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Illustration : Anton Panin

Illustration : Anton Panin

Cette semaine : comment lutter contre l’addition à Facebook, les jeux de hasard et le plan de « Facebookisation » de la Russsie.

« Le chien de Pavlov » contre Facebook

Des étudiants américains du Massachussetts Institute of Technology ont mis au point une technique efficace pour lutter contre l’addition à Facebook basée sur la méthode du scientifique russe Pavlov.

Robert R. Morris et Dan Macduff ont conçu le shocker, qui administre une décharge électrique en cas de connexion sur un réseau social. L’appareil a été baptisé « Pavlov Poke » (Poke de Pavlov) en hommage au célèbre scientifique russe, connu pour être parvenu à développer un réflexe conditionné chez les chiens.  

Le shocker est fixé au poignet, puis se connecte sur un port USB de votre ordinateur et se synchronise avec les navigateurs internet afin de pouvoir surveiller quels sites sont visités par l’utilisateur. Si une connexion sur l’un des sites répertorié sur la « liste noire » virtuelle est détectée, le schocker envoie alors une décharge électrique sensible mais inoffensive.

L’appareil n’en est pour l’instant qu’au stade du prototype. Ses inventeurs n’ont pas l’intention de tirer profit de ce projet, mais le succès éventuel du gadget pourrait bientôt changer la donne : selon l’Université de Chicago, Facebook entraîne davantage d’addictions que l’alcool et les cigarettes.

En Russie, tout au moins parmi les enfants dépendants des réseaux sociaux (le plus populaire étant Vkontakte), la lutte s’avère moins douloureuse mais plus efficace, basée sur la méthode traditionnelle connue sous le nom « d’École ».

Lundi, une nouvelle année académique a débuté dans les écoles russes. Deux jours plus tard, une baisse du nombre de pages consultées sur les réseaux sociaux d’approximativement 5 millions a été enregistrée.

D’une manière générale, les analystes de VK s’attendent à une baisse du trafic de 10% durant l’année scolaire.

La société russe Mail.ru Group propose une offre mondiale de jeux de hasard

La société russe Mail.ru Group, l’un des principaux portails présent sur l’internet russe propose au monde entier de jouer au poker contre de l’argent.

Sur Google Play et dans l’Apple store, les premières créations de la société Mail.ru Group destinées au marché international ont fait leur apparition. Il s’agit des jeux Jungle Heat et Poker Arena, ce dernier étant un jeu de poker dans lequel les jetons sont achetés contre paiement en argent bien réel.

La présentation du jeu a donné lieu à des réactions mitigées. L’opération inverse consistant à convertir les jetons achetés en argent véritable, n’est pas proposée. Si une telle fonctionnalité devait être ajoutée, la société violerait alors la législation sur la régulation par l’État de l’organisation et le fonctionnement des jeux de hasard, d’après le directeur du département juridique du Centre de coordination du domaine national des sites internet, Sergueï Kopilov.

La société n’a pas indiqué pour quelle raison Mail.ru Group a pris la décision de courir un tel risque. Rappelons qu’à l’heure actuelle, les jeux de hasard sont officiellement interdits en Russie. Seul 4 territoires soumis à un statut particulier sont en mesure d’accueillir ce genre d’activités. Ils se trouvent en Extrême-Orient, où la construction de plusieurs casinos est prévue en collaboration avec des investisseurs de Macao (Chine).

D’après Léonid Délitsine, analyste chez Finam, l’une des sociétés d’investissements les plus importantes de Russie, le développement de jeux et d’applications pour les téléphones mobiles pourrait devenir une orientation prometteuse pour l’expansion internationale de Mail.ru Group.

« Le temps des Smartphones est venu, ils commencent à être utilisés par un nouveau public sans véritable attachement envers les services les plus à la mode », explique-t-il. Devenir un leader mondial dans le domaine des services sociaux et de messagerie s’avère désormais difficile.

Mail.ru Group a fait part de son intention d’entrer sur le marché international à l’automne 2012. Dans cette optique, la société a créée la marque My.com. L’été dernier, l’on a appris que les produits phares développés par la holding seront la messagerie électronique, les services de cloud computing à propos desquels la Russie d'Aujourd'hui a déjà écrit, ainsi que les jeux.

Apportons Internet dans le village russe !

Selon les statistiques de TNS Russia, 40% des utilisateurs russes de l’internet vivent dans les villes et villages de moins de 100 000 habitants. L’usage de l’internet se développe rapidement au sein de la population des petites villes et des villages : ces derniers représentent plus de 40% des internautes russes, soit environ 27.5 millions de personnes, indique TNS Russia.

Les résidents des agglomérations peu étendues (moins de 100 000 habitants) constituent le segment sur lequel on observe la croissance la plus rapide parmi les internautes russes. Leur nombre a bondi de 12% cette année. Zuckerberg fait fausse route en se concentrant exclusivement sur le développement de son plan de « Facebookisation » du tiers monde. Le taux de pénétration de l’internet dans les petites villes et les villages est encore assez éloigné des chiffres enregistrés dans la capitale et les villes de plus d’un million d’habitants. Il s’élève à environ 48% (à titre de comparaison, ce chiffre est de 74% pour Moscou).  

Les centres d’intérêts des internautes des petites villes et des villages diffèrent également significativement de ceux des habitants des principales métropoles.

Alors que les résidents des grandes villes sont davantage enclins à visiter les sites d’information, les magasins en ligne et les services de cartographie, les utilisateurs vivant dans les petites agglomérations fréquentent assidument les réseaux sociaux (mais pas Facebook).

De manière générale, le raccordement à internet de la Russie profonde est en bonne voie. Mais il faut bien comprendre que ces chiffres ne sont qu’une moyenne et signifient qu’à l’échelle de l’immense Russie, des millions de personnes résidant dans les petites villes et les villages sont déjà connectés à internet.

Toutefois, selon des statistiques publiées début 2013, le taux de pénétration de l’internet ne dépasse pas les 30% dans 11 régions de la Fédération de Russie, ce qui signifie que le processus de raccordement à internet de la province russe ne fait que commencer. Et cela, en retour, soutient les perspectives de croissance de ce nouveau marché nécessitant ses propres produits et services. 

 

 

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