Le secret de l'équilibre est dans le gros orteil

Alexeï Fiodorov / TASS
Pour ne pas perdre sa coordination à un âge avancé et améliorer l’activité de son cerveau, il est indispensable d’entraîner ses gros orteils. Et le meilleur sport pour cela est l’aïkido. Une trouvaille faite récemment par des chercheurs russes.

Avec l’âge, les systèmes responsables de l’équilibre se détériorent. Mais ce vieillissement peut être ralenti, et même inversé, considèrent des chercheurs russes. Pour cela, il suffit d’augmenter la charge supportée par l’avant du pied en pratiquant l’aïkido.

Selon les chercheurs, le cerveau a besoin pour la coordination spatiale de signaux émis par des récepteurs tactiles situés dans les zones d’appui du pied, en particulier le gros orteil. C’est là que se trouve la plus grande quantité de « cellules de Paccini », des capteurs uniques, particulièrement sensibles aux tensions mécaniques.

Les chercheurs ont mené une expérience sur 35 femmes ménopausées, de 54 à 78 ans. En raison de la baisse de sécrétion d’œstrogènes, le problème de l’équilibre se pose encore plus fortement pour elles que pour les hommes. Les participantes à l’expérience ont dû se lever, puis se rassoir, d’abord avec les yeux ouverts, puis fermés.

Les meilleurs résultats sont venus de femmes qui durant les huit dernières années pratiquaient 2 à 3 fois par semaine l’aïkido, où il est nécessaire de fournir un effort du pied, en particulier du gros orteil.

Les femmes pratiquant le fitness, le yoga ou la danse depuis au moins 8 ans maintiennent leur équilibre uniquement les yeux ouverts. Pour celles qui ne pratiquent absolument aucune activité physique, se lever a été source de stress. Les chercheurs ont ensuite vérifié leur expérience sur de jeunes hommes pratiquant l’aïkido à différents niveaux. Les résultats ont été analogues.

Les expériences ont été menées par les spécialistes de l’Université d’Etat des Sciences humaines Cholokhov, l’Université de Recherches d’Etat de Novossibirsk et le FGBNU NII de physiologie et de médecine fondamentale. L’idée leur est littéralement venue « de l’espace ».

 « Les cosmonautes, après un long vol, doivent pratiquement être portés hors de leur vaisseau. Andrian Nikolaïev et Leonid Popov, les premiers à être restés 4 jours en orbite, sont revenus de l’apesanteur pratiquement dans le coma », raconte la scientifique Olga Bazanova. « Les cosmonautes perdent leur activité cognitive, cardiaque et mentale. Et tout cela parce que les gens ne ressentent pas le sol sous leurs pieds ».

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