Les ossements appartenant probablement à un soldat russe découverts dans la Marne

Archives de Gérard Gorokhoff et Andreï Korliakov
Une expédition franco-russe réalise ses premières découvertes

Fouilles dans la Marne. Crédit : Société militaro-historique russeFouilles dans la Marne. Crédit : Société militaro-historique russe

Des ossements humains, appartenant probablement à un soldat russe de la Grande guerre, ont été découverts le 25 août par les membres de l’expédition franco-russe organisée dans la Marne sur les lieux d'une des batailles de la Première Guerre mondiale, qui a eu lieu non loin du village de Courcy, près du Mont Spin.

Crédit : Société militaro-historique russeCrédit : Société militaro-historique russe

Ce fut l'un des épisodes les plus tragiques de l'offensive Nivelle où, il y a 100 ans, des brigades du Corps expéditionnaire russe ont subi d'énormes pertes. Un bouton trouvé dans la zone de l'épaule du squelette, portant une inscription en russe (la marque de l’usine avec le nom de son fondateur) permet de supposer qu’il s’agit de la dépouille d’un soldat russe tombé dans cette bataille.

Crédit : Société militaro-historique russe
Crédit : Société militaro-historique russe
 
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Le 18 août, le groupe a commencé son travail dans les champs où, selon les plans de bataille d’il y a cent ans, les brigades du Corps expéditionnaire russe sont passées à l’attaque.

Parmi les trouvailles figurent les effets personnels de soldats et d’officiers de trois armées, des armes et des éléments de structures défensives. Au total, une cinquantaine d’objets très bien conservés, et une centaine de fragments d'objets de la vie quotidienne des soldats, des douilles, de petits accessoires d'uniformes et de l'équipement.

Crédit : Société militaro-historique russeCrédit : Société militaro-historique russe

« Ce sont de très bons résultats compte tenu des conditions des fouilles : terrain très dur, qui impose l’utilisation d'un piquet. La brigade travaillait dur dès le matin jusqu’au soir 19 heures tous les jours. De nombreux objets ont été trouvés à une profondeur d'environ 6 mètres », a raconté le chef de l'expédition, Alexander Emelianov.

Les représentants de la Société militaro-historique russe, qui a envoyé ses membres en France pour cette mission, ont confié à RBTH qu’une autre expédition serait organisée prochainement pour continuer les fouilles, dès que les formalités liées à la découverte auraient été réglées par les experts et les autorités compétentes sur place.

Société militaro-historique russe
Société militaro-historique russe
 
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Selon la même source, c’est le chercheur enthousiaste et passionné d’histoire Pierre Malinovski, initiateur de ce projet commun, qui a organisé l’accueil du groupe et toute la logistique sur place.

Le financement du déplacement et du séjour du groupe, qui compte deux adultes et six étudiants originaires d’Ekaterinbourg et de Smolensk, ainsi que les travaux de récupération du terrain, a été trouvé par la Société militaro-historique russe, spécialisée dans les recherches de vestiges de la Deuxième Guerre mondiale, principalement.

Le 26 août, l’ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov a rendu visite au groupe de chercheurs qui réalisent des fouilles dans un champs près de Cormicy, au pied du Mont Spin, qui accueillera en novembre prochain un obélisque à la mémoire des héros russes d’antan.

« La décision d’ériger le monument sur la colline Mont Spin, qui domine la région, a été prise parce que c’est justement cette hauteur que les brigades du Corps expéditionnaire russe et les détachements français devaient prendre le 19 avril 1917 lors d’une attaque qui faisait partie d’une opération d’envergure, la bataille du Chemin des Dames. Cette colline fut occupée par les Allemands et il faut savoir que pendant les quatre années de cette longue guerre de positions les Allemands ont érigé des fortifications presque imprenables.

Néanmoins, le 19 avril à 15h00, nos troupes ont lancé l’assaut et ont occupé cette hauteur, au prix de lourdes pertes humaines. Plus de 2.000 personnes sont tombées dans cette bataille, dont 700 sont considérées comme disparues. Pour nous c’est un lieu sacré, imprégné du sang des soldats russes. Dans ces champs gisent encore les dépouilles de nos soldats, probablement des centaines », a expliqué le diplomate.

Crédit : Service de presseCrédit : Service de presse

Il a ajouté que c’est la première fois qu’un groupe de jeunes chercheurs venus de différentes parties de la Russie se rend en France pour réaliser des fouilles sur les anciens champs de batailles, un événement rendu possible grâce au travail conjoint de la Société militaro-historique russe, de l’ambassade et des simples Français.

Il a noté que ce travail avait été très productif. « Il faudra continuer cette initiative l’année prochaine. Ce sont des moments qui renforcent les relations franco-russes, basées sur des épisodes de notre histoire commune », a conclu Alexandre Orlov.

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Le Corps expéditionnaire russe en France, naufragé des livres d’histoire

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