Gothique flamboyant: une représentation d'artistes russes s'attire les foudres de l'Église

Evgenia Novojenina/Sputnik
Alors que la semaine de Maslenitsa touchait à sa fin, un artiste russe a souhaité respecter les traditions à sa manière et a pour cela vu les choses en grand, quitte à susciter la colère de l'Église orthodoxe. Russia Beyond revient sur cette performance impressionnante qui n'a pas fait l'unanimité.

Ce week-end a marqué la fin de Maslenitsa en Russie, fête traditionnelle célébrant l’arrivée du printemps. En plus de manger des tonnes de blinis (crêpes russes), une autre coutume est d’y brûler un épouvantail symbolisant l’hiver. Néanmoins, certaines personnes préfèrent se livrer à des spectacles de plus grande envergure.

L’artiste German Vinogradov lors de cette performance, consacrée à la fête de Maslenitsa, à Nikola-Lenivets, dans la région de Kalouga.

À Nikola-Lenivets (217 kilomètres au sud-ouest de Moscou), village et parc artistique pittoresque de la région de Kalouga, un groupe d’artistes érige chaque année une œuvre géante, avant d’y mettre le feu. La structure est toujours impressionnante et semble être tirée du film The Wicker Man.

Pour cette édition 2018, Nikolaï Poliski, créateur du parc, a, avec l’aide de locaux, bâti une œuvre d’art en bois de 30 mètres de haut, en forme de cathédrale catholique. Cette dernière a ensuite, conformément à la tradition, été la proie des flammes.

Vinogradov, quelques secondes après avoir mis le feu à l’installation.
Les spectateurs, époustouflés, contemplent la structure enflammée.
Il n’a suffi que de quelques secondes pour que l’œuvre toute entière soit en feu.

« Une cathédrale naissant des flammes. C’était intéressant de regarder le feu comme une puissance créatrice, dessinant des images devant vos yeux », a confié Poliski. Le projet était par ailleurs intitulé Le Gothique Flamboyant.

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Mais cette représentation artistique n’a pas été du goût de tous. L’Église orthodoxe a en effet condamné cet acte. « À mes yeux, il n’y a pas de message positif derrière une telle action. L’acte de brûler une église, une église chrétienne, soulève de nombreuses questions », a ainsi déclaré sur les ondes de la radio Govorit Moskva Vakhtang Kipchidze, vice-président du département synodal de communication entre l’Église et la société et la presse.

Mise à jour : Les organisateurs de l’événement ont par la suite officiellement assuré que la construction brûlée n’était en rien la représentation d’une cathédrale gothique. « Nous n’avons mis le feu à aucune église. C’est un bûcher, dans les flammes duquel devait apparaitre notre version du style architectural du Gothique flamboyant. Cela n’avait aucun rapport avec la religion et n’avait rien d’anticlérical. Ce n’était pas une cathédrale, il n’y avait ni croix, ni autel, rien. C’était simplement un bûcher », a ainsi soutenu Polisski, interrogé par l’agence de presse RIA Novosti.

Il a par ailleurs précisé que les personnes présentes lors de l’événement n’avaient pas qualifié cette structure de « cathédrale », mais de « château ». « Cette association est venue à l’esprit des gens qui en ont vu les images. Le feu y dessinait justement le style architectural du Gothique flamboyant … Mais ce style ne se limite pas aux constructions religieuses », a-t-il conclu.

Nikola-Lenivets est un parc unique en son genre, qui attire de nombreux touristes. Russia Beyond vous y emmène pour une balade inspirante, par le biais de cet autre article.

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