Défense : l’armée russe se dote de nouveaux avions de génération 4 ++

Su-35. Source : mil.ru

Su-35. Source : mil.ru

Le nouveau chasseur russe de 5ème génération T-50, destiné à devenir la force principale de l’Armée de l’air du pays, subit actuellement des tests intensifs. En attendant, les forces aériennes russes achètent activement des chasseurs lourds Sukhoi Su-35, classés avions de génération 4++.

Le ministère russe de la Défense a récemment déclaré dans un communiqué que l’Armée de l’air recevrait en 2013, en vertu d’un contrat administratif, 12 chasseurs polyvalents dernier cri Su-35S. Le groupe Sukhoi, qui construit ces avions, a déjà vendu aux forces aériennes deux chasseurs de ce type en 2011 et en encore six en 2012. Or, la production de ces avions sera redoublée en 2013.

Selon le porte-parole officiel de l’Armée de l’air russe, le colonel Vladimir Drik, les forces aériennes envisagent d’acheter près de 90 Su-35S. La Défense russe a acquis au total, depuis 2008, 244 chasseurs et bombardiers de Sukhoi.

Le Su-35 (ou Flanker E+, selon la classification de l’Otan) est un chasseur polyvalent de haute manoeuvrabilité de génération 4++. Cette génération est un concept relatif qui sert à préciser que la plupart des caractéristiques techniques de l’avion, sauf la furtivité, sont proches de celles des avions dernier cri de cinquième génération.

La construction de la première série de Su-35S a été lancée en 2006. En été 2007, Sukhoi a mis au point le premier prototype de l’avion, qui a été présenté au sol dans le cadre du Salon international aérospatial de Moscou MAKS. Les tests du nouveau modèle ont commencé début 2008, et déjà, en 2009, Sukhoi a conclu un contrat avec la Défense sur la livraison de Su-35S, prévoyant la fourniture de 48 chasseurs de ce type entre 2012 et 2015. Les parties envisagent de signer une autre accord pour la période de 2015 à 2020.

En juin 2010, Sukhoi a déclaré que les tests préliminaires de l’avion avaient été achevés avec succès, confirmant les performances établies des équipements de bord et la haute manœuvrabilité du chasseur, qui était désormais prêt à subir des tests opérationnels officiels impliquant des pilotes des forces aériennes.

Les caractéristiques du Su-35S sont vraiment impressionnantes. La durée de service calculée du fuselage du chasseur se chiffre à 6 000 heures de vol (par rapport à 2 500-4 000 heures pour les modèles plus anciens). L’avion est doté d’une avionique dernier cri, notamment d’un radar utilisant antenne à réseau à commande de phase, capable de détecter des grandes cibles aériennes, comme les avions AWACS ou les bombardiers B-52, à une distance de 400 km, ainsi que d’une station infrarouge à une distance de détection de 80 km. Le radar est également capable de surveiller des  cibles terrestres et de diriger des bombes guidées.

« Le Su-35S, c’est la version encore plus modernisée de l’avion Su-17SM3. Il remplacera le célèbre Su-27 », a déclaré le colonel Drik.

Muni d’équipements et d’armements modernes, le chasseur est en même temps très simple à piloter. « En termes de pilotage, les pilotes des forces aériennes ne rencontreront pas de graves difficultés durant le réapprentissage pour le Su-35S, mais son système informatique moderne les obligera à acquérir des connaissances et des compétences supplémentaires », rapporte le pilote d’essai, Sergueï Bogdan.

Quant aux perspectives commerciales du nouveau chasseur, il devra faire face à une forte concurrence de la part des avions populaires, comme les F-15 et F-16 américains, ainsi que les chasseurs européens Rafale, Eurofighter et Gripen. Il est à noter que le nouveau chasseur US de cinquème génération F-35 sera également exporté par Washington. En outre, le Su-35S aura des concurrents en Russie : il s’agit bien sûr du chasseur russe de cinquième génération T-50, homologue russe du célèbre F-22 américain.

Toutefois, M. Bogdan, qui avait pris part aux tests du T-50 en tant que pilote, considère le Su-35S comme une avancée majeure dans le domaine de l’aéronautique militaire. Le pilote décrit le chasseur comme « très délicat et, en même temps, très obéissant, doté d’une excellente réponse transitoire, et très puissant au cours des manoeuvres. » M. Bogdan a noté, en outre, la sécurité accrue de l’avion assurée grâce à la commande du vecteur poussée, ce qui pourrait également être un des arguments importants en faveur de l’achat du Su-35S.

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