La Russie produira des drones avec des imprimantes 3D

Crédit : Igor Zarembo/RIA Novosti

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La Russie compte imprimer des drones grâce à des imprimantes 3D pour rattraper son retard de production. Cette technique permet de réduire les coûts de manière drastique. Les experts restent sceptiques : selon eux, le retard de la Russie n'est pas seulement technologique et des solutions plus complexes seront nécessaires pour le combler.

En avril 2015, la compagnie publique Rostec annonçait préparer un prototype de drone de 3,8 kg pour 2,4m d'envergure, pouvant atteindre une vitesse de 90 à 100 km/h et bénéficiant d'une autonomie de 1h à 1h30.

« Nous avons réussi à créer un drone en deux mois et demi, du stade de l'idée au prototype fonctionnel », se félicitait ainsi Vladimir Koutakhov, représentant de la compagnie publique Rostec à la IIe conférence internationale « Aviation sans pilote - 2015 ». Et d'ajouter : « La durée de production est de 31 heures. Son prix : 200 000 roubles », soit environ 3 300 euros.

« Auparavant, la conception assistée par ordinateur permettait d'économiser le temps passé à la conception. Aujourd'hui, on espère que l'utilisation de technologies supplémentaires permettra de gagner du temps dans la conception des prototypes et la préparation de la production. Reste que ces technologies sont encore très « brutes ». A mon sens, cela soulève la question de savoir si cette méthode pourra être utilisée dans la création d'éléments destinés à des constructions solides », explique à RBTH Denis Fedoutinov, l'un des meilleurs experts russes des systèmes sans pilote et de la robotique.

Dans le domaine des drones, la Russie est en retard sur les standards internationaux, et ce alors que l'URSS était l'un des leaders du secteur en son temps. Aujourd'hui, les dirigeants du pays ont fixé un objectif ambitieux à l'industrie russe de la Défense : la part des appareils sans pilote de production russe devra atteindre au moins 5% du marché mondial dans ce domaine d’ici 2022.

Drones hors-la-loi

Aujourd'hui, le leader de la production mondiale de drones est Israël : 80% des appareils produits dans le pays sont exportés vers 49 États. La Russie, elle, peut se prévaloir de drones de reconnaissance opérationnelle et tactiques qu’elle fabrique, et qui sont exploités dans l'intérêt des forces armées.

Cependant, les concepteurs de drones russes ne se concentrent pas seulement sur l'aspect militaire de l'utilisation des appareils, mais leur cherchent aussi activement une fonctionnalité « civile » : dans le secteur pétrolier, l'agriculture, pour la recherche d'emploi, la surveillance des inondations et les feux de forêts.

Le développement du champ d'application des drones se heurte tout de même à un vide juridique, car le pays n'a pas de normes de sécurité en termes d'exploitation des appareils sans pilote. Vladimir Cherbakov, rédacteur en chef adjoint du journal spécialisé dans l'aviation sans pilote UAV.ru, pense que cette question est surtout sensible en ce qui concerne les systèmes de surveillance, pour lesquels l'utilisation de drones est envisagée.

Tant que cette question ne sera pas réglée, la mise en place d'une production de drones à grande échelle ne contribuera pas à la conquête du marché. Ils ne pourront être utilisés nulle part en Russie et en seront d'autant plus difficiles à exporter : comme ils ne voleront même pas là où ils ont été produits, des doutes ne manqueront pas d'apparaître chez les acheteurs potentiels sur le bien-fondé de ce choix.

Mais on espère que ce problème sera réglé prochainement par le gouvernement et que les drones pourront bénéficier d'une base juridique en Russie. En juin 2015, la Douma (chambre basse du parlement russe) a étudié et adopté en première lecture un texte qui pose les fondements juridiques de l'utilisation des drones en Russie.

Ces changements « garantiront une hausse du niveau général de sécurité dans le secteur de l'aviation ». Ils permettront également de créer les conditions juridiques pour l'utilisation de drones dans l'intérêt « de différents secteurs de l'économie, en répondant aux défis actuels dans le domaine militaire et de la sécurité » notamment, indique la conclusion du comité de la Douma pour les Transports.

 

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