Le Paris d’Alexandre Serebriakov

Alexandre Serebriakov.

Alexandre Serebriakov.

Service de presse de l'Ambassade de Russie en France
Le Centre culturel russe, situé quai Branly à Paris, a inauguré une exposition du grand peintre Alexandre Serebriakov consacrée à la capitale française. L’exposition a ouvert au public le 10 février durera jusqu’au 9 mars.

La saison 2017 a démarré au Centre culturel et spirituel russe de Paris avec plusieurs événements. Après l’Exposition de Noël de Mikhaïl Chemiakine, consacrée à l’histoire du ballet Casse-Noisette sur la scène du Théâtre Mariinski, le Centre du quai Branly présente une collection unique d’œuvres de l’un des plus grands peintres de la diaspora russe en France, Alexandre Serebriakov.

Sur ces tableaux réalisés entre 1930 et 1940, le fils de l’artiste peintre Zinaïda Serebriakova représente Paris dans tous ses états avec le quartier fourmillant de Montmartre, les formes majestueuses de Notre-Dame, la silhouette élancée de la tour Eiffel, les ruelles sinueuses du quartier Latin et les quais de la Seine dans la brume du matin.

« En fait, c’est une vue en coupe artistique et historique du Paris de la première moitié du XXe siècle et de ce point de vue-là, les œuvres d’Alexandre Serebriakov ont une valeur exceptionnelle, car c’était un maître incontesté du paysage architectural », a déclaré à RBTH la petite-nièce du peintre et gardienne de sa collection, Anastasia Serebriakova.

Selon elle, l’exposition revêt une importance particulière, étant donné que nombre de tableaux présentés quai Branly n’ont jamais été dévoilés au public auparavant, que ce soit en France ou en Russie, où la dernière grande exposition d’œuvres d’Alexandre Serebriakov remonte à 2014.

Pavel Pavlikov, critique d’art et commissaire de l’exposition, souligne que chacun des tableaux est une invitation à faire un tour dans Paris. « La valeur des tableaux exposés est artistique, mais également historique. Ici nous avons une vue de la rue Mouffetard il y a une cinquantaine d’années. Et là c’est la place de la Concorde sous l’occupation allemande », raconte-t-il en passant d’un tableau à l’autre.

Crédit : service de presse de l'Ambassade de Russie en France.Crédit : service de presse de l'Ambassade de Russie en France.

Alexandre Serebriakov a représenté de nombreux lieux de Paris qui n’existent plus, victimes des démolitions et des transformations de la seconde moitié du XXe siècle. « Le Marais a subi de sérieuses modifications architecturales après la construction du Centre Pompidou. Les rues Beaubourg et Brise-Miche ont radicalement changé depuis les temps où le peintre s’y promenait », poursuit Pavel Pavlikov.

Tout comme sa mère, Alexandre Serebriakov eut un destin difficile. Né en 1907 dans l’Empire russe, il a reçu son diplôme en Union soviétique et est parti à l’âge de 17 ans pour Paris où il a rejoint, avec sa sœur Ekaterina, sa mère installée dans la capitale un an plus tôt.

« Alexandre Serebriakov n’a pas reçu de formation artistique. Pourtant, en grandissant dans une famille d’artistes, il a développé son talent de peintre, fait remarquer Pavel Pavlikov. C’est à Paris qu’il se tourne vers l’un de ses domaines artistiques préférés : le paysage architectural ».

Dans les années 1940 et 1950, Alexandre Serebriakov maîtrisait à la perfection l’art de la décoration intérieure. En 1934 et 1935 déjà, il a réalisé en commun avec sa mère, sur commande du baron Jean de Brouwer, mécène et collectionneur d’art, des panneaux pour sa résidence, le manoir de Ville-Pommerœul. Il connaissait bien les décorateurs français Jean-Michel Frank, Emilio Terry et Stéphane Boudin, l’architecte Georges Geffroy et le dessinateur Paul Rodocanachi. Seul ou en coopération avec ces derniers, Alexandre Serebriakov a exécuté l’aménagement intérieur de musées, de magasins et de villas.

« Alexandre Serebriakov était un touche à tout qui a abordé presque tous les domaines artistiques. Il a réalisé un grand nombre de tableaux, d’œuvres liées à l’architecture, à la peinture de chevalet et au graphisme, et a travaillé pour le théâtre, le cinéma et l’art appliqué, a noté Pavel Pavlikov. Il a beaucoup voyagé en France et dans les autres pays d’Europe, mais Paris est à jamais resté la ville de sa vie, et le paysage parisien, le genre préféré de son œuvre ».

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