Trois combattantes russes devenues célèbres sur le champ de bataille

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L’histoire russe compte nombre de preux chevaliers célèbres, mais les femmes russes surent également se montrer fortes, disputant aux hommes les places qui étaient traditionnellement réservées à leurs confrères hommes sur le champ de bataille. RBTH vous parle de ces femmes fortes russes : la princesse de la Rus’ de Kiev Olga, la « Jeanne d’Arc russe » Aliona Arzamasskaïa et la « star » des guerres napoléoniennes Nadejda Dourova.

1. Princesse Olga – une femme plutôt rancunière

/ Sergei Kirillov/ Sergei Kirillov

La princesse Olga fut l’un des premiers dirigeants de la Rus’ de Kiev, l’État qui précéda la Russie contemporaine. Elle régnait au Xe siècle et peu de détails de sa vie sont connus. L’histoire la plus saisissante est celle de sa vengeance pour la mort de son époux, le prince Igor de Kiev. Alors qu’il levait tribut (impôt) chez les Drevliens, une tribu soumise au pouvoir de Kiev, le prince Igor fut assassiné. Selon les archives, la tribu jugea ce lever de tribut injustifié et s’insurgea quand Igor l’exigea à plusieurs reprises. Ainsi, les Drevliens se révoltèrent, assassinèrent Igor et demandèrent à Olga si elle accepterait d’épouser leur prince.

Olga ne s’opposa pas publiquement à leur proposition, mais fit secrètement assassiner tous ceux que les Drevliens envoyèrent négocier ce nouveau mariage. Par la suite, elle envoya une expédition militaire sur le territoire des Drevliens et assiégea leur capitale Iskorosten. La princesse demanda trois colombes et trois moineaux à chaque famille. Quand les Drevliens acceptèrent cette demande, Olga ordonna qu’on attache une paille enflammée à chaque oiseau avant de les renvoyer à leurs propriétaires. Ainsi, à cause de ces oiseaux de feu, la ville entière fut brûlée. Les survivants furent assassinés ou vendus en esclavage. Cependant, la princesse Olga reformera le système de lever de tribut afin de désamorcer toute controverse future à ce sujet.

2. Aliona Arzamasskaïa, la Jeanne d’Arc russe

/ Stanislav Krasilnikov / TASS / Stanislav Krasilnikov / TASS

Aliona d’Arzamas, ville située à environ 400 km au sud-est de Moscou, est souvent baptisée la « Jeanne d’Arc russe ». Alors que son homologue française combattait les envahisseurs étrangers, les Britanniques, Arzamasskaïa affrontait les troupes envoyées par le tsar russe. C’était une cheffe cosaque qui participa au soulèvement mené Stepan Razine en 1670. Razine, également Cosaque, parvint à réunir des milliers de paysans sous son drapeau et à défier les autorités russes de l’époque. Compte tenu de l’ampleur du soulèvement, l’épisode fut appelé «  Guerre paysanne » à l’époque de l’Union soviétique.

Avant de rejoindre les forces rebelles, Arzamasskaïa était nonne. Pourtant, quand le soulèvement éclata, elle s’affirma en tant que chef militaire compétent et comptait plusieurs centaines de combattants sous ses ordres. Dans les batailles contre les commandants du tsar, elle afficha un courage exemplaire. Quand les soldats russes parvinrent enfin à encercler ses troupes et à entrer dans l’église que son régiment défendait, Arzamasskaïa fut la dernière à être capturée. Elle avait épuisé toutes ses flèches et était à genoux, en pleine prière, quand les soldats russes la capturèrent.

Le comportement d’Arzamasskaïa suite à sa capture étonna tout le monde. Elle ne se laissa pas briser par la torture et affronta la mort avec audace, même lorsqu’elle était soumise à la torture des flammes. Elle ne prononça pas un mot pendant son exécution. Selon la légende, aucun des soldats ne pouvait tenir son arc, car ils n’étaient pas assez forts pour tirer. Arzamasskaïa semblait posséder une force physique extraordinaire.

3. Nadejda Dourova, la femme devenue homme

/ Getty Images/ Getty Images

Nadejda Dourova devint célèbre pendant les guerres napoléoniennes du début du XIXe siècle. Elle dissimula son identité et rejoignit les rangs de l’armée en se faisant passer pour un homme. Ayant grandi dans la famille d’un officier, elle se familiarisa avec les particularités du service militaire dès son plus jeune âge. Comme l’écrit Dourova dans ses mémoires : « Une selle fut mon premier berceau. Un cheval, des armes et la musique militaire furent les premiers jouets et divertissements de mon enfance ». Ses biographes souligneront que sa fascination pour l’armée fut renforcée par sa relation tendue avec sa mère.

À l’âge de 18 ans, Dourova se marie et donne rapidement naissance à un enfant. Pourtant, la vie domestique ne l’enchantait pas. Elle fuit rapidement avec un officier cosaque et décide finalement de rejoindre l’armée. À l’époque, une telle démarche n’était possible que si elle se faisait passer pour un homme. Elle s’engage dans la cavalerie du Régiment lituanien d’Uhlan sous le nom d’Alexandre Sokolov. Dourova combattra à la guerre contre Napoléon en Prusse en 1806–1807 et, pour son courage, sera décorée de la Croix de Saint-Georges, une médaille instaurée peu auparavant.

Dourova n’avait pas gardé de contact avec sa famille, mais son père parvint à la retrouver et son identité fut dévoilée. Finalement, l’histoire de cette femme extraordinaire parvint aux oreilles de l’empereur Alexandre Ier. Il rencontra Dourova et décida de lui permettre de poursuivre son service militaire. Sous le nouveau nom d’Alexandre Alexandrov, en l’honneur de l’empereur, elle fut assignée à une autre unité de cavalerie. Pendant l’invasion française en Russie en 1812, elle devint officier d’ordonnance du commandant en chef. Suite aux demandes répétées de son père, Dourova quittera l’armée en 1816. Pourtant, même quand elle cessa de combattre, elle préféra être appelée par son nom masculin.

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