Objectif Lune: pourquoi la Russie construit un nouveau Lunokhod

L'entreprise russe de construction de matériel spatial NPO Lavotchkine.

L'entreprise russe de construction de matériel spatial NPO Lavotchkine.

Alexey Filippov/RIA Novosti
L’Académie russe des sciences relance le programme d’exploration de la Lune, entamé sous l’URSS à l’aide des rovers lunaires Lunokhod. Ils marqueront une nouvelle étape vers la création d’une base sur la Lune. La conception du nouvel appareil spatial coûtera environ 285 000 euros.

Le nouveau Lunokhod, destiné à permettre à la Russie de créer une base sur la Lune, sera conçu avec l’aide des entreprises qui avaient créé ces appareils à l’époque soviétique. Il s’agit de l’Institut de recherche spatiale de l’Académie russe des sciences (IKI), de NII-88, principale organisation scientifique de l’agence spatiale russe Roskosmos, de l’entreprise de construction de matériel spatial NPO Lavotchkine et de bien d’autres.

Poursuite des recherches soviétiques

«  Les chercheurs veulent inscrire les Lunokhod dans le Programme spatial fédéral de la Russie pour les années 2026–2035. S’ils y parviennent et si le financement est suffisant, un nouveau rover russe pourrait atterrir sur la Lune d’ici 2031  », explique Alexandre Khokhlov, ingénieur-concepteur de l’Institut central de recherche et de conception en robotique et cybernétique technique.

Sonde Luna-GlobnEntreprise russe de construction de matériel spatial NPO Lavotchkine
Vitaly V. Kuzmin (BY-SA)
B. Borisov/ RIA Novosti
RIA Novosti

Le premier Lunokhod fut envoyé sur la Lune par l'URSS en 1969. Au total, trois missions furent réalisées. À cette époque déjà, les Lunokhod purent étudier les propriétés du sol et l’impact du rayonnement solaire, prendre des photographies, faire une analyse chimique des roches, etc.

Les programmes lunaires soviétiques apportèrent des connaissances sur les mers et les continents de la Lune et permirent de réaliser des cartes géographiques du satellite de la Terre. Aujourd’hui, les chercheurs s’intéressent aux cartes géologiques. Comme sur la Terre, la composition minéralogique de la Lune n’est pas uniforme.

« Les nouveaux Lunokhod seront plus avancés technologiquement et plus légers, précise Ivan Moïsseïev, directeur de l’Institut de la politique spatiale. Ils referont les études lancées à l’époque soviétique, mais de manière plus détaillée ».

La base lunaire, voie naturelle de développement

L’étude de la Lune sera lancée à l’aide de systèmes automatiques sans pilote (projets Luna-Glob et Luna-Ressurs). Au début des années 2030, une expédition habitée pourrait partir pour le satellite de la Terre en vue de la création d’une base habitée.

En 2019, la sonde Luna-25 (ou Luna-Glob) se posera dans le cratère Boguslawsky dans la région polaire située au sud de la Lune. Elle y cherchera l’eau, nécessaire pour la création d’une base et la production de combustible pour fusées. Selon les données recueillies par les détecteurs à neutrons, des traces de glace sont présentes sur la Lune.

«  La base lunaire est l’unique voie de développement après la Station spatiale internationale. La Russie, l’Europe, les Etats-Unis et la Chine s’intéressent à la Lune dans cet objectif précisément. Comme, naguère, les pays concourraient dans l’exploration de l’Arctique, ils concourront bientôt dans la conquête des pôles lunaires  », estime Moïsseïev.

Il explique que l’Académie des sciences de Russie a sa propre conception de la base lunaire habitée avec un grand nombre d’appareils spatiaux automatiques qui circuleront autour d’elle. « Il est tout à fait probable que, d’ici la fin du siècle, il sera économiquement profitable d’y produire du combustible pour fusées et des matériaux pour la recherche dans l’espace », ajoute Moïsseïev. 

Moïsseïev est convaincu que même si finalement on ne découvre pas d’eau sur la Lune, cela ne changera pas les projets de création de la base. L’oxygène, l’hydrogène et l’eau pourront être extraits du sol.

En 2023, l’appareil Luna-27 (ou atterrisseur Luna-Ressours) devra se poser dans la région polaire située au Sud de la Lune. Il transportera jusqu’à 50 kg d’appareils, dont une sonde européenne de forage « cryogénique » permettant d’éviter l’évaporation des substances volatiles du sol. Si la mission 2023 est réussie, l’atterrissage sera répété en 2025.nnEn 2023 également, un prototype de remorqueur équipé de propulseurs et d’un conteneur de fret de 10 tonnes devrait être envoyé dans l’orbite lunaire.nnDans le cadre d’un autre programme, Luna-28 (Luna-Ressours-2 ou Luna-Grunt) une sonde lunaire d’un poids allant jusqu’à 3 tonnes devrait être utilisée pour transporter sur Terre des échantillons de sol provenant de la région polaire au Sud de la Lune. La dernière fois, un tel prélèvement fut réalisé par les chercheurs russes dans les années 1970. Cette fois, le sol sera transporté sous vide. Ensuite, un vol habité autour de la Lune devrait être réalisé par les cosmonautes russes.

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