Un stylo 3D révolutionnaire mis au point en Sibérie

Le nouveau stylo Creopop est « chargé » d’une encre révolutionnaire photopolymère qui durcit sous l’effet des rayons ultraviolets. L’appareil fonctionne grâce à une batterie rechargeable, n’est pas toxique et ne présente aucun des inconvénients inhérents aux autres stylos 3D. L’invention qui sera commercialisée dès le mois d’avril a suscité un vif intérêt dans 35 pays du monde.

Source : Service de presse

Un collectif de chercheurs de Tomsk – le plus ancien centre scientifique d’innovation de Sibérie – a créé un stylo 3D qui écrit au moyen d’une encre photopolymère qui durcit sous l’effet d’une diode émettrice lumineuse, source de rayons ultraviolets, intégrée dans le stylo. L’encre, développée à partir de résine photosensible liquide, permet au stylo d’éviter le principal inconvénient propre à ses équivalents – la chauffe – ce qui le rend sans danger pour les enfants.

Le stylo permet de dessiner tout type d’objets en trois dimensions et des figures magnétiques, aromatisées ou phosphorescentes. Il peut être utilisé pour le design dans les conceptions volumétriques, et même dans la métallurgie.  

Les concepteurs ont créé plus de 50 types d’encre : colorées, luminescentes, magnétiques, élastiques, conductrices, thermocontrastées, encres en caoutchouc et encres qui changent de couleur selon la température. Une cartouche suffit à imprimer une bande de 14m x 3mm de diamètre. 

Histoire de la conception 

« Les stylos disponibles sur le marché utilisent déjà le plastique, mais ils chauffent et fondent. Nous avons décidé de trouver une technologie qui permet au stylo de ne pas chauffer. Au final, nos chimistes ont trouvé cette solution élégante », nous a raconté le directeur de la compagnie conceptrice Dmitri Starodoubtsev. 

« La création a suscité un intérêt immédiat chez les amateurs de modélisation 3D et les professionnels du monde entier. Les clients qui ont passé des précommandes sont principalement américains et européens. Les clients russes représentent moins de 1 % », explique Kovalev. Pour lancer la production et rôder la technologie, les concepteurs ont demandé fin 2013 l’aide financière au Centre régional d’ingénierie de Tomsk.

« Les experts ont confirmé que le projet présentait un intérêt tant du point de vue commercial que pour le développement de la région et qu’il fallait le financer. Nous avons financé le projet à hauteur de 3,1 millions de roubles (43 500 euros) grâce à des subventions. [...] Au final, la nouvelle encre a pu voir le jour. L’étape suivante était la création d’un stylo 3D qui fonctionne selon des principes physiques révolutionnaires », nous a expliqué le dirigeant du Centre régional d’ingénierie de Tomsk Mikhaïl Golovatov. 

Intérêt international

 Les concepteurs ont investi 250 000 dollars et ont levé 892 000 dollars auprès d’un pool d’investisseurs dirigé par 500 startups et un incubateur d’entreprises de la Silicon Valley. 

La production du stylo nouvelle génération a été lancée dans la ville chinoise de Shenzhen où se trouve une usine spécialisée dans les stylos alternatifs. La production d’encre devrait rester localisée à Tomsk. Les stylos seront commercialisés à partir du mois d’avril, le prix d’un stylo devrait s’élever à environ 119 dollars. 

« Le marché des gadgets est actuellement en pleine expansion. Fait significatif – les concepteurs de Tomsk ont utilisé le système kickstart et ont reçu environ 200 demandes au cours du premier mois, puis quelque 2 000 demandes au cours des trois mois suivants avant que le produit ne soit fabriqué en série. Cela témoigne du fort potentiel de commercialisation de ce stylo », explique Mikhaïl Golovatov. 

Il estime que « pour le moment, les fabricants russes sous-estiment considérablement le marché des gadgets : ils suivent la tradition qui veut que les choses sérieuses chez nous doivent être grandes – nous fabriquons des missiles, des chars, des bateaux et des machines-outils. Pourtant, les petits appareils destinés au grand public sont largement commercialisés dans le monde »

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