Les Russes boivent plus de cognac qu’avant la crise

Eugene Odinokov / RIA Novosti
Les livraisons en Russie de brandy, y compris de cognac français, ont augmenté en dépit la crise. Ceci est dû au fait que les Russes ont cessé d'économiser sur l'alcool coûteux et que les importateurs importent des produits en profitant du faible taux de change du dollar.

À la fin de l’année 2014, avec le début de la crise économique, les importations ont connu un décrochage marqué. Une hausse des importations de vin n’a ensuite été enregistrée en Russie qu’en septembre 2016 et, au début de l'année 2017, l’alcool fort a à son tour affiché une hausse des importations.

Selon le BNIC (Bureau interprofessionnel national des cognacs), les livraisons de cognac dans le pays ont augmenté de 73,2% au cours des 12 mois écoulés jusqu’au 31 juillet dernier, sur fond d’intérêt renouvelé des Russes pour cette boisson.

Les experts russes confirment la croissance des flux de boissons en provenance de l'étranger. En janvier-juillet 2017, on a importé 100 000 litres de plus de cognac français qu'avant la crise, a déclaré à RBTH Vadim Drobiz, responsable du Centre pour le marché de l’alcool fédéral et régional (IDFRA), sur la base des données des douanes du pays.

Ainsi, en janvier-juillet de l'année dernière, les Russes ont consommé 1,1 million de litres de cognac, durant la première année de crise (2015) – 1,2 million de litres ; en 2014 – 1,4 million de litres et en janvier-juillet 2017 – 1,6 million de litres de cette boisson.

« La France est le deuxième exportateur de brandy vers la Russie, a déclaré l'expert. Le brandy géorgien est en tête, avec 2 millions 430 000 litres fournis en janvier-juillet 2017 ».

« À elles deux, Géorgie et France fournissent 80% du brandy exporté vers la Russie. La troisième place est occupée par l'Arménie, qui a exporté 1 million 100 000 litres en Russie durant la même période », explique Drobiz.

Causes de la hausse des importations

Selon l'expert, deux raisons expliquent l'augmentation des importations de brandy. La première est la croissance de la consommation, mais elle négligeable – à hauteur de 5–7%.

« Si l’on parle de la croissance de la consommation d'alcool en dépit de la crise, vous devez vous souvenir de 1998 et de 2008, décrypte Drobiz. En analysant le marché de l'alcool russe, j'ai alors remarqué que les femmes, qui sont les principaux consommateurs de produits légers à base de vin, tiennent sans vin importé pendant un an et demi, mais ne peuvent pas se refuser des petits plaisirs plus longtemps. Il est important pour elles d'avoir une bouteille de vin étranger coûteux sur leur table. Les hommes ont supporté six mois de plus et une demande d'alcool importé coûteux n'est apparue qu'en 2017 ».

La deuxième raison de cette augmentation des livraisons de brandy vers la Russie est la volonté des importateurs d’acquérir la production alors que le dollar se déprécie. « Ils créent une réserve en cas de hausse des prix », précise Drobiz.

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