Le cheval sauvage foulera à nouveau la steppe russe

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Six chevaux de Przewalski, figurant sur la Liste rouge des espèces menacées, sont arrivés en Russie au mois d’octobre. Les spécialistes espèrent pouvoir réintroduire l’espèce dans le pays. Selon eux, les chevaux sauvages favorisent le rétablissement des écosystèmes de la steppe.

Les zoologistes affirment qu’il ne reste pratiquement plus de chevaux sauvages sur Terre. L’un des derniers est le cheval de Przewalski, mais il n’en reste plus qu’environ 2 000 dans le monde. Fin octobre, six chevaux de Przewalski sont arrivés par avion à Orenbourg (Oural méridional) depuis la France, dans le cadre d’un nouveau programme de réintroduction dans les régions qu’il peuplait jadis.

La Chine et la Mongolie ont entamé leurs propres programmes de réintroduction au début des années 1990. En outre, plusieurs ongulés ont été lâchés dans le site de la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine). Malgré l’irradiation, les chevaux s’y sont plu et ont commencé à se reproduire. Les spécialistes affirment qu’ils sont aujourd’hui une centaine dans le secteur.  

Le cheval de Przewalski L’espèce est inscrite aujourd’hui sur le Livre rouge de Russie, sur la Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et sur l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Le cheval a été découvert par l’explorateur russe Nikolaï Prjevalski (orthographié à l’origine Przewalski) en 1879 pendant sa deuxième expédition en Asie centrale. Les chevaux de Przewalski vivent au sein d’un troupeau dirigé par un mâle dont le pouvoir est absolu : c’est lui qui choisit les itinéraires et lui qui connaît les sources d’eau. En hiver, les chevaux se réchauffent en formant un cercle : ils placent les petits et les malades au milieu pour leur tenir chaud par leur haleine. C’est un cheval trapu, sur jambes courtes mais robustes, qui possède une raie noire le long du dos.

Pourquoi a-t-il disparu et qui peut le faire revenir ?

Il y a cent ans, il était possible de rencontrer un cheval sauvage dans les steppes d’Asie, notamment en Russie, en Chine, en Mongolie et au Kazakhstan. Mais l’espèce a été évincée de son milieu par l’homme et le développement de l’élevage. La migration n’était pas envisageable puisque ce cheval ne peut pas vivre sur les terres européennes sèches : ses sabots s’usent et l’animal est voué à la mort.

Aujourd’hui, le bel ongulé ne peut être admiré que dans les zoos et les réserves. La vie en captivité laisse ses traces : dans la nature, ces chevaux sont constamment en mouvement et parcourent une quinzaine de kilomètres par jour.

Tout comme pour le bison, lorsque le nombre d’animaux élevés en captivité est devenu critique, il a été question de réintroduire l’espèce dans les conditions naturelles. 

Les chevaux ont été offerts à Orenbourg par l’Association pour le cheval de Przewalski : TAKH. Plusieurs générations de chevaux vivent dans des conditions naturelles dans la station biologique de la Tour du Valat.

La steppe a besoin du cheval

Les frais pour l’établissement des documents et le transport des chevaux ont été assumés par le projet russe. Le programme de réintroduction est réalisé par l’Institut Severtsov des problèmes d’écologie et d’évolution de l’Académie des sciences et la réserve d’Orenbourg dont les steppes – qui constituent le milieu de vie historique du cheval de Przewalski – éprouvent, sans exagération, un besoin vital de cette espèce.

« Ces animaux contribuent au rétablissement des écosystèmes des steppes, a expliqué Olga Péréladova, directrice du Programme centrasiatique du Fonds mondial pour la nature (WWF). Si les chevaux ne pâturent pas dans la steppe, celle-ci se dégrade et si son herbe n’est pas foulée, l’équilibre de la végétation se trouve interrompu et sa surabondance provoque des incendies ».

Selon les scientifiques, non seulement les chevaux doivent s’adapter aux nouvelles conditions de la steppe de l’Oural, mais en outre, ils ne doivent pas se mélanger aux espèces domestiques, lorsque les étalons commenceront à évincer du troupeau leurs concurrents de la nouvelle génération. Dans ce cas, le fonds génétique sera perdu. C’est pour cette raison que les chevaux ont été initialement placés dans une réserve clôturée, jusqu’à la formation d’une population stable, capable d’exister dans les conditions de sélection naturelle. Il est nécessaire pour cela d’avoir 1 000 animaux, dont la moitié sera en âge de se reproduire.

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