à juste titre, être considéré comme un artiste important et particulier qui contribua grandement au développement de la photographie russe. / Les adieux d’un cosaque qui part en service

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