Tourisme: Kazan, le «miracle tatar» à portée de main

Erwann Pensec
Kazan, la capitale de la République russe du Tatarstan, accueille chaque année de plus en plus de visiteurs. Rien d'étonnant, cette cité millénaire, en plus de disposer d'atouts indéniables qu'elle a su mettre en valeur, est loin de se reposer sur ses lauriers et se développe à un rythme effréné. Petit détour par les terres de cette héritière de la Horde d'Or.

Un dynamisme à toute épreuve

Du haut de ses 1,2 million d'habitants, Kazan (720 kilomètres à l'est de Moscou) est aujourd'hui la sixième ville de Russie. Néanmoins, elle est régulièrement qualifiée de « troisième capitale du pays » en raison de sa richesse culturelle et économique. Dotée d'un patrimoine architectural unique et d'une identité propre, cette ville est parvenue au fil du temps à asseoir ses positions dans le secteur touristique.

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Il y a quelques années déjà, en 2014, le site TripAdvisor, dans son classement annuel des destinations touristiques mondiales connaissant le développement le plus dynamique, avait placé Kazan en 8ème position (3ème en Europe). Le 4 mai dernier, la capitale du Tatarstan s'est même vu attribuer le prix de la Pomme d'Or, sorte d'Oscar touristique décerné par la Fédération internationale des journalistes et écrivains du tourisme.

En 2016, selon le rapport du Comité d'aide au développement touristique de Kazan, 2,5 millions de visiteurs (dont 2500 Français) s'y sont rendus, un chiffre en hausse de 16% par rapport à l'année précédente. Selon Aïgoul Balakhontseva, chef de département au Comité d'État du tourisme de la République du Tatarstan, cela s'explique notamment par le fait que Kazan a, ces dernières années, accueilli un nombre important d'événements de portée internationale, tels que l'Universiade d'été en 2013 et les Championnats du Monde de natation en 2015. Elle sera également l'hôte de plusieurs matchs de la Coupe des Confédérations 2017 et de la Coupe du Monde de football 2018.

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Grâce à cela, les infrastructures de la ville ont fait l'objet d'une modernisation intensive, et sont aujourd'hui capables de répondre aux souhaits des visiteurs les plus exigeants. Métro rénové et agrandi, gare flambant neuve, hôtels de haut standing, stade futuriste, routes impeccables, immeubles modernes poussant çà et là, rien ne semble pouvoir arrêter Kazan dans sa course.

Un autre projet est par ailleurs vivement attendu par les acteurs touristiques locaux : la construction de la ligne de chemin de fer à grande vitesse Moscou-Kazan, qui devrait voir le jour d'ici quelques années et qui permettra de joindre les deux villes en seulement 3h30, contre 12h actuellement. « L'achèvement de ce projet sera une étape cruciale pour le développement du tourisme à Kazan, puisqu'il facilitera le déplacement des touristes, tant russes qu'étrangers, ces derniers étant très intéressés par la visite de ce qui est souvent présenté comme les trois capitales de Russie : Moscou, Saint-Pétersbourg et Kazan », s'enthousiasme Mme Balakhontseva, interrogée par RBTH.

Un patrimoine hors du commun

Au-delà de ses prouesses économiques, Kazan jouit également d'un extraordinaire potentiel touristique de par sa richesse culturelle et historique. Au confluent de la Kazanka et de la Volga, la métropole apparaît en réalité comme un véritable carrefour civilisationnel. Autrefois en effet, cette cité fut l'un des derniers bastions de la Horde d'Or, héritière de l'Empire mongol. En 1552, sous le règne d'Ivan le Terrible, Kazan se retrouva cependant rattachée à la Russie au terme d'un interminable siège.

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Bien que quelque peu forcée, cette union fait aujourd'hui la force de cette ville, dont la population est composée à parts égales de Tatars et de Russes, origine d'un mélange qui n'a de cesse de surprendre les visiteurs. Ainsi, l'islam et l'orthodoxie s'y côtoyant en toute tranquillité, minarets et coupoles se partagent joyeusement le paysage. Sur la colline du kremlin, se dresse par exemple fièrement l'emblématique mosquée Qolsharif. Les touristes supposent généralement qu'il s'agit de l'une de ces merveilles ayant traversé les siècles, et sont bien étonnés d'apprendre que cet édifice n'est sorti de terre qu'en 2005.

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En contrebas, un autre imposant bâtiment éblouie les passants, le ministère de l'Agriculture du Tatarstan, construit quant à lui en 2010. Sur ces berges récemment aménagées, les promeneurs auront tout le loisir de contempler l'horizon, duquel se détachent le tout nouveau stade de la ville, le parc aquatique (l'un des plus grands au monde) et le Centre de l'État civil, une étrange construction en forme de chaudron, objet dont la ville aurait hérité le nom.

Crédit : Max AvdeevCrédit : Max Avdeev

Pour les amateurs de gastronomie locale, la célèbre rue Bauman semble idéale pour déguster un peu de tchak-tchak, une pâtisserie se présentant sous la forme d'un agrégat de vermicelles au miel, ou des etchpotchmak, petits triangles de pâte habituellement fourrés à la viande de mouton, pomme de terre et oignon.

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Une fois repu, il est possible de poursuivre sa route en direction de l'ancien Quartier tatar, qui fut jusqu'au début du XXe siècle le centre de la vie culturelle de ce peuple. À cette époque, la ville était en effet encore divisée en deux, scindée entre Russes et Tatars. C'est aujourd'hui un paisible faubourg, dont les maisons de bois aux vifs coloris ravissent les touristes.

Crédit : Wikipedia.orgCrédit : Wikipedia.org

Les environs de Kazan regorgent aussi de trésors singuliers, tels que l'île-village de Sviiajsk, qui servit de forteresse aux Russes lorsqu'ils assiégèrent Kazan, ou encore la ville médiévale de Bolgar, qui, au XIIIe siècle, devint la première capitale de la Horde d'Or. Ces destinations sont de plus en plus prisées par les voyageurs, qui apprécient l'authenticité des lieux et la sérénité des paysages naturels alentours. De retour à Kazan, une halte à Staroïe Aratchkino, un petit village avalé par la mégalopole, est fortement recommandée. Il est possible d'y admirer le Temple de toutes les religions, un projet surréaliste pensé pour réunir, au sein d'un même édifice, 16 religions différentes. Un appel à la tolérance, au respect mutuel et à la cohabitation pacifique, philosophie qui semble avoir depuis longtemps déjà été adoptée à Kazan.

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