Une start-up russe aide à apprendre les langues en une minute par jour

La start-up russe Easy Ten permet aux utilisateurs d'apprendre les langues européennes de base en y consacrant un minimum de temps.

D'après les statistiques de Facebook, le Brésil compte plus de 2 millions d'anglophones désireux d'apprendre le portugais. Au Mexique, on dénombre près de 2,5 millions d'anglophones qui souhaitent apprendre l'espagnol.

Aux États-Unis, plus de 1,6 million d’hispanophones ont besoin de l'anglais et presque 3 millions de personnes aimeraient apprendre le russe.

La start-up russe Easy Ten, dont l'application a été téléchargée 700 000 fois sur l'App Store (parmi ces téléchargements, 650 000 ont eu lieu en Russie,) prévoit de faire son entrée sur le marché mondial au printemps pour aider les polyglottes en herbe.

« Nous voulons être le point d'entrée unique pour les gens souhaitant apprendre des langues étrangères et nous voulons devenir un outil qui aidera les professeurs à trouver de nouveaux élèves et à donner des cours à ceux qu'ils ont déjà », explique à RBTH le fondateur de la compagnie, Dmitri Zariouta.

En comparaison avec les autres acteurs présents sur le marché des applications éducatives, Easy Ten est selon lui particulière du fait de la simplicité de son interface et du processus d'apprentissage.

En outre, la thode utilisée pour toutes les langues, basée sur l'apprentissage des mots un par un, permet d'ajouter de nouvelles langues relativement vite.

À ce jour, l'application permet d'apprendre sept langues : le russe, l'anglais, l'espagnol, le portugais, l'italien, l'allemand et le français. L'interface est disponible en plusieurs langues : chinois, japonais, coréen et turc, mais ces langues ne peuvent pas encore être étudiées.

On peut constituer en tout 70 paires de langues : un Chinois peut apprendre le portugais, un Allemand peut apprendre le français et tous deux peuvent apprendre le russe.

Le fondateur d'Easy Ten affirme que depuis le lancement de la première version de l'application, certains utilisateurs ont pu apprendre plus de six mille mots.

Ainsi, il estime que les utilisateurs n’ont quasiment aucune limite concernant le niveau qu'il est possible d'atteindre : « Nos dictionnaires sont les mêmes pour toutes les langues, il n'y a pas de différence ».

Répétition, ludification et sélection

La méthode de mémorisation des mots utilisée dans l'application combine quatre éléments : la répétition, des informations données en petite quantité, des modèles ludiques et la possibilité de sélectionner ce que l'on veut apprendre.

D'après Zariouta, pour se souvenir d'un mot, il faut le répéter un certain nombre de fois : « Les intervalles doivent être les plus longs possibles pour minimiser la fréquence des répétitions et provoquer un effet de vide. En même temps, il faut qu'ils soient suffisamment courts pour que l'on n'oublie pas complètement le mot ».

Les intervalles entre les répétitions minimisent les oublis et font économiser du temps, car l'application optimise ce processus. Le premier jour, on répète les mots une première et une deuxième fois, puis le deuxième jour une troisième.

Le quatrième jour, on répète pour la quatrième fois. On révise les mots une cinquième fois le huitième jour. Et une septième fois, le trentième jour.

En ce qui concerne les informations données en petites portions (entre un et 20 mots par jour), cette méthode s'appuie sur les statistiques (notamment celles du service d'autorité d'analyse des applications mobiles flurry.com) d'après lesquelles les utilisateurs d'applications éducatives ne s'en servent que 56 secondes par jour en moyenne.

L'application est ludique parce que les utilisateurs sont en concurrence avec eux-mêmes: l'utilisateur teste sa connaissance des mots et, en fonction des résultats, il gagne ou perd des points. Après chaque « tour », il a le choix : aller plus loin ou bien battre son propre record.

À chaque nouveau test, l'application en propose de nouveaux, augmentant ainsi l'implication de l'utilisateur et permettant aussi de faire travailler tous les types de mémoire. Au final, la participation active des utilisateurs est de 65% après un mois d'utilisation.

En ce qui concerne la personnalisation, l'utilisateur a le choix : il peut définir lui-même le sujet, le cours et choisir une liste de mots d'un professeur, ou bien l'application le fera pour lui.

Pour cette deuxième catégorie d'utilisateurs, Easy Ten utilise un algorithme qui permet de définir les intérêts thématiques de la personne et de lui choisir un itinéraire individuel d'apprentissage.

« L'application prend en compte le domaine relatif au contenu que chaque utilisateur étudie, par exemple : « animaux domestiques », « automobiles », « Elvis Presley », explique Zariouta. Selon lui, « personne n'avait réussi à faire cela sur les appareils mobiles auparavant ».

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