Les trottinettes en libre-service débarquent à Moscou

La société Samocat.net prévoit de lancer à Moscou l’année prochaine des stations de trottinettes pliantes partagées.

La société Samocat.net prévoit de lancer à Moscou l’année prochaine des stations de trottinettes pliantes partagées.

samocat.net
L’année prochaine Moscou, Paris, Bruxelles et Berlin disposeront d’un réseau de stations pour trottinettes pliantes en libre-service. Les appareils seront disponibles par application mobile et les bornes formeront un réseau unique par le biais d’une plateforme en nuage.

L’entrepreneur russe Vassili Bykov, fondateur de la société Samocat.net, surfe sur la tendance mode des dernières années : les Moscovites, fatigués de perdre leur temps dans les embouteillages et ennuyés par les grandes distances, emploient de plus en plus souvent la trottinette pour se rendre au bureau. Ainsi, il prévoit de lancer l’année prochaine des stations de trottinettes pliantes partagées. Elles occuperont moins de 2 mètres carrés pour 6 à 12 engins.

Un abonnement coûtera environ 10 euros par mois ou 1,5 euro par jour. Pour moins d’une heure par jour, la location sera gratuite. Vassili Bykov a indiqué que la société avait déjà obtenu l’aval des autorités de Moscou, Saint-Pétersbourg et Kazan pour 50 stations. Il a ajouté qu’il prévoyait également d’ouvrir des stations à Paris, Bruxelles et Berlin.

Internationale de la trottinette

Vassili Bykov. Crédit : Samocat.net

Le service ne disposera d’aucun écran ni touche, il ne sera accessible que par application mobile. Vassili Bykov précise que ses activités occuperont le créneau des déplacements à des distances de 500 mètres à 2 kilomètres, alors que le vélo partagé est conçu, lui, pour des distances de 2 à 5 kilomètres.

« Je me suis passionné pour la trottinette il y a plus de cinq ans. Et il y a environ deux ans, j’ai eu l’idée de croiser le distributeur automatique et la station de location de trottinettes. Quand j’ai commencé à chercher des informations sur des projets semblables sur Internet, j’ai constaté avec étonnement qu’on ne comptait dans le monde aucune expérience du genre », a-t-il raconté à RBTH.

Vassili Bykov élabore le plan de la nouvelle start-up pendant qu’il suit des cours à la Vlerick Business School en Belgique. Début 2015, il commence à recruter une équipe internationale en France, en Allemagne et en Russie et à commander les matériels nécessaires pour une première borne. Le « styliste » de la station est français, le « mécanicien » est chinois et le responsable des TIC et des services en nuage est russe. Le tout sera assemblé dans une usine de Kaliningrad (chef-lieu de la région la plus occidentale de Russie).

Les investissements initiaux pour lancer le service se sont montés à 100 000 euros qui ont été puisés dans les ressources personnelles de Vassili Bykov et de ses partenaires. Pour entrer sur le marché international, il lui faudra 500 000 euros supplémentaires. Il est actuellement en négociations avec plusieurs fonds afin de drainer les investissements indispensables.

Les cinquante premières stations de location de trottinettes seront installées dans des parcs, des technopôles et des centres commerciaux. Vassili Bykov espère que dans un premier temps, au moins un millier de personnes utiliseront le nouveau service tous les jours.

Et les vélos ?

« Une station de trottinettes reviendra six fois moins cher qu’une station de vélo partagé, a-t-il souligné. Mais nous n’engagerons des négociations avec les autorités de Moscou sur l’installation de bornes de trottinettes près des stations de métro qu’après avoir étudié les résultats du fonctionnement du système sur des aires privées. Nous estimons que les principaux promoteurs du développement de ce nouveau type de transport seront les entrepreneurs privés, ceux qui sont prêts à acheter deux ou trois stations, à se connecter à notre « nuage » et à commencer à tirer de l’argent de la location avec nous ».

Dans son « business plan », le risque d’un éventuel endommagement du matériel est pris en compte. Selon lui, les pertes issues d’actes de vandalisme seront indemnisées par la compagnie d’assurance. Si un client a cassé la trottinette accidentellement, mais l’a rendue à la station, la société assumera elle-même les frais de réparation. Selon l’évaluation de Samocat.net, de tels accidents pourraient concerner entre 3% et 5% du nombre total d’engins.

« Nous sommes en contact avec nombre d’organisations de location et d’infirmiers basés dans les parcs et nous savons que la trottinette est l’un des moyens de locomotion urbains les plus dangereux, a déclaré Lioudmila Rostova, cofondatrice de la compagnie d’assurance IID. A l’étape des essais, je conseille aux auteurs du projet de l’incruster dans les infrastructures existantes des moyens de location, en tant qu’alternative aux vélos et segways, pour vérifier les pronostics pessimistes ».

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