Le premier Mistral russe mis à flot en France

Crédit photo : AFP / EastNews

Crédit photo : AFP / EastNews

Mardi 15 octobre, le Vladivostok, premier porte-hélicoptères russe de classe Mistral, actuellement en construction en France, a été pour la première fois mis à l’eau à Saint-Nazaire.

Le commandant en chef de la Marine russe, l’amiral Viktor Tchirkov, qui a assisté à la cérémonie de mise à l’eau, a qualifié l’événement d’« unique » et d’« historique ». Il a en outre remercié le commandement de la Marine française de l’aide à la formation de l’équipage du Vladivostok.

D’après M.Tchirkov, la construction du navire représente un exemple de la coopération très fructueuse entre les experts russes et français.

L’assemblage du Vladivostok, dont les éléments ont été à 20% produits par les chantiers du holding public russe OSK à Saint-Pétersbourg, a démarré en février dernier. Le navire sera maintenant finalisé par les spécialistes russes conformément aux exigences de la Marine russe.

Selon une source au sein du commandement de la Marine russe, la construction du Vladivostok se poursuivra en France jusqu'à l'automne 2014. Ensuite, le navire se déplacera vers le chantier « Severnaïa Verf » de Saint-Pétersbourg et sera équipé d'armes russes.

Le premier bâtiment de classe Mistral a été construit en France en 2003.Au total, trois navires ont été mis au service de la Marine française : le Mistral, le Tonnerre et le Dixmude. Ces porte-hélicoptères amphibies peuvent servir de centres de commandement ainsi que d’hôpitaux.

Après l'achèvement de tous les essais, le Vladivostok fera partie de la Flotte russe du Pacifique, toutcomme le deuxième Mistral russe, le Sébastopol, actuellement en cours de construction, qui sera transmis à la Russie en 2015.

Le contrat de 1,2 milliard d'euros, prévoyant la construction de deux porte-hélicoptères de classe Mistral pour la Russie, a été conclu en juin 2011. D'après le porte-parole de l'industriel français DCNS, maître d’œuvre du projet, la partie française a fait conformément à l'accord quelques modifications à la conception originale du navire.

La Russie a notamment demandé d'adapter le design aux conditions sévères des mers du nord. À ces fins, la coque du navire a été renforcée et son pont d'envol a été muni de chauffage.

En outre, la hauteur de l'ouverture du hangar hélicoptères a été augmentée pour pouvoir embarquer les hélicoptères russes Ka-29. L'unité d'alimentation a été modifié pour se conformer aux normes russes.

Moscou envisageait auparavant de construire encore deux navires de classe Mistral sous licence en Russie, mais cette question est actuellement suspendue.

Une source au sein de l'industrie militaire russe a dévoilé que les deux navires seraient munis de lanceurs de missiles de croisière supersoniques P-800 Oniks (code OTAN : SS-N-26) et de systèmes de missiles Kalibr (SS-N-27).

En outre, les nouveaux bâtiments accueilleront à bord des hélicoptères, des engins d'embarquements d'infanterie et de chars, des bateaux, des véhicules blindés et d'autres matériels et armements.

Selon Sergueï Mikheev, principal constructeur de la société russe Kamov, les navires russes de classe Mistral embarqueront 8 hélicoptères de combat Ka-52K et encore 8 Ka-29 (transport). Cependant, cette configuration peut être modifiée selon les missions.

D'après les données de DCNS, les Mistrals russes seront munis de canons automatiques AK-630 et de systèmes de missiles antiaériens Guibka.

La France assure la formation du personnel pour les navires et envisage de transférer à la Russie les technologies de construction modulaire de navires de surface ainsi que le système de gestion de combat SENIT 9, employé dans les bâtiments.

« DCNS, enfin, avec le contrat des BPC Mistral, a véritablement brisé le tabou en matière de coopération militaro-industrielle franco-russe », estime Philippe Migault, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). « Emblématiques, ces réussites peuvent et doivent à présent en appeler d’autres ».

Lisez plus sur les navires russes

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.

Plus d'histoires et de vidéos passionnantes sur la page Facebook de Russia Beyond.

Ce site utilise des cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter les cookies