Aux confins de l’Eurasie, sur les rives sauvages du Pacifique

Le pont à haubans à travers la baie Zolotoï Rog (Corne d’or) à Vladivostok.

Le pont à haubans à travers la baie Zolotoï Rog (Corne d’or) à Vladivostok.

TASS
Les Européens viennent à l’Extrême-Orient Russe pour découvrir l’Asie, les Chinois – pour visiter l’Europe. Mais en réalité, cette région de la Russie est sans pareille.

Ici, les hiéroglyphes s’entrelacent avec le cyrillique, les datsans (temples bouddhistes) côtoient les églises orthodoxes, les volcans bouillonnent, de véritables tropiques sibériens envahissent les fenêtres et l’océan Pacifique est à portée de main.

La région d’Amour

La région d’Amour est nichée à la frontière de la Russie et de la Chine, à six fuseaux horaires de Moscou et à 130 kilomètres du Transsibérien. La capitale de la région, Blagovechtchensk, est située sur l’Amour, l’une des plus longues voies navigables au monde.

Blagovechtchensk s’apparente à une version froide de la Nouvelle-Orléans américaine, mais avec des églises orthodoxes et des cafés chinois à la place des crêperies françaises. La plupart des touristes sont attirés ici par les visites en bateau à moteur sur le fleuve, car c’est l’Amour qui forme la frontière entre la Russie et la Chine.

La République de Sakha (Iakoutie)

Tout est différent en Iakoutie, même le Nouvel an y est célébré en juin : lors de la célèbre fête du soleil Yhyаkh, des milliers de personnes de tous les coins de la Russie affluent à Iakoutsk, capitale de la république. Toutefois, un Nouvel an chaud n’est pas l’unique raison de visiter cette ville.

Le pergélisol (ou permafrost), qui sert de fondation à la mégapole la plus froide du monde, a conservé les squelettes des mammouths qui peuplaient autrefois la Sibérie. Le parc naturel des colonnes de la Léna, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, surplombe le fleuve éponyme : c’est un mur de rochers verticaux qui s’étend sur de longs kilomètres. 

Le kraï de Khabarovsk 

Les touristes chinois viennent à Khabarovsk pour « voir l’Europe », les Européens – pour découvrir la « ville la plus asiatique de Russie ». La capitale du kraï de Khabarovsk est l’une des plus belles villes de la partie Est du Transsibérien, noyée dans la verdure et riche en demeures construites avant la révolution et soigneusement restaurées et entretenues.

Khabarovsk accueille la « galerie Tretiakov d’Extrême-Orient » avec ses œuvres d’Aïvazovski, Rembrandt et Titien, ses porcelaines japonaises et ses icônes russes anciennes. Le kraï de Khabarovsk attire également les éco-touristes – on peut y admirer le lac de lotus, les volcans, les tigres d’Amour et de Sibérie et les colonies d’oiseaux et de lions de mer.

L’oblast autonome juif 

L’oblast autonome juif et sa capitale Birobidjan furent fondés au début des années 30 du ХХe siècle sur ordre du Comité exécutif central de l’URSS. La région n’a jamais vraiment attiré les Juifs soviétiques comme l’aurait souhaité Staline. 

Les habitants locaux se vantent que leur ville « ne compte que 27 jours d’ensoleillement de moins qu’Odessa [sud de l’Ukraine, ndlr] ». Le territoire de la région accueille 7 parcs naturels, ainsi que l’unique pont de bateaux au monde figé dans la glace, enjambant le fleuve Amour.

Le volcan Ilinski à Kamtchatka. Crédit :  Shutterstock / Legion-media

Le kraï du Primorié

Le kraï du Primorié attire par sa nature – les geysers chauds, les plages désertes et les hautes collines. Le « San Francisco russe » ou le « Constantinople d’Extrême-Orient » – la capitale du kraï du Primorié Vladivostok – est un véritable paradis des gourmets. Fruits de mer, confiseries « lait d’oiseau » dont la recette à base d’algues rouges fut inventée ici, confiture de fougère, bois au miel et au cognac…

Les toponymes soviétiques de Vladivostok et ses immeubles anciens, les ponts futuristes, les hiéroglyphes qui complètent le cyrillique sur certaines affiches publicitaires et les volants à droite forment ce caractère national unique que l’on ne retrouvera dans aucune autre ville de Russie ni du monde. Zolotoï Rog, une baie en forme de corne en plein cœur de Vladivostok, le sépare en centre respectable et en quartier marginal Tchourkine qui remonte aux traditions anciennes de Harlem new-yorkais et de l’East End londonien. 

L’oblast de Magadan

Les tristement célèbres Magadan et Kolyma restent à ce jour une contrée rude avec une histoire riche et douloureuse : le réseau de camps de travail pénitentiaires de Kolyma subsista jusqu’à la formation de l’oblast de Magadan en 1953.

Aujourd’hui, la capitale de l’oblast est une ville dynamique avec de nombreux musées, restaurants, hôtels et un passé dont elle n’a pas peur. Outre les musées et le monument commémorant les prisonniers du goulag « Masque de tristesse », l’oblast de Magadan est célèbre pour sa nature nordique qui attire les amateurs d’éco-tourisme.

Le kraï du Kamtchatka

Le Kamtchatka est une région où vous pourrez découvrir une véritable débauche de nature sauvage. Ici, vous trouverez de tout et à portée de main : le majestueux océan Pacifique, des cimes enneigées, des volcans, des lacs bouillonnants de saumons, des sentiers des ours et des fjords qui n’ont rien à envier à la Norvège, des piscines thermales dans lesquelles on peut nager toute l’année et, bien sûr, la vallée des geysers. 

Ici, il n’y a pas de chemins de fer, ni de communication maritime régulière. Le transport aérien est meilleur moyen de s’y rendre. Notez que des éruptions volcani­ques impromptues peuvent retarder les vols pendant plusieurs jours. Sur place, l’hélicoptère est le moyen de transport roi, car peu de routes sont asphaltées.

Le district autonome de Tchoukotka 

Si la Terre était finalement plate, la Tchoukotka se trouverait littéralement à son extrémité. Ici, il n’y a pas de routes, l’unique bateau de transport de passagers peut rester coincé dans les glaces à toute période de l’année. Les locaux mangent des baleines et des morses et vivent dans de petits villages dispersés à travers l’immense toundra qui, en été, flamboie de couleurs vives et, en hiver, plonge dans la nuit éternelle, la neige, les terribles vents arctiques et les aurores boréales. 

L’île d’Yttygran, située au sud-est de la Tchoukotka, abrite l’un des monuments les plus énigmatiques de la culture arctique, l’Allée des Baleines. 

L’oblast de Sakhaline 

L’oblast de Sakhaline comprend l’île de Sakhaline, les îles Kouriles et deux autres petites îles, Moneron et Tiouleni. Avant que l’Union soviétique ne récupère le sud de Sakhaline et les îles Kouriles appartenant alors au Japon, la ville d’Ioujno-Sakhalinsk portait le nom japonais Toyohara. 

Elle conserve à ce jour des traits japonais qui se mêlent de manière curieuse aux traits soviétiques. Les îles Kouriles abritent 40 volcans en activité connus et de nombreux monuments naturels.

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