Français en Russie, Russes en France: ce qui leur manque le plus

TASS/Yulia Mukhamedzanova
Nombreux sont les expats et les voyageurs français séduits par les hivers enneigés russes et vice versa : les Russes ont hâte de découvrir les mœurs européennes et la gastronomie française. Mais une fois entré en terre étrangère, chacun éprouve un fort besoin de ce qui lui semblait il y a peu si accessible. RBTH a cherché à savoir ce qui manque aux Français en Russie et aux Russes en France.

La baguette et le sport vs. la mode

 / Archives personnelles Adrien / Archives personnelles« Qu’est-ce qui manque ? Le bon pain bien sûr ! », s’exclame Adrien. Pour ce jeune Français de 25 ans exerçant le métier d’ophtalmologue, c’est la nourriture de qualité qui fait le plus défaut en Russie. « J’ai été trois fois en Russie. J’ai fait le Transsibérien car c’était mon rêve depuis que j’ai commencé à lire Dostoïevski au lycée, et puis j’ai visité Moscou et Saint-Pétersbourg bien évidemment. Donc j’étais plutôt en train de découvrir, quand on est touriste on ne reste pas longtemps, mais même au bout d’une semaine on a envie d’acheter du bon pain, de la bonne viande au supermarché. La nourriture c’est quelque chose qui manque assez vite, le vin aussi ».

Selon lui, il est difficile de trouver les produits auxquels sont habitués les Français : « Nous n’avons pas la même gastronomie. On s’en aperçoit même quand on va au restaurant : si c’est des plats russes c’est très bien, mais les plats européens, franchement… c’est moins bon », sourit-il.

Juliette / Archives personnellesJuliette / Archives personnellesOutre la nourriture, les expats français qui sont restés en Russie pendant quelques années avouent que la vie sportive est moins présente dans le pays de l’Est. « Ce qui me manquait le plus c’était l’infrastructure sportive, culturelle et associative du quartier », dit Juliette, commerciale de 32 ans dans une société présente à l’international. « J’ai habité à Moscou pendant cinq ans dans le cadre du travail et il faut dire que la vie sportive française est mieux organisée, on a l’habitude d’aller à la piscine par exemple. Et à la piscine à Moscou il faut la spravka [certificat médical], c’est assez compliqué pour l’avoir, il faut qu’elle soit valide, la refaire tous les ans, la montrer au bon guichet avec un passeport, il faut prouver que tu peux nager etc. C’est trop compliqué », soupire-t-elle.

En ce qui concerne le climat, selon Juliette, le mauvais temps est souvent compensé par la façon des Russes de s’habiller : « L’hiver est long et pénible, dit-elle. Mais ce que j’ai aimé en Russie et ce qui me manque maintenant en France, c’est le goût des Russes pour les couleurs : en France tout le monde a des manteaux noirs ou gris, et à Moscou on ose le jaune moutarde en hiver ou le jaune citron au printemps – c'est moins guindé ».

Une fois rentrée en France, elle est restée très attachée aux mœurs russes et avoue qu’il y a maintenant des choses qui lui manquent dans son pays natal : « Ce que je regrette beaucoup en France, c’est qu’on ne s'habille pas élégamment… même pour les mariages. J'ai une panoplie de robes que j'ai ramenées de la Russie et que je réussis à mettre une fois par an maximum à l'occasion d'un mariage ou d'un anniversaire. Et je suis souvent la plus habillée… », avoue-t-elle. 

Manque de froid et de pharmacie à la russe

Anna / Archives personnellesAnna / Archives personnelles« Comme je viens de Saint-Pétersbourg, c’est surtout l’hiver qui me manque, avec sa neige et son froid glacial, confie Ania, qui occupe actuellement le poste d’acheteur chez Bouygues. J’aimerais beaucoup en avoir ici à Aix-en-Provence… Mais pour deux semaines, pas plus », précise-t-elle.

Arrivée en France en 2013 à l’âge de 22 ans, elle ne fait pas exception parmi les Russes expatriés qui ont toujours l’habitude de ramener des produits et des médicaments de leur pays natal.

«  Le cervelas, les flocons d’avoine bien sûr… Et puis, je pense que mon organisme est plus sensible aux médicaments russes, plus habitué. Je suis donc obligée de ramener souvent des remèdes que je connais parce que leurs équivalents en France n’ont pour moi aucune efficacité ». 

Svetlana / Archives personnellesSvetlana / Archives personnellesSvetlana, jeune assistante export de 25 ans est du même avis concernant les médicaments : « De plus, il faut souvent aller chez le médecin pour avoir une ordonnance, même pour acheter des comprimés pour la grippe, c’est pénible et inenvisageable chez nous, confie-t-elle. Ce qui me manque en France c’est peut-être aussi le fait d’avoir son médecin traitant dans le quartier et pouvoir lui demander de venir à la maison quand tu as de la fièvre par exemple. Et ici il faut parfois traverser la ville pour aller le voir. Et s’il n’est pas là il faut trouver un autre médecin traitant. Mais le problème c’est que dans ce cas on ne se fait pas rembourser intégralement », dit-elle.

Outre la médecine, les Russes sont souvent embarrassés par les horaires d’ouverture des supermarchés, banques et magasins : « On veut aller faire les courses le dimanche – on ne peut pas, tout est fermé ! Même la poste a les mêmes horaires de travail que les gens qui travaillent, au début je ne comprenais pas comment les gens arrivent à gérer ça, dit-elle. Mais à part tout cela, on est quand même très bien en France. Les Russes sont vite intégrés à la société française, les Français peut-être aussi en Russie ? Je ne sais pas ».

À en juger par l'histoire des relations franco-russes, on serait tenté de répondre par la positive. Ne dit-on pas d'ailleurs que « les grands esprits se rencontrent » ?

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