Le « tueur de porte-avions » russe fait un canton à Istanbul

Durant l’époque soviétique, la Marine de l’URSS envisageait de créer des flotilles de lanceurs de missiles de classe Bora dans chaque flotte, mais seulement deux navires ont été construits jusqu’à maintenant. Crédit : RIA Novosti

Durant l’époque soviétique, la Marine de l’URSS envisageait de créer des flotilles de lanceurs de missiles de classe Bora dans chaque flotte, mais seulement deux navires ont été construits jusqu’à maintenant. Crédit : RIA Novosti

Les lanceurs de missiles sur coussin d’air de classe Bora (« Projet 1239 ») de la Flotte russe de la mer Noire ont suscité beaucoup d’intérêt parmi les spécialistes durant le Salon international de la défense IDEF 2013 à Istanbul.

Conçus pour lutter contre des porte-avions, les navires russes de classe Bora représentent une percée majeure dans la construction navale. Pour la première fois dans l’histoire, les ingénieurs soviétiques ont créé un navire sur coussin d’air capable de porter 8 missiles lourds, réalisant ainsi une réussite longtemps qualifiée d’impossible. Les aéroglisseurs sont habituellement assez petits et pas vraiment stables, et ne sont donc pas capables de porter des engins - un tir pourrait les renverser facilement.

Mais les navires de classe Bora ne sont pas du tout habituels. Les créateurs des « tueurs de porte-avions », équipe du bureau d’études soviétique Almaz de Léningrad (ancien nom de Saint-Pétersbourg), ont conçu un navire à effet surface – un hybride d’un catamaran et d’un aéroglisseur.

Un navire de classe Bora représente alors un catamaran typique – deux coques reliées par une plateforme de 64 mètres de longuer et de 17,2 mètres de largeur. Le navire est réalisé en un alliage d’aluminium spécial, très léger et extrêmement durable. Le coussin d’air est créé par des compresseurs qui forment une couche d’air confinée entre les deux coques du bateau et une jupe souple abaissée en avant.

Le navire de classe Bora possède des caractéristiques uniques. Il s’agit effectivement d’un catamaran d’une forte stabilité à une vitesse maximale d’environ 37 km/h, qui peut se transformer en un aéroglisseur, capable à atteindre une vitesse dépassant 92,5 km/h. Le déplacement d’un navire est de 1.050, la puissance totale de tous ses réacteurs se chiffrant à 56.000 ch : deux moteurs Diesel à 10.000 ch chacun et deux turbines à gaz pour le coussin d’air à 36.000 ch.

Étant un hybride, le navire est capable à se déplacer en trois régimes principaux (comme un catamaran ou comme un aéroglisseur, deux modes séparés étant prévus pour ce dernier), ce qui assure qu’il pourra aller dans n’importe quelle situation. En plus, le mouvement est possible même si tous les éléments de propulsion sont handicapés : avec des compresseurs fonctionnants, le navire est capable à se déplacer à une vitesse de 5,5 km/h grâce au flux quittant son coussin d’air.

L’arme principale du bateau sont les missiles antinavires Moskit (code OTAN : SS-N-22 « Sunburn »), placés dans deux dispositifs de lancement, chacun à quatre missiles. Le navire est en outre doté d’un système anti-aérien Osa-MA (code OTAN : SA-8 Gecko), de deux canon rotatifs à six tubes AK-630M de 30 mm et d’un canon automatique AK-176 de 76,2 mm.

Une salve de tous les huit missiles Moskit peut détruire tout navire moderne, y compris des porte-avions à propulsion nucléaire. En même temps, il est presque impossible de frapper un navire de classe Bora qui se déplace sur coussin d’air : les missiles autoguidés utilisés par l’OTAN ne peuvent pas capturer une cible allant à une vitesse de près de 90 km/h.

Durant l’époque soviétique, la Marine de l’URSS envisageait de créer des flotilles de lanceurs de missiles de classe Bora dans chaque flotte, mais seulement deux navires ont été construits jusqu’à maintenant : il s’agit de Bora et Sammoum, actuellement en service de la flotte russe de la mer Noire. Cependant, même deux navires de classe ont pû changer l’équilibre des forces dans la mer Noire : si au début des années 1990, après la chute de l’URSS et l’affaiblissement de la Marine russe, c’était la Turquie qui y possèdait la flotte la plus puissante, après l’apparition de Sammoum en 2002, la situation n’est plus si simple.

Ce n’est alors pas du tout surprenant que la classe Bora ait attiré beaucoup d’attention des spécialistes au Salon IDEF d’Istanbul. 

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