Google : « Nous souhaitons aider les gens à comprendre la Russie »

Carlo d’Asaro Biondo, président de Google Europe du Sud, de l'Est, Moyen-Orient et Afrique. Crédit : Google

Carlo d’Asaro Biondo, président de Google Europe du Sud, de l'Est, Moyen-Orient et Afrique. Crédit : Google

Il est désormais possible d’effectuer une visite virtuelle du théâtre Bolchoï depuis n’importe quel point de la Planète. Le 10 février, l’administration du théâtre Bolchoï, en collaboration avec Google, a présenté une visite 3D virtuelle du bâtiment historique du théâtre et de la Nouvelle Scène, ainsi que trois expositions numériques thématiques des collections du musée du théâtre.

Notre correspondant s’est entretenu avec Carlo d’Asaro Biondo, président de Google Europe du Sud, de l'Est, Moyen-Orient et Afrique en charge des partenariats stratégiques et lui a demandé pourquoi le géant mondial de recherche en ligne consacrait des sommes aussi importantes à la numérisation du patrimoine culturel mondial.

Comment est née l’idée de créer l’Académie de la culture de Google ? 

Lors d’un déjeuner, je discutais avec le développeur indien Amit Sood et plusieurs autres collègues de notre inquiétude quant à la sous-représentation sur Internet du patrimoine culturel des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne, la Russie et des pays du Proche-Orient. Alors que le contenu anglais et américain est de plus en plus présent.

Au départ, les musées pensaient que le public cesserait de se déplacer si tout était disponible sur Internet. Notre réponse était simple. Savez-vous quelle est l’image numérique la plus diffusée au monde ? La Joconde de Léonard de Vinci. Et l’œuvre la plus visitée ? La Joconde également. Au bout d’un moment, nous sommes parvenus à prouver que plus on publie d’images numériques sur Internet, plus les gens veulent les voir en vrai.

Nous ne montrons pas de publicité contextuelle à côté du patrimoine mondial. Nous ne cherchons pas à tirer un résultat financier direct de toutes nos activités, nous avons également une responsabilité sociale. Vous aussi, vous publiez des informations qui ne vous rapportent pas d’argent.

Bien sûr, nous sommes un groupe grand et riche, c’est bien en cela que nous avons une responsabilité sociale.

Crédits : Google. D'autres photographies uniques des années 1880-1910, ainsi que des costumes réalisés d’après les croquis des maîtres de la scène sont désormais consultables en ligne – sur le site de l’Académie de la culture de Google.

Quelle est l’ampleur de l’intérêt pour de tels projets ?

Le projet consacré aux chefs-d’œuvre numérisés a attiré des millions de personnes. Actuellement, nous proposons 1,5 million de tableaux et 620 musées, 150 œuvres sont disponibles en format très haute définition.

Il m’arrive parfois de rentrer chez moi, d’allumer un cigare, de déboucher une bouteille de vin rouge et de mettre de la musique classique. Avec ma femme, nous nous installons sur le canapé et regardons ces tableaux sur la télévision. Nous pouvons y passer deux ou trois heures. Dans quel autre endroit trouverez-vous 65 toiles de Renoir réunies ? Ou 42 tableaux de Van Gogh ?

Quels opéras aimez-vous le plus ?

L’opéra, comme la nourriture, dépend du moment, de l’humeur. Je suis Italien. Si je pouvais partir sur une île déserte et n’apporter avec moi qu’un seul opéra, lequel prendrais-je ? Bien sûr, un opéra italien, probablement Nabucco avant tout. La musique est sublime et elle me rappellerait l’Italie. Si je pouvais en apporter plus d’un, je prendrais un Mozart. Puis Tchaïkovski. C’est un choix difficile !

Vidéo publiée par Bolshoi Theatre

Combien cela coûte-t-il de numériser un théâtre ?

Malheureusement, je n’ai pas le droit de vous donner des chiffres. Mais la numérisation des tableaux en très haute définition peut coûter entre 10 et 50 000 euros, en fonction du tableau et des équipements utilisés.

Parlez-nous de ceux qui font ce travail.

Nous avons un centre à Paris qui emploie 20 développeurs spécialisés dans la numérisation 3D. C’est leur travail principal et, soit dit en passant, tous sont fous d’art.

Pour la numérisation des sites et des locaux, nous utilisons d’autres collaborateurs de Google sur place. Ils apprennent à manier les caméras 3D et réalisent toutes les prises de vue. Sans leur aide, nous n’y parviendrions pas.

Quels sont les prochains sites que vous allez numériser ?

Nous avons beaucoup de projets. Le Kremlin, par exemple…

Le bureau de Poutine ?

Non, nous n’avons pas l’intention d’espionner. Nous voulons montrer des choses qui aideront les étrangers à comprendre la Russie. Les églises, les musées, l’art contemporain, le street art. Il n’y a pas de limites. Donnez-nous une idée et nous la réaliserons. Nous essayons de faire tout notre possible pour que les cultures nationales soient mieux comprises. Nous promouvons l’art de différents pays. 

 

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