Moskvitch, un créateur de tendance soviétique inspiré par Ford et Opel

Les voitures de Moskvitch étaient un symbole de la classe moyenne soviétique. L'usine, fondée avec l'aide des constructeurs automobiles de Detroit, finit par se retrouver en faillite après l'effondrement de l'URSS.

Le 6 novembre 1930, le gouvernement soviétique annonçait fièrement l'ouverture de la nouvelle usine automobile Moskvitch. L'usine automobile, dont le nom signifie littéralement « Moscovite », était l'un des pionniers de l'industrie automobile soviétique, aux côtés d'AMO ZIL.

Les Soviétiques ont invité des professionnels américains de la Ford Motor Company à installer des capacités de production et des chaînes de montage de renommée mondiale. Les experts de Detroit étaient désireux de conquérir l'URSS avec leurs modèles à succès.

Mais les Soviétiques ont réussi tous seuls. La nouvelle usine automobile a rapidement cessé de produire des véhicules Ford et est passée à l'assemblage de modèles GAZ dans une autre usine de moteurs de Gorki (aujourd'hui Nijni-Novgorod).

En 1939, l'usine produisit sa première voiture compacte, la KIM-10, uniquement à partir de pièces de fabrication nationale. Cette voiture est maintenant une rareté, puisque l'usine a réussi à assembler seulement 450 unités avant l'invasion nazie en juin 1941.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'usine Moskvitch a été relocalisée à Sverdlovsk (aujourd'hui Ekaterinbourg) dans l'Oural, où elle a produit du matériel militaire.

Après la capitulation de l'Allemagne nazie, les Soviétiques ont acquis la totalité de la chaîne de fabrication d'Opel dans le Brandebourg. La toute nouvelle Moskvitch-400, sortie de la ligne de production en 1947, était en fait une Opel Kadett repensée.

Mais les constructeurs soviétiques ne comptaient pas uniquement sur la technologie allemande. Les modèles suivants de la ligne 400 ont acquis de nouvelles caractéristiques, des moteurs plus lourds, une carrosserie plus robuste et une apparence plus sophistiquée.

Rassemblement Moscou-Sébastopol, 1959

Dans les années 1950-1960, Moskvitch ne s'est pas reposé sur ses lauriers. L'usine a assemblé des dizaines de milliers de nouvelles voitures chaque année et produisait de nombreux modèles, dont la très appréciée berline Moskvich-407, récompensée à l'Expo 58 de Bruxelles.

Equipe de course de Moskvitch en près de Turin lors du rallye Londres-Sydney

Constructeur de voitures compactes à l’origine, Moskvitch s'est avéré être une marque polyvalente avec toute une gamme de modèles et même des voitures de course.

Une famille belge pose avec la nouvelle Moskvitch

Dans les années 1970, Moskvitch exportait la moitié de sa production.

Sur le marché intérieur, le modèle 412 a été un succès avec son prix abordable et sa fiabilité sur les routes non conformes aux normes.

Comme les véhicules Volga et Lada étaient fournies en nombre limité dans l'économie planifiée soviétique, Moskvitch avait une chance de parvenir à réaliser le rêve d'une voiture personnelle.

Moskvitch a fait face aux premiers signes de déclin au milieu des années 1970, ne parvenant pas à suivre le rythme de l'industrie automobile. Ses nouveaux modèles 2140 et 2141 laissaient beaucoup à désirer en termes d'intérieur et d'extérieur.

La crise économique des années 1990 a scellé le destin de ce producteur autrefois prospère. Après la dévaluation du rouble de 1998, Moskvitch se retrouva paralysé par ses dettes et insolvable.

 Une femme se tient sur le toit du bâtiment Moskvitch

En 2001, l'entreprise a fermé sa chaîne de production et, en 2006, a fait faillite. Les autorités de Moscou ont annoncé en mars 2015 que l'ancien site de l'usine dans le sud-est de Moscou serait transformé en bureaux et en hôtels.

Connaissiez-vous ces modèles de voitures soviétiques inspirés de véhicules occidentaux ?  Pour en savoir plus, n'hésitez pas à vous diriger vers notre article.

Les droits sur cette publication sont la stricte propriété du journal Rossiyskaya Gazeta

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.

À ne pas manquer
Plus d'histoires et de vidéos passionnantes sur la page Facebook de Russia Beyond.

Ce site utilise des cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter les cookies