Les étoiles du MiG

Le groupe MiG, fondé par les illustres ingénieurs soviétiques Artem Mikoyan et Mikhaïl Gourevitch, reste l’un des leaders de la construction aéronautique russe. Découvrez les modèles emblématiques du constructeur.

MiG-15 : l’avion qui a conquis le monde

MiG-9 Crédit : RIA Novosti

Le MiG-9, conçu et construit juste après la Seconde Guerre mondiale, fut le premier avion à réaction soviétique. Malgré certains problèmes – les pilotes hésitaient à prendre les commandes d’un avion sans hélices et les mécaniciens d’aéronefs éprouvaient des difficultés avec l’entretien de nouveaux moteurs à réaction – l’expérience acquise au cours de la conception de ce modèle a permis au groupe de créer le MiG-15, l’un des meilleurs avions de chasse de son époque.

La Guerre de Corée fut pour le MiG-15 l’heure de gloire. L’apparition de chasseurs soviétiques dernier-cri était une véritable surprise pour les États-Unis. Largement supérieurs aux F-80 américains, les MiG-15 menaçaient les raids des bombardiers. Washington a donc été obligé de déployer d’urgence ses F-88 Sabre, mis en service depuis peu. 

« Très souvent, c’était la première attaque qui décidait du sort de la bataille. Après avoir frappé, les MiG prenaient rapidement de l’altitude, tandis que les Sabres, au contraire, descendaient, en essayant de rester le plus bas possible. Le combat ne représentait parfois qu’une frappe après laquelle nous nous trouvions en haut et les américains en bas », raconte Sergueï Kramarenko, pilote soviétique et participant de la Guerre de Corée, comptant à son actif 13 victoires. 

MiG-15. Crédit : RIA Novosti

Avec plus de 15 000 exemplaires construits, le MiG-15 était l’avion de combat à réaction le plus répandu dans le monde. Outre l’URSS, le chasseur était produit sous licence en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Chine. Le MiG-15 fut employé par les armés de 40 pays pendant plus de 50 ans.

MiG-19 : le tueur de Phantoms 

MiG-19. Crédit : RIA Novosti

Le MiG-19 est crédité de la plupart des victoires en combat aérien de la Guerre du Vietnam et de la Deuxième guerre indo-pakistanaise. Les J-6, clones chinois de ce chasseur soviétique, détruisaient les F-4 Phantom des forces aériennes américaines au Vietnam et éliminaient les Su-7 indiens dans le ciel du Cachemire.

Équipé de trois puissants canons de 30 mm, l’avion se distinguait par une excellente maniabilité et une bonne vitesse ascensionnelle. Les pilotes appréciaient également la haute fiabilité du chasseur.

Chargé de défendre l’espace aérien de l’URSS, le MiG-19 a effectué plusieurs interceptions, ayant notamment détruit un bombardier américain Boeing RB-47H en 1960 au nord du pays, quelques avions US au-dessus de l’Allemagne de l’Est et de nombreux aérostats de reconnaissance.

MiG-21 : la « balalaïka » homicide

MiG-21. Sources libres

S’ensuit un autre modèle à succès du constructeur : le MiG-21, l’avion supersonique les plus utilisé dans le monde. Produit en série depuis plus de cinquante ans, ce chasseur est toujours construit en Chine. L’un des atouts du MiG-21 est son bas coût : en effet, une version d’exportation de cet avion coûtait moins à produire qu’un véhicule blindé BMP-1. 

Connu en Occident sous un code OTAN plutôt bizarre de Fishbed (qui signifie en anglais une strate riche en fossiles de poissons), le MiG-21 a été surnommé par les pilotes soviétiques « la balalaïka » en raison de sa forme triangulaire, ressemblant à celle de cet instrument russe.

Comme le modèle précédent, le MiG-21 a connu un succès au Vietnam. Petit et maniable, ce chasseur représentait un adversaire formidable pour les Phantoms américains de deuxième génération. Les gros bonnets de l’armée de l’air US ont même développé une stratégie spéciale de combat aérien pour lutter contre ce modèle. Quant aux pilotes vietnamiens, ils utilisaient principalement les manœuvres soviétiques : prenant l’air, les chasseurs atteignaient une position derrière et dessous les avions américains, lançaient des missiles guidés et retournaient vers la base.

MiG-31 : l’œil vigilant

MiG-27. Crédit : RIA Novosti

Doté d’un cockpit offrant une excellente vision de la situation au sol, l’avion d’assaut MiG-27 a même reçu le surnom « le balcon sur le champ de bataille ». Mais c’est l’autre modèle qui est le plus vigilant : le MiG-31. Cet intercepteur était le premier avion de combat au monde à être équipé d’un radar de balayage électronique, permettant de détecter des cibles aériennes, y compris des aéronefs furtifs, à une distance de 320 km.

Capable de détecter 24 cibles, l’avion peut en suivre 10 et en engager 4, les attaquant avec des missiles sol-sol à longue portée. Une patrouille de quatre MiG-31 peut surveiller l’espace aérien d’un front de 800 à 900 km.

MiG-29 : agile et endurant

MiG-29. Crédit : AFP / East News

La version modernisée du MiG-29 est le principal chasseur de l’armée de l’air russe et, en même temps, un avion laboratoire servant à tester de nouvelles technologies. Grâce à ses moteurs à poussée vectorielle, l’avion est doté d’une manœuvrabilité vraiment exceptionnelle.

Les pilotes russes critiquaient les premiers MiG-29 pour un rayon d’action très courte. La dernière version du chasseur, MiG-29SMT, a été dotée d’une nouvelle avionique, de réservoirs du carburant supplémentaires et d’équipements de ravitaillement en vol.

Projet 1.44 : le chasseur de l’avenir

MiG-35. Crédit : Sergueï Mikheev

À la fin des années 1980, le constructeur lance le « Projet 1.44 », développement d’un avion de chasse de 5e génération qui devait recevoir la désignation MiG-35 MFI. Le chasseur devait être équipé de moteurs à poussée vectorielle et bénéficier de dernières avancées en technologies furtives.

Toutefois, en 2002, le gouvernement russe lance le PAK FA, projet du chasseur de cinquième génération qui est finalement devenu le Soukhoï T-50, et le Projet 1.44 fut abandonné. Le seul prototype du nouveau MiG qui a effectué son premier vol le 29 février 2000, se trouve actuellement dans le Centre Gromov de recherche d’aéronefs à la ville de Joukovski.

Article publié sur le site de Rossiyskaya Gazeta

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