En images: à quoi ressemblait la vie dans l’Asie centrale soviétique?

Nourdjemal Chanazarova, laborantine du département de sélection du coton et des matières premières. République soviétique du Tadjikistan.

Nourdjemal Chanazarova, laborantine du département de sélection du coton et des matières premières. République soviétique du Tadjikistan.

S. Rozyïev/TASS
Il y avait 16 républiques en Union soviétique, chacune d'entre elles possédant une saveur singulière, mais toutes bâtissant ensemble une seule et même nation communiste. De quoi cela avait-il l’air? Examinons aujourd’hui le cas des cinq républiques asiatiques: le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan et le Tadjikistan, au travers de photographies d’archives.

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Enfants

L'une des principales tâches de l'URSS était l'élimination de l'analphabétisme et de nouvelles écoles sont alors sorties de terre dans toute l'Union, y compris pour les adultes. L’on y enseignait tant le russe que les langues minoritaires. Les enfants apprenaient à aimer le Parti et Lénine dès leur plus jeune âge et de nombreux pionniers (l’équivalent soviétique des scouts) d'Asie centrale avaient non seulement l’opportunité de visiter la capitale de leur république respective, mais aussi Moscou.

À l’école, Ouzbékistan, années 1930

Pionniers kazakhs à Moscou, 1935

Pionniers, Ouzbékistan, années 1930

À la veille du 1er septembre, jour de la rentrée scolaire, Tadjikistan, 1972

Écoliers-pionniers du Kirghizstan, 1975-1976

Le jour des pionniers au Tadjikistan, 19 mai 1972

Kolkhoziens

La collectivisation, c'est-à-dire l'unification des fermes paysannes individuelles en fermes collectives, n’a pas épargné les républiques asiatiques. L’on a alors assisté à des flux de populations de toute l’Union vers le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan et le Tadjikistan. Ces citoyens ont ainsi conquis les terres vierges et développé l'agriculture.

Le premier tracteur en Ouzbékistan, 1929

Ouzbékistan, récolte du coton, années 1970

Fiodor Frolov, assistant de conducteur de moissonneuse-batteuse, devant le plan septennal de développement de l’agriculture, dans une salle de la Maison de la culture du sovkhoze Krasnodonski. Kazakhstan, 1959

Trayeuses au Kirghizstan, années 1970

Un élévateur à grains avec emblème de l’URSS, Kazakhstan, 1959

Étudiants dans les terres vierges, Kazakhstan, 1952

Travailleurs

L'industrialisation de l'Asie centrale battait également son plein. Des chemins de fer, des usines, des centrales hydroélectriques et des canaux ont été construits ici. D'ailleurs, les travailleurs locaux les plus efficaces – ceux que l’on appelait les stakhanovistes – étaient continuellement encouragés depuis Moscou, puisque leur étaient accordés des prix et l’on écrivait à leur sujet dans les journaux et les magazines de toute l'Union.

Des constructeurs kazakhs du Turksib, l’un des principaux chantiers du premier plan quinquennal de l’industrialisation stalinienne. Ce chemin de fer a relié la Sibérie, le Kazakhstan et le Kirghizstan. Années 1930

Chantier du barrage de Toktogul, Kirghizstan, 1975-1976

Travaux de construction sur le grand canal de Ferghana. Grâce à ce canal de 350 km, l'irrigation de plus de 500 000 hectares de terres en Ouzbékistan, au Kirghizstan et au Tadjikistan est devenue possible. 1939.

Des kolkhoziens de la région de Tachkent se sont rendus sur le site de construction de l’usine géante de Tchirtchik, qui produisait littéralement tout – des bombes aériennes aux tracteurs. Années 1930

La stakhanoviste tadjike Guemouline Gueledjieva, 1936

Près d’une maquette de train, Ouzbékistan, 1930-1949

Maria Nassilbaïeva, pupille d’un orphelinat et stakhanoviste de la fabrique de filature de coton d'Alma-Ata (actuelle Almaty). Avec ses amies de brigade, elle a réalisé le plan à 200% des objectifs initialement prévus. Extrait des archives du magazine « Ogoniok », 1950.

Coloris national

Les autorités de Moscou soutenaient le développement de l'artisanat local et appréciait la production de produits « exotiques ». Grâce aux républiques de l'Union, les habitants de la partie centrale de l'URSS pouvaient ainsi acheter des tapis, qu'ils aimaient accrocher au mur, et déguster de délicieux fruits. De leur côté, les Centrasiatiques pouvaient utiliser les inventions des concepteurs de la capitale – et par exemple écouter la radio même dans les steppes.

Rizamat Moussamoukhamedov, le meilleur vigneron d'Ouzbékistan, a créé une variété spéciale de raisins dans sa république, le Rundweiss. 1939

Marchand de melons, Ouzbékistan, années 1930

Audience de députés, Ouzbékistan, années 1950

Pause thé, Ouzbékistan, années 1930

Chasseur à l’aigle, Kazakhstan, 1963

Un berger et sa radio dans les terres vierges du Kazakhstan. 1952

Famille de bergers près de leur iourte dans les terres vierges. 1952

Chameaux dans les steppes du Kazakhstan, août 1952

Garde-frontière au Turkménistan, années 1930

Sculpture sur bois, Tadjikistan, années 1950

Architecture

Bien qu'il était impossible pour la plupart des citoyens soviétiques de voyager à l'étranger, beaucoup pouvaient parcourir les républiques de l'Union : les Moscovites pouvaient par exemple découvrir Alma-Ata ou Tachkent dans le cadre de circuits spéciaux. De nombreuses villes d'Asie centrale ont conservé leurs bâtiments historiques, mais de nouvelles villes ont alors été construites dans le style du modernisme ou du constructivisme soviétique.

Circuit passant par les capitales des républiques socialistes soviétiques d’Asie centrale. Un groupe de touristes devant le Musée Lénine de Tachkent, 1972.

Hôtel « Ouzbékistan » à Tachkent, 1974-1976

Gare ferroviaire à Achkhabad, capitale du Turkménistan, années 1940

Cinéma « Achkhabad » à Achkhabad, années 1940

Propagande

De nombreux toponymes d'Asie centrale ont été remplacés par des noms soviétiques. Ainsi, la ville kazakhe d'Akmolinsk (hier Astana et aujourd'hui Nour-Soultan) est par exemple devenue Tselinograd à l'époque soviétique. La capitale du Tadjikistan, Douchanbé, portait quant à elle le nom de Stalinabad. Dans chaque grande ville, se dressait systématiquement un monument à Lénine et de nombreux bâtiments étaient décorés de mosaïques de propagande dans le style soviétique. Les rues étaient également baptisées « rue de la Révolution », « rue Gorki », « rue de la Paix », comme dans de nombreuses autres villes d'URSS.

« Je sais, que la ville sera », Nourek, Tadjikistan, années 1960

Quartier résidentiel en Ouzbékistan, fin des années 60 – début des années 70

Square de la Révolution, Tachkent, 1930

« Gorki est le fondateur du réalisme socialiste », 1930-1949

Monument à Lénine, Andijan, Ouzbékistan, années 1930

Célébration du 350e anniversaire de la ville d’Ouralsk (aujourd’hui nommée Oural), Kazakhstan, 4-5 septembre 1964

Monument à Lénine à Achkhabad, Turkménistan, années 1930

Vie quotidienne

L'Asie soviétique était majoritairement musulmane. Comme dans toute l'URSS, y a été menée une politique de suppression de la religion et de propagande de l'athéisme. Les mosquées étaient fermées, voire détruites. Cependant, le système religieux n'a pas été complètement anéanti, et l’on y trouvait des structures musulmanes officielles, qui étaient entièrement contrôlées par l'État. La prière n'était pas interdite, mais par exemple, les travailleurs étaient officiellement libérés du Ramadan. La collecte de fonds pour les pauvres était quant à elle totalement interdite – après tout, dans l'État soviétique, cela n'était prétendument pas nécessaire.

Visite de Leonid Brejnev en Ouzbékistan, 1970

Au balcon d’un restaurant sur le lac Issyk, Kazakhstan, 1961

Chaude journée au barrage de Nourek, Tadjikistan, 1977

Les alpinistes et randonneurs soviétiques se sont rués pour conquérir les sommets du massif de Pamir.

Il y avait de nombreux points de peuplement spéciaux pour les déportés en République soviétique kazakhe. C'est là-bas que les Allemands de la Volga et les Tatars de Crimée ont été réinstallés. En outre, on comptait plusieurs camps du Goulag au Kazakhstan, dont le plus célèbre était le Camp pour épouses de traîtres à la patrie d’Akmola, où les femmes étaient envoyées uniquement parce que leurs maris étaient condamnés comme « ennemis du peuple ».

Zone de camp au Kazakhstan, années 1970

C’est dans les steppes du Kazakhstan que le premier cosmodrome soviétique, Baïkonour, – que la Russie loue et utilise encore aujourd'hui – est apparu. C'est d'ici que Iouri Gagarine, Valentina Terechkova et Alexeï Leonov ont effectué leurs premiers vols dans l’espace.

Gagarine avant son décollage à Baïkonour

Dans cet autre article, nous vous expliquons ce que les touristes étrangers étaient autorisés à voir en URSS.

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