Comment l’Union soviétique planifiait d’écraser l’Otan en une semaine

Mikhail Kuhtarev/Sputnik
Moscou était sûr de pouvoir briser son principal ennemi tout en évitant l’éclatement d’une apocalypse nucléaire à grande échelle.

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Pendant la guerre froide, les deux superpuissances rivales – l’URSS et les États-Unis – étaient prêtes à tout moment à déclencher une guerre ouverte entre elles. Tout le monde était sûr qu’une éventuelle troisième guerre mondiale serait nucléaire et qu’elle garantirait une destruction mutuelle assurée (DMA).

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Cependant, en 1979, les Soviétiques ont élaboré un plan pour écraser leurs pires ennemis tout en évitant l’apocalypse nucléaire générale. Le plan « Sept jours jusqu’au Rhin » (rendu public en 2005 seulement par le ministère polonais de la Défense) promettait que les forces de l’Otan en Europe seraient écrasées en une semaine seulement.

Un défilé militaire sur la place Rouge à l'occasion du 55e anniversaire de la révolution d'octobre

Réponse à l’agression

Moscou pensait que l’Otan frapperait en premier. Selon le plan, l’Alliance devait attaquer 25 cibles en Pologne le long du fleuve de la Vistule avec des bombes nucléaires, transformer le pays en une zone polluée et dévastée et couper efficacement les troupes soviétiques en Allemagne de l’Est, en Hongrie et en Tchécoslovaquie de leurs principales bases en URSS.

Néanmoins, cela devait immédiatement déclencher une action du Pacte de Varsovie. Les forces nucléaires soviétiques devaient ainsi frapper l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et le nord de l’Italie. Le quartier général de l’Otan à Bruxelles serait donc détruit.

Exercices de combat des parachutistes

Ne pas frapper les États-Unis, la France et le Royaume-Uni était une stratégie pour créer une division entre les alliés occidentaux. Les Soviétiques savaient que ce n’était pas le commandement général de l’Otan qui prenait les décisions, mais que c’étaient les dirigeants américains, français et anglais qui décidaient séparément comment et quand utiliser leurs armes nucléaires. Par cette manœuvre, l’URSS les mettait devant un choix difficile : utiliser les armes nucléaires contre les Soviétiques et être certainement atomisés en retour, se battre sans utiliser de capacités nucléaires ou même rester en dehors du conflit. Compte tenu des relations compliquées entre l’Otan et la France, qui a quitté l’Otan en 1966 (quoiqu’elle continuait de coopérer avec), une telle perspective n’était pas tout à fait invraisemblable.

Une fois les attaques nucléaires effectuées, l’armée soviétique, allemande de l’Est et tchécoslovaque planifiaient de franchir les lignes ennemies en direction du Rhin. Comme les chars de l’alliance étaient plusieurs fois en quantité inférieure, les Soviétiques étaient sûrs de leur succès. En même temps, l’Autriche, neutre dans ce conflit, mais stratégiquement importante, devait être également attaquée et occupée par les Hongrois.

Pendant que les troupes de débarquement soviétique devaient s’emparer d’importants ponts sur les rivières, l’aviation du Pacte de Varsovie avait pour but de détruire les aérodromes et les bases militaires de l’Otan en Europe.

Cette importante mission était confiée à la marine soviétique. Sa tâche n’était rien de moins que de couper toutes les communications entre les États-Unis et le Vieux continent dans l’Atlantique et d’empêcher les Américains d’envoyer des renforts à leurs alliés. Les sous-marins soviétiques traqueraient et détruiraient l’atout majeur des États-Unis : les groupes d’attaque de porte-avions. Pendant ce temps, les sous-marins soviétiques dans l’océan Arctique devaient être prêts à répondre à une éventuelle attaque nucléaire des États-Unis.

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Un plan naïf

Moscou croyait que si tout se déroulait selon le plan, les forces principales de l’Otan seraient écrasées en sept jours. Si nécessaire, l’armée soviétique poursuivrait son avancée vers la France. Les dirigeants occidentaux, choqués et surpris, n’auraient pas d’autre choix que de s’assoir à la table pour des négociations et la guerre nucléaire à grande-échelle pourrait être évitée.

Exercice de combat des parachutistes

Le commandement soviétique a toutefois complètement ignoré la doctrine de défense collective de l’Otan, proclamée en 1949 dans le Traité de l’Atlantique du Nord, qui indique que l’attaque d’un membre de l’alliance signifie l’attaque contre tous dans l’alliance. L’Otan était prête à déclencher une guerre à grande échelle en cas de bombardement d’un seul pays membre, qu’il possède ses propres armes nucléaires ou non.

Même les plus proches alliés des Soviétiques au sein du Pacte de Varsovie considéraient le plan de « Sept jours jusqu’au Rhin » comme trop optimiste et presque impossible à réaliser. Pourtant, l’Union soviétique a organisé des exercices secrets pour effectuer ce plan pendant 10 ans, jusqu’à la fin des années 1980.

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