OMI-Plowv, un robot chasse-neige d’un pays froid

Source : Service de presse

Source : Service de presse

Une équipe d'ingénieurs de la ville russe de Perm a conçu un robot chasse-neige qui pourrait dans l'avenir remplacer les techniciens de surface pour les propriétaires de maisons de campagne. Les inventeurs, qui ont déjà fondé un startup, envisagent de produire la première série de 75 robots cet hiver. Cependant, les experts doutent que la compagnie puisse concevoir pour leur dispositif un système de navigation autonome.

C'est Oleg Krivokourtsev, étudiant diplômé de l'Université polytechnique de Perm qui a eu l'idée d'un robot chasse-neige.

« D'après les statistiques officielles que nous avons étudiées, 838 personnes sont accueillies en moyenne dans les hôpitaux moscovites durant le premier jour des intempéries hivernales », raconte-t-il. « Dans la plupart des cas, la neige n'est déblayée que deux fois par jour, ce qui n'est pas suffisant durant de fortes chutes de neige ».

Inspiré, Oleg fonde la compagnie OMI-Robotics et conçoit le robot, baptisé OMI-Plowv.

En mars 2013, le jeune inventeur construit avec ses amis ingénieurs, Igor Eremeev et Maksim Outeev, un prototype du robot. « C'était vraiment de la production artisanale », dit Igor Eremeev.

« Nous avons assemblé le robot, utilisant les fragments d'une garde-robe, à l'intérieur, il y avait des moteurs électriques de lève-vitres, et nous avons peint la coque à l'aide d'une simple bombe de peinture noire ».

Ayant besoin d'un exemplaire plus avancé, les créateurs ont contacté un atelier de réparation italo-russe, situé dans la ville voisine de Krasnokamsk, qui l'a assemblé gratuitement.

Le « vrai » prototype d'OMI-Plowv, qui a vu le jour en mai, a été doté d'un moteur plus puissant, de chenilles et de nouvelles batteries avec une autonomie de 8 heures et un temps de charge 0 à 100% en 5 heures.

Équipé d'un rabot déneigeur, le robot de 60 cm de hauteur peut déblayer une surface de quelques 30 m2 en cinq minutes, l'épaisseur maximale du manteau neigeux étant de dix centimètres. L'OMI-Plowv est en outre capable d'envoyer à son propriétaire des SMS, indiquant qu'il est nécessaire de recharger sa batterie ou qu'il a terminé le déneigement.

Le dispositif a deux modes de fonctionnement : l'on peut soit contrôler le robot manuellement à l'aide du joystick ou du clavier via une connection Wi-Fi, soit guider le robot une fois sur une route qu'il mémorise ensuite.

Le logiciel du l'OMI-Plowv lit les images entregistrées par la caméra intégrée, et contrôle son rabot et ses chenilles. Un programme spécial compte le nombre de rotations de roues des chenilles, ce qui permet au robot de retenir la route.

Les inventeurs promettent également de développer pour le robot un système de contrôle intelligent et d'apprendre au dispositif à décider indépendamment s'il est nécessaire d'initier le déneigement de son terrain.

Le chasse-neige sera en outre doté de capteurs météorologiques pour mesurer la température, l'épaisseur de la neige et sa densité.

Le coût du robot s'élèvera à 1 600-2 000 euros. Il est à noter que son concurrent américain RoboPlow, un mini-bulldozer robot à roues, est vendu en Russie à un prix assez fort de 7 115 euros hors livraison.

OMI-Robotics vendra ses robots via un réseau qui réunifiera des compagnies déjà présentes sur le marché de la robotique. Cependant, le premier vendeur du dispositif est un citoyen de la République tchèque qui a contacté les entrepreneurs de Perm après avoir vu une vidéo sur le robot sur YouTube.

Après avoir obtenu un OMI-Plowv, le client a de nouveau contacté Oleg Kivokourtsev et lui a demandé d'installer sur le robot un bras robotisé afin d'enlever des débris. Les entrepreneurs ont alors décidé de transformer l'OMI-Plowv en une plate-forme polyvalente avec plusieurs accessoires disponibles. L'installation de chaque nouvelle option coûte entre 660 et 1 110 euros.

OMI-Robotics a déjà signé des accords provisoires avec 30 distributeurs. L'entreprise a en outre son propre magasin en ligne et a déjà commencé à recevoir des précommandes.

Les inventeurs espèrent vendre la première série de 75 robots avant la fin du décembre prochain. En 2014, ils envisagent d'attirer de nouveaux clients en proposant l'OMI-Plowv à des services publics et des propriétaires de locaux commerciaux.

Les fondateurs d'OMI-Robotics ont dépensé pour la conception de leur premier modèle près de 11 000 euros, obtenus principalement grâce à leurs victoires dans diverses compétitions régionales.

Cependant, la compagnie a besoin d'encore quelques 33 000 euros pour lancer la production en série et promouvoir son invention sur Internet. En septembre dernier, le start-up a reçu la meilleure cote d'attractivité (AAA) selon Russian Startup Rating.

« Pour l'instant, l'équipe n'a démontré qu'un gros jouet télécommandé », estime Oleg Baskov, directeur du Centre du transfert de technologies de Zélénograd.

« Mais pour une autonomie réelle, il est nécessaire de doter le dispositif d'un système de contrôle intelligent avec la navigation et la vision par ordinateur, et c'est un problème beaucoup plus difficile. Des dizaines d'années et des centaines de millions de dollars ont été consacrés au développement de ces technologies, et le startup devra donc franchir un long chemin pour comprendre le problème et le résoudre ».

 

Article original publié sur le site de RBC Daily

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.

Plus d'histoires et de vidéos passionnantes sur la page Facebook de Russia Beyond.

Ce site utilise des cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter les cookies