Des jeunes pousses russes en démonstration

Crédit : service de presse

Crédit : service de presse

Au festival Futur en Seine, du 11 au 14 juin à Paris, la Russie sera représentée par des projets dans les domaines de la réalité augmentée et des stratégies de promotion.

Cette année, plusieurs jeunes pousses russes participeront au festival international des innovations numériques Futur en Seine. Parmi elles, le service de réalité augmentée Piligrim XXI, qui permet de combiner une visite réelle des attractions avec un voyage dans le temps, et Promobot, robot intelligent conçu pour attirer des clients. Le premier lance le projet intitulé Fort de la Bastille qui permettra aux touristes de reconstituer sur l’écran de leur appareil la prison détruite. Promobot, quant à lui, viendra au festival avec son robot sociable afin de lui apprendre le français.

La Bastille reconstituée

Le touriste dirige sa tablette ou son smartphone sur les ruines d’un château ou sur un champ ayant naguère été le  théâtre d’une bataille célèbre et, quelques secondes plus tard, l’écran affiche l’image de ce lieu tel qu’il se présentait il y a plusieurs siècles. Les auteurs de Piligrim XXI ont pour ambition d’insuffler une nouvelle vie à l’industrie du tourisme grâce à leur application. D’ici juin, ils envisagent de reconstituer la place de la Bastille à Paris dans sa figuration historique pour permettre aux touristes de visualiser la célèbre prison qui l’occupait avant sa destruction.

« Le fort apparaîtra précisément là où il se trouvait jusqu’au XVIIIème siècle », nous explique Diana Sorina, co-fondatrice de la start-up. « Les Russes sont traditionnellement passionnés par la culture française, ils connaissent bien l’histoire de ce pays. Nous sommes persuadés que notre ‘Bastille’ deviendra une nouvelle attraction sur la riche carte touristique de Paris. Dès cet été, chacun pourra non seulement admirer la prison gratuitement, mais, s’il le souhaite, également la détruire. Cette dernière option sera payante », précise-t-elle avec malice.

Les créateurs de la jeune pousse en ont eu l’idée en 2013 quand ils ont été sollicités par l’administration de l’oblast de Volgograd (sud-ouest de la Russie). En prévision de la Coupe du monde de football de 2018 en Russie, les autorités locales se sont fixé pour objectif d’attirer des touristes. La plupart des monuments d’architecture significatifs de cette région ayant été détruits durant la Seconde Guerre mondiale, elles se sont tournées vers la réalité virtuelle.

Crédit : service de presse 

Actuellement, Piligrim XXI propose déjà trois parcs de réalité augmentée. La première application a été lancée l’été dernier dans la ville lettone de Ludza. Il s’agit d’une reconstruction d’envergure de la forteresse de l’Ordre de Livonie, détruite au XVIIème siècle. « Grâce à notre installation, le flux touristique de la ville pour la saison passée a crû de près de 30% », indique Mme Sorina.

Cette année, la société a lancé le projet Domaine d’Altun. Il s’agit d’une reconstruction de l’aspect architectural de l’une des plus belles demeures aristocratiques du XIXème siècle. Au printemps, pour les touristes et les habitants de Saint-Pétersbourg, Piligrim XXI a créé une application consacrée au légendaire croiseur Aurore, symbole de la révolution d’Octobre.

Promobot : le rêve des employeurs français ?

Les auteurs du projet Promobot, un robot conçu pour attirer des clients, espèrent trouver des partenaires en France capables de les aider à enseigner la langue française à l’appareil. Oleg Kivokourtsev, co-fondateur de la jeune pousse, précise que le robot sait déjà communiquer en anglais et dispose d’un vocabulaire de 70 000 mots. « Le français est une langue plutôt compliquée. C’est pourquoi nous aimerions travailler avec des concepteurs locaux », explique M. Kivokourtsev, ajoutant que pour le moment, le robot ne sait dire que des phrases générales dans la langue de Molière.

Crédit : service de presse

Promobot est un robot unique capable de garder en mémoire les personnes avec qui il a été en contact. Il est capable d’afficher des documents promotionnels sur son écran et aide les clients à s’orienter dans l’espace. Selon les concepteurs, Promobot entre en concurrence avec le personnel administratif des entreprises. Il peut analyser le nombre de personnes ayant visité un lieu, déterminer leur sexe et leur âge en numérisant leur visage et détecter même leur humeur. Par ailleurs, contrairement aux enquêtes, le robot recueille les informations de manière autonome. Cette option est utile pour les spécialistes marketing qui souhaitent mieux connaître leurs principaux consommateurs.

Promobot se déplace de manière indépendante grâce à une plateforme équipée de capteurs infrarouges qui lui permettent d’éviter différents obstacles. Il utilise les technologies existantes de reconnaissance vocale de Google. Ensuite, le texte est transmis au service disposant d’une immense base linguistique qui permet d’apporter une réponse détaillée. En Russie, 130 promobots ont déjà été vendus. L’institut technologique de Moscou est l’un des plus gros clients de Promobot : il a acquis 50 robots afin d’étudier les particularités de la communication entre un humain et une machine. Selon M. Kivokourtsev, en France, Promobot a déjà intéressé une grande chaîne d’épiceries, mais la transaction est encore au stade des négociations.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.